Réaction du Docteur Mohamed Mahmoud Ould Mah à la mort de M. Mandela, ancien président de l’Afrique du Sud

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madibaLa mort de Nelson Mandela me donne l’occasion d’évoquer deux questions liées d’ailleurs entre elles : la contribution de notre pays à la lutte de libération de l’Afrique du Sud, notamment par la fourniture de passeports de voyage pour les militants de l’ANC et une lettre de M. Ibrahima Moctar Sarr à Nelson Mandela, dans laquelle il lui fait savoir, entre autres, que : «les racistes beidanes (blancs) de Mauritanie sont pires que «les racistes sud-africains».

La contribution de notre pays à la lutte de libération de l’Afrique du Sud En effet, la Mauritanie était l’un des rares pays à avoir fourni des passeports de voyage aux combattants sud-africains de l’ANC. La plus célèbre des bénéficiaires de ces passeports était Myriam Makeba.

Aux Jeux Olympiques de Sidney, en 2000, j’ai éprouvé une immense fierté quand le responsable de la délégation de l’Afrique du Sud ajoute, après les salutations d’usage : «nous, en Afrique du Sud, nous n’oublierons jamais l’aide précieuse de la Mauritanie à notre lutte par la fourniture de passeports de voyage».

Dans cet ordre d’idées, il est à noter que le régime progressiste de Mokhtar Ould Daddah s’était toujours situé du côté des pays qui luttent pour leur indépendance. Cette contribution a été étendue à d’autres mouvements de libération nationale d’Afrique. Quand le Président Mokhtar Ould Daddah a été élu président de l’OUA, il a accompagné lui-même les principaux mouvements de libération nationale d’Afrique dans leur lutte.

Notre pays n’est-il pas le 3ème Etat à avoir reconnu le Viêt-Nam et l’un des premiers pays à avoir reconnu la République Populaire de Chine. D’ailleurs cette dernière a toujours tenu à témoigner à notre pays sa reconnaissance : la Chine avait mis en place un protocole culinaire pour les chefs d’Etat en visite officielle en Chine.

L’estime dont bénéficie un chef d’Etat est évaluée en fonction du nombre des plats servis à l’occasion du diner officiel. Les dîners servis à l’occasion des visites du président Mokhtar Ould Daddah en Chine se caractérisaient par l’un des plus grands nombres des plats servis à un chef d’Etat.

Lettre d’Ibrahima Moctar Sarr à Mandela

En 1996, Ibrahima Moctar Sarr écrit une lettre à Nelson Mandela, dans laquelle il fait amende honorable aux racistes d’Afrique du Sud comparés à ce qu’il appelle ‘’les racistes beidanes (blancs) de Mauritanie’. Tout au long de sa lettre, Ibrahima Moctar Sarr, tout en cherchant à s’identifier à Mandela, ne s’en prend pas au régime de Mauritanie, mais à la composante arabe du peuple mauritanien qualifié tantôt de ‘’beidanes (blancs)’’ ou de ‘’maures (blancs)’’, mais jamais d’Arabes.

«nous avions été arrêtés par les beidanes, gardés par des beidanes, jugés par des beidanes et nous étions tous des négro-africains» comme si la police, la garde nationale, l’armée nationale ne comportent pas des négro-africains. – «… le mouroir de Oualata a vu périr 4 d’entre nous dont le célèbre écrivain poète Ten Youssouf Gueye qui était par ailleurs mon beau père et ami… J’ai connu un 2ème mariage avec la fille de Ten Youssouf Gueye, qui a dû supporter toute seule les années difficiles de mon incarcération comme le faisait en son temps Winny Mandela»

Encore une fois, Ibrahima Moctar Sarr cherche à s’identifier à Mandela, malheureusement mort sans apprendre que la fille de Ten Youssouf Gueye a été divorcée et Ibrahima Moctar Sarr a connu un 3ème mariage avec une fille qui appartient au fleuron de la noblesse pulaar. – «Madiba, moi aussi je suis né dans un petit village au bord du Fleuve. J’ai connu les mêmes joies d’une enfance sans soucis, une enfance de liberté malgré la rigueur d’un père très fier et autoritaire, un vieux rescapé de la première guerre mondiale»

Monsieur Ibrahima Sarr s’est bien gardé de dire à Madiba de quel côté du Fleuve se trouve son village! Il faut croire que le père, rescapé de la Première Guerre Mondiale, a été enrôlé dans un pays autre que la Mauritanie. – «J’ai également eu beaucoup d’amertume du fait de la politique raciale de mon pays qui m’empêchait de m’exprimer, comme je pouvais, et surtout, devais le faire».

