Sénégal : la CREI refuse de laisser partir Bibo Bourgi

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sénégalLa Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI) a refusé à l’homme d’affaires Bibo Bourgi, considéré comme le principal complice de Karim Wade, d’aller se faire soigner en France malgré un état de santé jugé préoccupant.

Une nouvelle fois, la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI) est passée outre les recommandations médicales des experts qu’elle avait elle-même nommés. Vendredi, les magistrats ont en effet rejeté la requête déposée par les avocats d’Ibrahim Aboukhalil (surnommé Bibo Bourgi) visant à autoriser l’évacuation de leur client vers la France pour raisons médicales. Souffrant d’une lourde pathologie cardiaque, récemment aggravée par des complications rénales et par une maladie nosocomiale contractée fin juin dans un hôpital dakarois, Bibo Bourgi ne pourra donc quitter le Sénégal, où il fait l’objet d’une interdiction de sortie du territoire. Malgré les réserves exprimées par les médecins qui l’ont examiné, c’est à Dakar qu’il devra subir prochainement une nouvelle opération.

Début août, un cardiologue et un urologue mandatés par la CREI avaient pourtant conclu, dans deux expertises distinctes, que l’état de santé du principal complice présumé de Karim Wade ne lui permettait pas de comparaître au procès et que son pronostic vital risquerait d’être engagé faute d’une “évacuation sanitaire urgente en France” pour y être opéré dans des conditions satisfaisantes. En 2013 déjà, après son incarcération à la prison de Rebeuss, d’où il avait été aussitôt transféré vers le pavillon spécial de l’hôpital Le Dantec, une expertise puis une contre-expertise médicales avaient établi la gravité de l’état de santé de ce protagoniste important de l’affaire Karim Wade. Déjà à l’époque, son évacuation sanitaire vers la France était préconisée..

“Infographies – Tout comprendre sur la composition supposée du patrimoine de Karim Wade”

Si la Commission d’instruction de la CREI avait fini par placer l’intéressé en liberté sous contrôle judiciaire, elle s’était en revanche refusée à le laisser quitter le Sénégal. Manifestement, la crainte des magistrats sénégalais est de voir cet homme d’affaires sénégalo-libanais, qui possède aussi la nationalité française, se soustraire à la justice. Son frère Karim, lui aussi inculpé de complicité d’enrichissement illicite, s’était en effet volatilisé dans la nature au moment de l’enquête préliminaire.

Prenant totalement à revers les expertises médicales produites récemment par deux experts agréés, les juges de la CREI ont par ailleurs ordonné la comparution de Bibo Bopurgi à l’audience au terme du débat procédural sur les exceptions de nullité, en cours depuis le 31 juillet.

Mehdi Ba, à Dakar

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