Urgent:Plage de Nouakchott : Quatre jeunes victimes des flots et de l’indifférence…

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noyadeVendredi 12 Septembre, l’océan Atlantique du coté de Nouakchott a encore une fois eu son lot de noyés. Ce jour, ils sont quatre jeunes hommes victimes des flots en furie, de leur imprudence mais surtout de l’indifférence et de l’incurie des autorités concernées.

Quatre jeune hommes enterrés à la va vite, et qui ne provoque l’émoi que de leur propres parents ou connaissances qui mettent cette tragédie au compte du « Destin inéluctable ». Il y a deux ans, une véritable hécatombe a fait 22 morts par noyade en seul jour. Il n’ya pas de statistiques officielles, mais on peut estimer le nombre de morts par noyade à plusieurs dizaines par ans. Pendant que des jeunes dans la fleur de l’âge sont tués, que font les autorités. Absolument rien ! Même le personnel du service des Urgences de L’hôpital National n’a subi aucune formation appropriée pour prendre en charge les victimes qui arrivent en vie. Il semble que l’une des victimes d’hier n’est décédée qu’à l’hôpital.

Pourtant la Mauritanie a crée depuis presque une dizaine d’années, un Centre de coordination et de Sauvetage en Mer (CCSM) qui a pour missions entre autres, la coordination des opérations de recherche et de sauvetage des personnes en détresse en mer ainsi que des opérations d’assistance médicales et d’évacuation sanitaire et   la sensibilisation, la formation des gens de mer à la sécurité et au sauvetage maritime. Mais à part quelques séminaires ou ateliers pour dépenser de l’argent, aucune action sérieuse n’a été entreprise. Les efforts du pays ont plus été focalisés sur la répression de l’immigration clandestine que vers le sauvetage des vies humaines.

 En 2004 deux sous-officiers des Sapeurs-Pompiers de Monaco, sont venus en Mauritanie pour former une vingtaine de leurs homologues, dont 4 femmes, aux techniques de sauvetage en mer. Cette formation qui s’inscrivait dans le cadre du partenariat initié   entre la Principauté de Monaco et la Mauritanie dans le domaine de la Protection Civile n’a pas été convenablement mise à profit dans ce domaine. En effet personne n’a vu ces pompiers formés faire des rondes à la plage, au moins les jours de forte chaleur. Quand à la Commune et au croissant Rouge mauritanien, c’est comme s’ils n’étaient concernés. Pourtant des mesures simples pourraient contribuer grandement à faire baisser les chiffres en perte de vies humaines.

 Tout d’abord dans le domaine de la prévention, il faudrait instituer comme dans tous les pays du monde l’utilisation des drapeaux de couleurs et vulgariser leur signification. Drapeau vert: baignade autorisée, orange: autorisée avec précaution, rouge: baignade interdite. Ensuite création par le CCSM d’unités littorales de sauvetage maritime et l’acquisition de moyens d’intervention : Zodiaque, bouées, tours d’observation, kits de réanimation etc, amélioration de la réception des alertes provenant aussi bien de la pêche artisanale et côtière que autres des usagers de la mer que sont les baigneurs. S’il le faut recruter pendant l’été des maitres nageurs.

Enfin et surtout sensibiliser les usagers sur les dangers de la mer. En effet la plupart des morts par noyades sont d’excellents nageurs mais qui sont souvent pris dans un phénomène maritime qu’ils n’ont jamais appris à reconnaitre ni à combattre.

Ce phénomène qu’on appelle en France le courant de baïnes et que les anglo-saxons appellent le Rip Currents est un véritable tueur qui sévit dans l’Atlantique.

« Ces cuvettes d’eau, séparées de l’océan par un banc de sable provoquent de forts courants à marée descendante, qui attirent les nageurs vers le large. Les courants de baïnes sont de véritables pièges mortels des bords de mer qui peuvent emporter des baigneurs en une poignée de secondes. »

C’est le moment de rappeler les conseils pour éviter de se faire prendre dans une baïne, et pour en sortir si on est pris dans l’un de ces courants puissants.

 « Contrairement   à ce qu’on croit généralement, les courants de baïnes n’ont jamais entraîné un nageur à des kilomètres au large, ni “aspiré” quelqu’un au fond de l’eau. Ces courants s’épuisent rapidement une fois en mer, et l’effet de “houle rentrante” a au contraire tendance à ramener les nageurs sur la plage, même si cela peut être à quelques centaines de mètres de leur “point de départ”.

Le conseil classique est de ne pas paniquer ni essayer de revenir à la nage, les nageurs professionnels n’y parviendraient pas et s’épuiseraient rapidement. Il faut se laisser emporter et   s’échapper du courant une fois que celui-ci s’atténue. Encore faut-il être un suffisamment bon nageur et surtout ne pas paniquer quand on se retrouve emporté loin de la côte.

 D’autres conseillent de nager parallèlement à la côte pour sortir aussi vite que possible du courant et rejoindre une zone de déferlement des vagues. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, c’est là où cassent les vagues que l’on est le plus en sécurité (les vagues ne cassent pas dans la baïne).

C’est dire que la vulgarisation d’informations pourrait à elle seule sauver des vies humaines. Il est donc nécessaire de la rendre systématique en commençants par les jeunes enfants à l’école auxquels il faut aussi apprendre les premiers gestes de secourisme.

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