Sénégal Airlines carbure à bord de Mauritania Airlines

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SénégalAirlineLa jeune compagnie aérienne sénégalaise, qui peine toujours à sortir de sa zone de turbulences, joue décidément les prolongations et rechigne à déposer le bilan. Selon un document estampillé «Confidentiel», dont Les Afriques a eu écho, la compagnie croule sous le poids de plus d’une quinzaine de milliards f CFA de dettes et cumule des pertes sèches à hauteur de 19 milliards. Mauritania Airlines a été appelée à sa rescousse sous la forme d’un contrat-leasing à titre provisoire pour la desserte des vols réguliers sur l’axe Dakar-Bamako-Ouagadougou, Niamey, Lomé, Libreville. Pour l’instant, les accords n’ont pas fait l’objet de publication. Mystère ?

La jeune compagnie aérienne sénégalaise, née des cendres d’Air Sénégal International (ASI), au lendemain du divorce à l’amiable en 2009 avec son ex-partenaire de référence, Royal Air Maroc, qui a décidé de céder ses 51% des parts au franc symbolique, à des privés sénégalais, serait- elle un monstre à plusieurs têtes ? Aujourd’hui, en contrat-leasing avec Mauritania Airlines pour assurer certaines dessertes, on se demande quels sont les détails du deal? Dans tous les cas, pour la petite histoire, on se rappelle que d’après la partie marocaine, «les autorités sénégalaises voulaient la contraindre à subventionner, à fonds perdus et à hauteur d’au moins 300 millions de dirhams (1 euro= 10, dirhams) le redémarrage des activités d’ASI», ce qui avait été à l’origine du brouillard sur l’axe Dakar-Rabat, précipitant brutalement la rupture. En dépit de la reprise en main en force par l’Etat du Sénégal de son pavillon national aérien, avec l’apport du secteur privé, les signaux sont au rouge. Pour défaut de rentabilité et de ressources financières longues, devant supporter les lourdes charges de l’exploitation, liée à l’activité logistique aérienne, Senegal Airlines est dans les limites de déposer son bilan. Même si on essaye, urbi et orbi de sauver la face, l’état financier de la compagnie aérienne, perçue comme un fleuron national, est désastreux, nous a révélé une source autorisée.

Coûts de maintenance et leasing

La goutte, qui risque de faire déborder le vase, et à l’évidence peut précipiter le dépôt -bilan, a trait à ce que la compagnie Sénégal Airlines, consacre un budget colossal pour la réparation d’un de ses appareils Airbus, en maintenance, et fait du contrat -leasing «provisoirement», depuis plusieurs mois avec la compagnie Mauritania Airlines. Cette dernière lui assure la desserte à bord de ses Boeing 737-500 de ses passagers sur l’axe Dakar-Bamako-Ouagadougou-Niamey-Lomé-Cotonou- Libreville. Sur quelle base les accords du contrat -leasing ont été ficelés entre Dakar et Nouakchott ? Combien facture Mauritania Airlines à Sénégal Airlines qui carbure 5/7 jours à bord de ses appareils ? Sur quelle période devra s’étendre ce contrat leasing ? Pour l’instant, aucun document n’a été fourni par les autorités de la compagnie aérienne sénégalaise. A cette presque déconfiture financière, s’ajoutent les récurrents désagréments subis par les passagers de Sénégal Airlines dans les aéroports de Bamako, Ouagadougou et Niamey, contraints de prendre leur mal en patience, pour des retards sur les plannings de vols. Dans une édition de Les Afriques, il a été fait état lors d’une réunion du Conseil d’administration du groupe, d’une option de crédits consortiaux d’un pool bancaire, devant renflouer les caisses de la compagnie aérienne. Des sources, bien informées, révèlent que cette option n’enchante point les banques locales, lesquelles rechignent jusque-là à mettre la main dans la poche.

«Nous voulons éviter les désagréments subis dans le passé lorsque la RAM était aux commandes. Ça n’a pas été pour nous une bonne expérience pour recouvrer nos encours de prêts», commente notre source.

Pour mémoire, Mauritania Airlines International, créée depuis 2010, suite à la liquidation de Mauritania Airways, un gouffre à milliards, possède une flotte constituée de trois Boeing 737 et dessert actuellement des destinations régionales, notamment Cotonou (Bénin), Brazzaville (Congo), Abidjan (Côte-d’Ivoire), Conakry (Guinée), Bamako (Mali), Casablanca (Maroc) et Dakar (Sénégal). Le contrat leasing «provisoire » que vient de lui octroyer Sénégal Airlines est un juteux marché pour cette jeune compagnie mauritanienne, qui ambitionne de compter sur l’espace ouest-africain

Par Ismael Aidara

 

lesAfriques

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