Oud Abdel Aziz met-il en péril son mandat ?

Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin
Share on whatsapp
Share on print

Les perspectives de sortie de crise s’amenuisent de plus en plus depuis le vote négatif du sénat et la décision prise par Mohamed Ould Abdel Aziz d’organiser un référendum populaire.

Les acteurs de la scène politique tant de l’opposition radicale que ceux de la majorité en passant par l’opposition dialoguiste, semblent perdus dans un brouillard épais. Ce sont avant tout, les fondamentaux de la démocratie qui sont touchés par cette décision qui divise les mauritaniens.

L’opposition traditionnelle en Mauritanie a accusé le président Mohamed O. Abdel Aziz de préparer un nouveau coup d’état contre la constitution en faisant prévaloir l’article 38 pour organiser un referendum autour des amendements déjà rejetés par le sénat.

Lors d’une conférence de presse organisée vendredi dernier, le forum national pour la démocratie et l’unité est formel : le FNDU promet d’user de tous les moyens de lutte pour faire échec à ce projet scélérat. Le forum accuse Ould Abdel Aziz de « vouloir perpétuer sa mainmise sur le pays à travers des coups d’état sur la légalité et les institutions constitutionnelles. »
Le FNDU témoigne toute « sa considération et son respect à l’institution militaire mais ne saurait accepter dit-il qu’elle soit utilisée dans les luttes politiques et électorales, à protéger un coup d’état contre la constitution et ses contenus et à servir l’unilatéralisme et la tyrannie. »

Pour le FNDU la conférence de presse tenue mercredi soir par le président de la république est tout simplement l’annonce d’un nouveau coup d’état qui entrainera le pays dans un cycle infernal dont on ne peut prévoir ses conséquences.

« Article 38 : dis – moi ce que tu vaux » ?

Mohamed Ould Abdel Aziz lui, a sa lecture propre de cette disposition constitutionnelle qu’il manipule à sa faveur : « L’article 38 permet de faire toutes les révisions constitutionnelles sans passer par les deux chambres », a expliqué le chef d’Etat mauritanien lors d’une conférence de presse tenue suite au vote négatif du Sénat.

Le projet de révision constitutionnelle en Mauritanie sera soumis à referendum « le plus rapidement possible », dixit le président Mohamed Ould Abdel Aziz. Pour être validé, le projet de modification constitutionnelle devait être adopté par les deux chambres que compte le parlement mauritanien. Il devait ensuite être soumis à un congrès parlementaire. Mais le texte n’a pas suivi ce cheminement, puisqu’il a été invalidé la semaine passée par 33 sénateurs sur les 56 que compte la chambre haute du parlement.

Ce vote des sénateurs aurait été motivé principalement par le fait que ce texte prévoit la suppression pure et simple du Sénat. D’autres modifications d’importance portaient également sur le fonctionnement du système politique mauritanien. Il s’agit notamment de la suppression de la Haute Cour de Justice, du Médiateur de la République ainsi que du Haut Conseil Islamique.

L’initiative référendaire du président mauritanien pour valider ce projet pourrait toutefois se retourner contre lui. Les exemples ne manquent pas pour nourrir ses réflexions : du burkinabé Blaise Comparé en passant par l’ivoirien Laurent Gbagbo et tout près de nous du despote gambien Jameh tous tentés de rester contre la volonté du peuple ont payé le prix fort de leur entêtement. L’armée qui observe l’évolution de la situation a eu droit à tous les égards de la part du président durant sa conférence de presse. Une manière de lui faire confiance pour et renforcer la vigilance contre toute mauvaise éventualité ? Il faut se méfier de l’eau qui dort …

Le Rénovateur Quotidien

Actualités connexes