Syrie : l’opposition demande à Hollande de préciser ses intentions

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Hollade 23Jean-Marc Ayrault reçoit ce lundi les principaux responsables parlementaires. Le gouvernement va produire des documents secret-défense tendant à prouver l’implication du régime syrien dans l’attaque chimique du 21 août.

L’opposition a martelé ce lundi son exigence d’un vote formel au Parlement sur une éventuelle intervention française en Syrie et a demandé à François Hollande de préciser ses intentions pour sanctionner l’attaque chimique qualifiée de « réalité » par Paris.

Mais les ténors de la majorité ont estimé que la question d’un vote ne se posait pas pour le moment, tout en semblant ouvrir une porte pour y procéder le cas échéant. « C’est possible, mais ce n’est pas une obligation », a dit Claude Bartolone sur RTL, en soulignant que la réforme de la Constitution votée en 2008 ne prévoyait rien de tel. Pour le président de l’Assemblée nationale, il reviendra à François Hollande « de voir le moment venu (…) si la situation exige un vote ou s’il n’y en a pas besoin ». « Mais je ne crois pas que l’on ait à se poser la question aujourd’hui de savoir à chaud, alors que (le président) Bachar al Assad nous regarde et nous écoute, de savoir s’il faut réformer la constitution ou pas. »

L’opposition a réitéré lundi sa demande de vote sur une intervention qui sanctionnerait l’attaque chimique attribuée au régime qui a fait des centaines de morts, notamment après que Barack Obama a décidé de consulter le Congrès américain. Le Premier ministre britannique David Cameron a été mis en minorité aux Communes jeudi, alors qu’il demandait le feu vert pour une action « ciblée » contre le régime de Damas.

Pour l’ancien ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, l’organisation d’un vote est nécessaire, même si rien n’y oblige le gouvernement. «  Ce serait la première fois, par rapport à ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire, en Libye ou au Mali, que la France interviendrait sans un feu vert des Nations unies. C’est donc une sorte de rupture avec la ligne diplomatique qui est la nôtre traditionnellement et je pense que ceci justifierait un vote au Parlement », a-t-il indiqué à Arcachon.

Pour l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing, qui s’exprimait sur Europe 1, «  nous ne pouvons pas être parmi les trois grandes démocraties qui se sont préoccupées de ce problème de la Syrie le seul pays à ne pas voter ».

Le président du groupe Europe Ecologie-Les Verts au Sénat, Jean-Vincent Placé, réclame lui aussi un vote dans les colonnes du « Parisien-Aujourd’hui en France ». «  L’opinion des Français paraît très contrastée. Il est donc urgent de solidifier la position du président et du gouvernement par un vote au Parlement », déclare-t-il.

« Ne pas être à la remorque du président américain »

Les députés de la Droite populaire, l’aile droite de l’UMP, ont annoncé dans un communiqué qu’ils refuseraient de participer au débat de mercredi sur la Syrie s’il n’était pas suivi d’un vote pour ne pas cautionner une « mascarade ». « Les seuls qui n’auront pas à se prononcer sur l’engagement des forces armées en Syrie seront donc les parlementaires français », déclarent-ils. « Ainsi, François Hollande fait le choix de s’en remettre uniquement à l’avis du Congrès américain qui se prononcera le 9 septembre prochain. Il s’agit là d’un nouveau coup porté à notre souveraineté. »

L’opposition demande aussi à François Hollande de parler aux Français pour dire quelles sont ses intentions. «  Il n’est pas normal que l’opinion publique soit aussi mal informée des intentions du président de la République alors que cette crise est dans tous les esprits et qu’elle pourrait avoir des conséquences majeures sur l’équilibre géopolitique de cette région », a ainsi déclaré Jean-François Copé, président de l’UMP. Dans une interview publiée par « Le Monde », il estime d’autre part qu’il revient au chef de l’Etat et non à son Premier ministre de recevoir les responsables des partis pour discuter de la situation en Syrie, lui reprochant de ne pas se conduire « convenablement » avec l’opposition républicaine. Plus généralement, il reproche à François Hollande de n’avoir «  pas montré un plus grand esprit d’initiative vis-à-vis des autres partenaires européens ». « On aurait pu imaginer que la France porte un certain leadership durant les quinze derniers mois », a-t-il indiqué. « Je l’incite à la prudence et lui demande de ne pas être à la remorque du président américain. »

Juppé pour une intervention

« Il faut qu’il parle aux Français, qu’il leur explique la situation, qu’il leur donne les informations, qu’il précise sa stratégie et ses objectifs », a aussi indiqué Alain Juppé. L’ancien chef de la diplomatie a plaidé pour une intervention contre la Syrie, estimant que la culpabilité du régime de Bachar al Assad dans l’attaque aux armes chimiques qui a fait des centaine de morts le mois dernier ne faisait aucun doute.

Mais il a posé plusieurs conditions à une telle action. « D’abord, la France naturellement ne peut pas y aller seule, il faut une coalition internationale », a-t-il souligné. « Il faut ensuite bien définir l’objectif de l’intervention, qu’est qu’on cherche ? Est-ce que c’est un avertissement ? Est-ce que c’est une sanction ? Et finalement reprendre l’initiative sur le plan politique parce qu’on voit bien que de toutes manières, la solution ne pourra passer que par un accord d’union nationale et le départ de Bachar al Assad ».

 

 

Les Echos

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