Pouvoir / Islamiste : La rengaine…

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aziz_deddewL’ONG Al Moustaqbal, fondée par Cheikh Dedew, et œuvrant, comme elle se définit sur son site web, dans la prédication, la culture et l’enseignement, a été dissoute, jeudi dernier, par arrêté du ministère de l’intérieur.

La décision est tombée à quelques heures de la clôture des travaux du conseil hebdomadaire des ministres. Juste après le conseil des ministres, Sidi Mohamed Ould Maham, ministre de la communication, dans un point de presse, revenait sur les événements qui ont secoué le début de la semaine finissante.

L’affaire de la profanation du Coran et conséquences était au centre de l’intervention du communicateur de la République. La rengaine antique était au rendez-vous.

Par rapport à la profanation présumée du Coran, le ministre a précisé, rapporte l’AMI, que les autorités publiques ne disposent jusqu‘ici d‘aucune preuve affirmant l‘intention de commettre le crime de la profanation du livre Saint et que la version évoquant la présence des personnes à bord d‘un véhicule 4X4 est attribuée à un enfant dont l‘âge ne dépasse pas sept ans.

L’agence de presse gouvernementale a rapporté qu’Ould Maham, ‘’ a accusé certaines formations politiques nationales d‘utiliser les médias pour la propagation de certains comportements étranges à notre société.’’

“Ces mêmes formations avaient tenté vainement avec les appels répétés, le départ du président; tout comme elles avaient échoué au plan politique, elles échoueront cette fois-ci, car c‘est le président de la République qui avait inauguré, la veille, la chaîne Mahadra de la radio du Coran et tant d‘autres réalisations‘‘, a conclu Me. Sidi Mohamed Ould Maham.”

On se souvient que le parti Tawassoul, dopé par les airs du printemps arabe, avait adopté et parvenu à faire épouser toute la coordination de l’opposition démocratique le très à la mode leitmotiv “dégage” (Irhal), à l’adresse de Mohamed Ould Abdel Aziz. On comprend bien quelle formation politique que le ministre de la communication rendait responsable de la récupération politique d’un incident encore non élucidé.

L’arrêté du ministre de l’intérieur précise comme prétexte de dissolution “la provocation de manifestations qui menacent la stabilité ainsi que l’atteinte de la crédibilité de l’Etat et la pratique de l’influence terrifiante sur les esprits des citoyens.”

Choisir son camp…

On ne peut, toutefois, songer à un acte isolé des autorités mauritaniennes. Les pays du golfe connaissent depuis ces derniers jours une guéguerre, dont les chefs de file ne sont autres que l’Arabie Saoudite, d’une part, et le Qatar, d’autres parts.

La question de l’islamisme politique est au cœur des points de divergence entre les puissances pétrolières arabes. En Egypte, les saoudiens tiennent à maintenir leur soutien au régime militaire putschiste qui a renversé un régime, dit-on, démocratique, d’obédience islamiste et issu de la révolution égyptienne. Et adoptent une position plus atténuante vis-à-vis des islamistes révoltés en Syrie. Le Qatar, quant à lui, promeut le tout islamiste, partout et ailleurs.

Déjà, la Mauritanie a accueilli le mois dernier une forte délégation d’investisseurs saoudiens, avec à sa tête le ministre des finances du Royaume. Et le président de la BID était obligé de faire escale à Nouakchott, voir le président Aziz et démentir les informations relatives à une éventuelle suspension du financement de la centrale électrique en Mauritanie. Il y a de quoi choisir son camp.

En tout cas, les islamistes de Nouakchott observent encore la retenue. Le Cheikh Dedew aime bien privilégier ‘’ l’erreur d’appréciation qui aurait comme source une délation malintentionnée’’.

Le ministre de l’intérieur revient à la charge pour rappeler que le Cheikh Dedew et le présumé secrétaire général de l’ong Al Moustakbal, député de Tawassoul, ne sont même pas membres de l’organisation dissoute. Serait-ce une précision qui tenterait d’épargner le Cheikh Dedew ? Ou, au contraire, une volonté pernicieuse de mettre à nu quelque incohérence de la nébuleuse islamiste. Jusqu’ici on attend la suite. Une escalade ou une trêve ? Les jours à venir en diront, ou n’en diront pas.

AVT

 

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