Sarkozy : le livre caché ; qui fait trembler Hollande

Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin
Share on whatsapp
Share on print

SarkoMais aussi pourquoi le match Sarkozy-Juppé va être très, très serré, la menace Patrick Buisson et, et, et… les petites combines du Sénat. Y’a de la bombe, dans la revue de presse des hebdos !

Alors, quelles réactions à la prestation “retour” de Nicolas Sarkozy ? Plutôt sceptiques, pour ne pas dire critiques, en vérité. Ah oui ?

Sarkozy “de plus en plus Berlusconi”

Pour Frédéric Bonnaud, des “Inrocks”, “C’est triste à dire — et ça fera de la peine à Carla Bruni, qui n’a jamais supporté le Cavaliere, che vergogna ! —, mais en vieillissant, Sarkozy ressemble de plus en plus à Berlusconi. Cette façon d’en rajouter, d’en faire des tonnes en proférant des énormités. Et puis le coup si usé du retour forcé, du devoir patriotique accompli sans joie pour sauver le pays : “J’y peux rien. Non seulement j’ai envie mais j’ai pas le choix, je dois rendre à mon pays une partie de tout ce qu’il m’a donné”. Mais non, Nicolas, tu ne dois plus rien à ton pays, tu as réglé ta dette, n’en parlons plus, allons… Ce serait presque drôle si ce n’était pas parti pour durer si longtemps. Et l’admirable — à propos de la refondation de l’UMP : “Si moi je ne fais pas l’travail, qui le fera ?” Arrête, on te dit.

Toute cette comédie pour en arriver à l’essentiel, le syllogisme qui tue, censé scotcher le contradicteur : “Si j’avais quelque chose à me reprocher, est-ce que je reviendrais ?” Ben oui, pour sûr que tu reviendrais ! Et ma préférée — histoire de souligner qu’Alain Juppé est quand même tout vieux et tout gâteux : “Alain Juppé, je l’ai connu quand j’avais vingt ans !” Dix ans les séparent, dix ans seulement, mais dix ans dont le malheureux Juppé n’a pas fini d’entendre parler. Il n’a donc pas changé, pas pris la moindre hauteur, toujours le même bateleur, vieux même numéro du vieux même histrion, et pour l’autocritique, on repassera”.

“Le principal défi de Nicolas Sarkozy, c’est lui”

Que pense Matthieu Croissandeau ? “En quarante minutes d’émission, écrit le directeur de la rédaction du “Nouvel Observateur”, l’ancien chef de l’Etat s’est borné à proposer un recours au référendum qu’il n’a jamais exercé en son temps et une révision des accords de Schengen qui ne dépend pas — Europe oblige — de la seule volonté de la France. Au-delà de quelques autres généralités sur ses concitoyens qui souffrent et qui décrochent, il a surtout parlé de lui, sans que l’on parvienne à savoir s’il manquait d’idées pour redresser le pays ou s’il gardait des munitions dans sa manche. (…) Le principal défi de Nicolas Sarkozy, c’est lui. Champion toutes catégories de la droite revancharde dans les sondages, il n’est jamais parvenu depuis son échec à remonter sa cote dans l’opinion. A ses inconditionnels qui adorent jusqu’à ses excès, il doit montrer qu’il est resté le même. Aux autres, il doit prouver qu’il a changé, mûri, réfléchi. “Pas facile” comme dirait François Hollande… Dimanche dernier, sur le plateau du 20-heures, le grand écart s’est achevé sur un claquage. La voix veloutée a rapidement retrouvé ses accents agressifs. L’oeil s’est noirci. le puncheur a vite percé sous le vieux sage. Quelques minutes auront suffi aux Français pour comprendre que Nicolas Sarkozy restait l’homme qu’ils ont toujours connu. Avec deux ans de plus”.

Quand Sarkozy “sert la soupe”

Bon, zallez dire, “Les Inrocks”, “L’Obs”, c’est un peu la même famille de pensée — “de gauche”. Et si on allait voir du côté du “Point”, hein ? D’habitude si disert, Franz-Olivier Giesbert, étrangement, évoque à peine dans son édito la prestation télévisuelle de l’ancien président. Etienne Gernelle, lui, ne biaise pas : “Le revenant numéro un était connu pour être parfois changeant, mais toujours tranchant, au moins dans le verbe, écrit-il. Cette fois-ci, il s’essaie à l’art de la soupe. Selon lui, il faut surpasser les clivages “élimés”. s’agissant de la fracture droite-gauche, il est difficile de lui donner tort. De Valls à Fillon en passant par Bayrou et Juppé, les diagnostics économiques sont comparables. Avec des nuances, mais beaucoup de points communs. (…) Exit, donc, la frontière droite-gauche. Le problème, c’est que Sarkozy entend nier aussi l’existence des oppositions entre libéraux et étatistes, entre européens et souverainistes, les deux plus pertinentes aujourd’hui. On a bien compris son désir de ne plus heurter. Et il a assez de “neurones”, comme il le dit, pour jouer avec les réalités, à la manière de Pierre Dac, pour qui “le carré est un triangle qui a réussi ou une circonférence qui a mal tourné”. Mais l’ancien président rendrait service à son camp en laissant se dérouler la bataille des idées plutôt qu’en mélangeant tout dans une soupe, fût-ce la sienne”. Pas trop, trop emballé non plus, “Le Point”, on dirait…

Petite raillerie facile ? “Le Nouvel Obs” s’interroge sur la capacité de Nicolas Sarkozy à mener une “campagne low-cost” comme il s’y est engagé. “Deux ans après que Nicolas et Carla ont quitté les ors de la République, (…) les revenus du couple ont explosé. Elle d’abord : l’auteur-compositeur-interprète aurait négocié une avance de 1 milion d’euros auprès de sa nouvelle maison de disques, Barclay, pour publier son quatrième album, “Little French Songs”, au succès pour l’heure modeste. L’ex-top model a aussi signé un contrat estimé à plus de 2 millions d’euros pour la nouvelle campagne de publicité du joaillier Bulgari (voir la RP du 18 septembre). Mais lui aussi : depuis octobre 2012, l’ancien président a effectué plus d’une vingtaine de conférences à l’étranger, aussi prestigieuses que grassement payées. (…) Selon nos estimations, Nicolas Sarkozy aurait ainsi gagné plus de 3 millions d’euros en deux ans. Il a pris soin de compléter ses fins de mois avec les dividendes versés par son cabinet d’avocats, dont il a fait exploser le chiffre d’affaires (+ 23 % en 2013) en reprenant du service auprès de son associé Arnaud Claude, et avec les émoluments versés aux anciens chefs d’Etat (72 000 euros brut par an)”. Sûr que ça fait des sous, tout ça… mais bon, dès 2008, il avait prévenu, en même temps : “Pour l’instant, je fais président, mais un jour, j’irai faire du fric”.

atlantico.fr

Actualités connexes