Syrie : quelles sont les forces militaires de la Russie ?

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russie-tanks 123Jusqu’où la Russie est-elle prête à aller pour soutenir militairement son allié syrien en cas d’intervention occidentale ? Metronews fait l’inventaire des forces et de la stratégie militaire du pays au Proche-Orient.

La Russie prend acte des mouvements de troupes occidentales autour de la Syrie : elle va envoyer “dans les prochains jours” un bateau de lutte anti-sous-marine et un un bateau lance-missiles en Méditerranée, a-t-elle annoncé jeudi. “La situation qui se complique dans l’est de la Méditerranée exige de notre part une certaine adaptation des forces navales”, en conséquence de quoi les deux navires militaires “vont s’ajouter dans les prochains jours à la flotte” russe, déjà présente dans le port syrien de Tartous (où la Russie dispose depuis 1970 d’une base navale dans laquelle stationnent 150 soldats), a précisé le porte-parole de l’état-major des forces armées.

Une information confirmée par le chef d’état-major interarmées russe sur le site Iran-French info : “Le navire de guerre Chabanenko figure au nombre des bâtiments partis pour Tartous.” Le site israélien Debkafile a lui aussi annoncé samedi la mise en état d’alerte de la flotte Méditerranée/Mer noire de la marine russe, en prévision à une action étrangère contre son allié syrien.

“Une puissance légendaire”

Autrefois qualifiée de “puissance légendaire” par l’ayatollah Khomeiny, l’armée russe constitue la deuxième du monde en terme d’effectifs, plus d’un million de militaires de métier et 2 millions de réservistes, pour un budget de 59 milliards d’euros en 2012. La Russie dispose encore de 3500 têtes nucléaires, le plus gros stock du monde, hérité de son passé soviétique.

Bonne nouvelle pour les Occidentaux dans l’affaire syrienne : ce mastodonte n’est pas voué à être une armée de projection à l’étranger. Comme expliqué sur le site La voix de la Russie , l’armée russe est surtout destinée à protéger l’immense territoire national des agressions extérieures, ou des réseaux islamistes caucasiens. De plus, le pays reste traumatisé par sa dernière intervention à l’étranger, en Afghanistan entre 1979 et 1989. Cependant, cette doctrine isolationniste est en cours de révision. Vladimir Poutine a annoncé un plan de plus de 500 milliards d’euros de modernisation de son armée, afin d’en faire une force de projection plus optimale qu’actuellement : plus de 500 milliards d’euros lors de la décennie à venir. Le budget militaire de 2013 a connu une hausse de 25,8 % par rapport à 2012.

Puissance agressive ou une puissance agressée ?

Interrogé sur la réaction russe en cas d’intervention unilatérale des Occidentaux, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a démenti toute volonté russe de mener une guerre frontale. La Russie est en revanche déterminée à soutenir la Syrie contre l’Occident par tout les moyens autres qu’une confrontation militaire franche. Depuis le début du conflit, Moscou a intensifié ses livraisons d’armes à Damas, et entraine l’armée syrienne. Bachar Al-Assad lui-même s’en est félicité il y a quelques jours. Grâce à la Russie, son armée de manque de rien : avions de chasse, lanceurs de missiles, blindés… On soupçonne même la Russie d’avoir équipé la Syrie en armes chimiques.

Dans un entretien sur la chaîne arabe Al-Alam, Viatcheslav Matozov, expert stratégique russe, a indiqué qu’il est impossible que Moscou accepte le départ de Bachar al-Assad. “Les Etats-Unis poussent de l’avant. Au cas où ils voient des signes de faiblesse chez le front qui leur fait face, ils feront pression. Mais lorsqu’ils voient que la position russe est ferme, ils seront obligés de modifier leur position actuelle. La Russie est prête à réajuster ses relations avec la Syrie et à lui fournir les moyens nécessaires pour se défendre si elle perçoit que Washington va poursuivre ses méthodes militaires”, ajoute Matozov.

 

 

 

metronews

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