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Zone Franche à Nouadhibou : Nécessité ou opérationd de charme

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Nouadhibou, capitale économique de la Mauritanie qui abrite le port minéralier par lequel est convoyé vers l’extérieur le minerai de fer mais aussi les plus importantes installations de pêche est en passe de gagner son pari : celui de devenir la première zone franche en Mauritanie.
L’idée n’est pas nouvelle puisqu’elle avait déjà été évoquée en 2007 du temps de l’ancien président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi. Elle fut reprise, il y a quelques mois par un comité interministériel chargé de ce projet.
Approuvée par le Conseil des ministres du 14 juin  dernier, par un projet de loi d’habilitation autorisant le gouvernement à ratifier par ordonnance la loi sur la zone franche dans la capitale économique du pays située à 450 km au nord de Nouakchott, la baie de Nouadhibou jouit d’énormes potentialités naturelles et stratégiques et possède des atouts importants qui peuvent booster ses activités libre échange et en faire un pole de développement privilégié… « C’est une ville proche des continents européen et africain, situées sur les voies de navigation internationale» avait précisé devant la presse le ministre mauritanien de l’Economie Sidi Ould Tah, à la sortie d’une réunion du Conseil des ministres au cours duquel la question a été longuement débattue.
Mais du projet à la réalité, il y a tout un gouffre qui rappelle que la volonté de redorer le blason de Nouadhibou ne date pas d’aujourd’hui. Tout le monde se rappelle encore du Conseil des ministres délocalisé sous la présidence de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, en 2007, et des promesses faites après aux habitants de cette ville portière par le président Aziz, quand il était venu défendre la « Rectification ». Dans un cas comme dans l’autre, la zone franche n’était pas vraiment l’axe principal de ce programme de développement pour lequel le gouvernement dit avoir mobilisé des milliards d’ouguiyas.
Il s’agissait, plutôt, de penser le développement de la ville en fonction de ses potentialités économiques (pêche et port minéralier par lequel transite la production de la SNIM) mais aussi de point de contact avec le Maroc et d’ouverture sur l’Europe.
Pour certains experts, cette orientation est plus viable que celle de faire de Nouadhibou une zone franche, sans que l’on sache d’abord vraiment de quoi il s’agit. Dans l’esprit de ceux qui entendent ce mot pour la première fois la confusion est totale. Pas plus que les ministres non initiés aux questions économiques qui ont participé à la prise de décision pour ce projet, il va falloir qu’on leur dise, clairement, de quel type de zone franche il s’agit, le terme de « zone franche » pouvant prêter à confusion car il recouvre trois grandes familles de zones franches, chacune ayant ses particularités propres.

Types de zone franche

Une zone franche est une zone géographique d’un pays bénéficiant d’avantages tels que l’exonération de charges fiscales. Les règlementations sociales, environnementales et de l’emploi y sont favorables à certains types de projets économiques. Les entreprises qui s’y installent bénéficient d’un régime de faveur par rapport à celles qui travaillent dans l’environnement fiscal et règlementaire normal.
Les « ports francs » et les « zones commerciales franches », constituent le groupe le plus ancien. Ce sont généralement de vastes zones exonérées de droits de douane où sont implantées de véritables usines et dont les marchandises fabriquées sont toutes exportées.
Les « magasins et entrepôts francs » sont généralement implantés à proximité des grands ports et aéroports internationaux. Dans ces périmètres plus modestes en superficie, les marchandises importées, hors droits de douane, peuvent être entreposées et faire l’objet de manipulations simples (triage, regroupage, emballage), avant de repartir pour leur destination finale. Les droits de douane s’appliquent alors dès leur entrée sur un territoire national. Parmi les zones d’entrepôts francs d’Europe, on peut citer Anvers, Rotterdam, Gênes et Le Havre.
Les « commerces hors douane », plus connues sous le terme de « duty free shops » sont des enclaves douanières spécialisées dans la vente de détail hors taxes douanières. Il s’agit dans ces mini-zones de proposer aux voyageurs un certain nombre d’articles généralement frappés de lourdes taxes comme le tabac, les parfums, les petits appareils électroniques et les accessoires de luxe. Ces boutiques font partie du décor des aéroports et des ports internationaux. On les trouve aussi dans les Caraïbes, dans les îles de Saint-Barthélemy, Saint-Martin et sur des enclaves extraterritoriales (Ceuta, Gibraltar) qui reçoivent beaucoup de touristes. Dans les avions et les bateaux faisant des parcours internationaux on trouve aussi des mini-comptoirs en duty-free.
Il est clair, au vu de ces différentes « spécifications » de zones franches, que le gouvernement  Mauritanien pense plutôt pour l’un des deux premiers cas, ou à un mélange des deux, destiné à faire jouer à Nouadhibou son rôle de port de pêche plus que de point de transit pour le minerai de fer de la SNIM ou pour l’importation de marchandise venant d’Europe ou d’Amérique.
L’objectif sera alors de permettre à la ville de Nouadhibou de renouer, lentement mais sûrement, avec son statut de « capitale économique «  de la Mauritanie. Les chiffres  d’affaires réalisés en 2011 par la Société nationale industrielle et minière (SNIM) et par la Société mauritanienne de commercialisation du poisson (SMCP) plaident pour une telle orientation. Ils sont surtout le prélude d’une reprise économique des plus belles durant les dix dernières années. Certes, ce n’est pas encore « l’âge d’or » de Nouadhibou, qui faisait d’elle, dans les années 70-90, « la Mecque » des chercheurs d’emplois, mais c’est tout de même le retour de la croissance – et de l’espérance – pour une ville en pleine mutation.

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