Si Ibrahima Moctar Sarr n’a pas dit jusqu’ici ce qu’il a à dire, cela promet ; si ce n’est pas dans le futur parlement ce sera au moins à la fin de la ‘’politique raciale dans son pays’’. – «Je dois dire à la décharge des racistes sud-africains qu’eux au moins, étaient respectueux des lois qu’ils avaient adoptées : même si elles sont d’essence racistes. Ce n’est pas le cas en Mauritanie».

Cela se passe de tout commentaire. – «Madiba, aujourd’hui, je suis le Secrétaire Général (2ème personnalité) du parti Action pour le Changement (AC) qui regroupe toutes les communautés ethniques du pays. Le président du parti est un descendant d’anciens esclaves de beidanes (blancs), la communauté dont il est issu a été longtemps asservie par les beidanes (blancs)».

Les analyses d’Ibrahima Sarr ne comportent aucun aspect politique, il n’est guère question du gouvernement. Tout est une question de beidanes (blancs), d’esclaves anciens ou actuels. – «ce sont ces maîtres blancs qui représentent selon certaines statistiques non officielles moins de 30% de la population, qui utilisent les haratines pour s’attaquer aux autres noirs (les pulaar, wolof et soninké), ils l’avaient déjà fait en 1966 et l’ont réédité en 1989-1990».

Encore une fois Ibrahima Moctar Sarr ne parle que de ‘’maîtres blancs’’ ; haratines, noirs ; on se croirait, en Afrique du Sud du temps de l’Apartheid, ce à quoi, lui et ses acolytes comparent notre pays. Ibrahima Moctar Sarr a-t-il donc quitté AC pour ne plus se retrouver parmi ses anciens esclaves que leurs maîtres envoient contre lui chaque fois qu’il y a un incident inter-communautaire.

Pour ceux qui ne le savaient pas, Ibrahima Moctar Sarr est l’un des principaux animateurs des événements de 1966 quand il n’est pas le principal. Evénements de 1966, qu’il déballe d’ailleurs, souvent, à chaque occasion et mal à propos : en 2009, les partis qui ne sont pas représentés au parlement ont été convoqués pour être reçus par le président Ould Abdel Aziz, d’abord au Ministère de l’Intérieur et à la Présidence de la République ensuite.

A chaque fois (au Ministère de l’Intérieur et à la Présidence de la République), Ibrahima Moctar Sarr évoque, à la stupéfaction générale, les événements de 1966, en interpellant Salem Ould Memmou qui faisait partie de l’assistance : «en 1966, Salem Ould Memmou, Sidi Ould Keitkatt et moi-même, habitons la même chambre. Ils ont passé toute la journée à me chercher, me croyant mort». Chaque fois, ses propos ont été accueillis par un silence de mort.

A la fin de la cérémonie, Ibrahima Moctar Sarr s’est fait dire par un chef de parti : «Monsieur Ibrahima Moctar Sarr, les événements de 1966, même si on s’en souvient, on doit faire semblant de les avoir oubliés». – «Les beidanes (blancs) contrôlent toute l’économie du pays, toute l’administration, l’armée et les forces de sécurité, l’appareil judiciaire».

Rien de neuf à l’horizon ; ce sont les mêmes assertions qu’Ibrahima Moctar Sarr et ses amis ont colportées aux quatre coins du monde dans leur campagne de dénigrement de la Mauritanie. – «Nous avons dû, mes camarades et moi, faire preuve de beaucoup de patience et de tact politique, pour faire accepter les idées que nous avions toujours défendues par certains groupes politiques maures blancs.Ils ont accepté de signer avec nous la charte du Front des Partis de l’Opposition»
Cela se passe de tout commentaire. – «Je te demande d’être attentif à notre lutte ici en Mauritanie. pour que le racisme et l’esclavage disparaissent à jamais de mon pays». Ibrahima Moctar Sarr prend son désir pour des réalités en croyant mobiliser Nelson Mandela à ses idées racistes comme s’il s’agissait de l’un de nos compatriotes du Sud au coin d’une rue du département de Sebkha.

«Baba Maal, le musicien sénégalais que tu as reçu récemment est un vieil ami. Il a repris 10 de mes compositions poétiques, ses chansons avaient été interdites de diffusion, lui-même déclaré persona non grata en Mauritanie, à cause de notre amitié». Les propos concernant Baba Maal est un tissu de mensonges.

S’agissant de ses dix compositions poétiques, Ibrahima Moctar Sarr s’est bien gardé d’y inclure le poème concernant son village natal qu’il chantait dans les classes et la cour du lycée de Nouakchott où il a pu se faire inscrire. Assurément, Ibrahima Moctar Sarr a un problème avec son village natal, une ‘’arlésienne rouge, dont on entend parler mais qu’on ne voit pas.’’

 

Le Calame

 

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