OSCAR PISTORIUS PLAIDE “NON COUPABLE” DE L’ASSASSINAT DE SA PETITE AMIE

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oscar-pistorius-photo-afp-alexander-joe(1)Le champion paralympique Oscar Pistorius, accusé du meurtre de sa petite amie en février 2013, est arrivé lundi matin au tribunal de Pretoria qui doit décider de son sort à l’issue d’un procès de trois semaines qui mobilise les médias du monde entier.

14 H 24 : Une voisine appelée à témoigner au procès d’Oscar Pistorius lundi a affirmé avoir entendu une femme hurler et appeler au secours à l’heure où le champion paralympique a abattu sa compagne dans la nuit du 14 février 2013. “Juste après trois heures (du matin), j’ai été réveillée par de terribles cris d’une femme. (…) Elle appelait au secours”, a témoigné Michelle Burger.

Mme Burger a affirmé que son mari avait alors appelé la compagnie de sécurité de sa propriété: “Il a expliqué que des gens dans la propriété à côté étaient attaqués et que quelqu’un devait aller vérifier.”

Puis, selon elle, il a raccroché le téléphone car la compagnie à laquelle il s’adressait n’était pas responsable de la sécurité dans le domaine des Pistorius.

“J’ai entendu de nouveau des cris. C’était pire qu’avant. Elle était très effrayée. (…) J’ai su que quelque chose de terrible allait arriver”, a-t-elle poursuivi, s’exprimant en afrikaans. Elle dit ensuite avoir entendu quatre coups de feu. Ce qui correspond au nombre de coups de feu tirés par Oscar Pistorius à travers la porte fermée de ses toilettes.

“Il y a eu une pause plus longue entre le premier coup de feu et le deuxième, qu’entre le deuxième et les troisième et quatrième”, a encore témoigné Mme Burger, avant d’être soumise à un contre-interrogatoire et rudoyée par l’avocat d’Oscar Pistorius.

Il a mis en doute son témoignage et insisté longuement pour savoir pourquoi elle était aussi certaine d’avoir entendu quatre coups de feu, contrairement à son mari qui doit témoigner ultérieurement et n’est pas sûr du nombre de tirs entendus.

Cherchant visiblement à déstabiliser le témoin, l’avocat l’a longuement questionnée pour savoir si les cris qu’elle avait entendus coïncidaient avec les coups de feu. Elle dit avoir entendu un dernier cri “faiblissant”, après le dernier coup.

“Vous n’êtes pas sûre et maintenant ce que vous êtes en train de faire, c’est que vous adaptez, vous spéculez, vous essayer de combler les vides (…) et je vais montrer que votre déposition contredit ce que vous dîtes à la cour”, a asséné l’avocat.

Mme Burger a expliqué que les événements de cette soirée avaient été “extrêmement traumatisants” pour elle. “La peur dans la voix de cette femme est difficile à décrire à la cour. (…) J’ai entendu la terreur dans la voix de cette femme”, a-t-elle insisté.

“J’étais persuadée qu’il y avait une attaque dans la maison par des cambrioleurs, il n’y avait pas de doute dans mon esprit à cause de la peur dans cette voix de femme (…) ces cris, ces hurlements, étaient pétrifiants”, a-t-elle dit.

“On ne crie comme ça que quand votre vie est menacée”, a ajouté le témoin. Oscar Pistorius soutient qu’il a tiré sur sa petite amie Reeva Steenkamp par méprise, entendant du bruit dans les toilettes et croyant qu’un cambrioleur s’y était introduit par la fenêtre.

10 H 41 : Oscar Pistorius plaide “non coupable” de l’assassinat de sa petite amie.Accusé de l’assassinat de sa petite amie Reeva Steenkamp en février 2013, le champion paralympique sud-africain Oscar Pistorius a plaidé «non coupable» lundi au début de son procès devant un tribunal de Pretoria. “Non coupable, Madame”, a-t-il répondu à la juge Thokozile Masipa, après avoir assuré qu’il avait bien compris les chefs d’accusation retenus contre lui. Il a aussi plaidé non coupable des autres charges retenues, notamment port d’armes et usage d’armes prohibés.

8 H 55 : Icône sportive mondiale, le héros des jeux Olympiques de Londres de 2012 comparaît pour le meurtre de Reeva Steenkamp, une top modèle abattue de quatre coups de fusil dans la nuit de la Saint-Valentin 2013.

Pistorius est arrivé au tribunal vers 9 heures 50. Vêtu d’un costume sombre, cravate noire sur chemise blanche, l’athlète de 27 ans semblait nerveux lorsqu’il est entré dans la salle d’audience, tête baissée.

Son frère Carl, sa sœur Aimée et quelques autres de ses proches avaient pris place dans la salle d’audience bondée. Aucun signe n’a été échangé avec la famille de Reeva Steenkamp.

Le procès, qui devait s’ouvrir à 10 heures, a pris du retard, dans l’attente d’un interprète. Il devait finalement débuter à 11 heures 30.

Lundi matin, la presse sud-africaine a publié des propos de la mère de Reeva, June Steenkamp: “Je veux regarder Oscar, le regarder vraiment dans les yeux, et juger moi-même la vérité sur ce qu’il a fait à Reeva”, a-t-elle déclaré au quotidien de Johannesburg The Star.

Des centaines de journalistes, sud-africains et internationaux, sont présents à Pretoria pour couvrir les audiences, qui seront en grande partie retransmises en direct à la télévision. Un bouquet satellitaire a crée une chaîne spéciale dédiée à l’événement.

Jusqu’au 20 mars, le tribunal devra chercher les éléments de réponse à une question somme toute assez simple: le Sud-Africain, premier athlète handicapé à avoir participé aux jeux Olympiques avec les valides, à Londres en 2012, a-t-il assassiné sa compagne de sang-froid, comme le croit l’accusation? Ou l’a-t-il abattue par méprise en la prenant pour un cambrioleur, thèse de la défense?

Si la préméditation est reconnue, Pistorius risque vingt-cinq ans de prison.

Un drame sans témoins

Le drame s’est joué sans témoins, en pleine nuit du 13 au 14 février 2013, dans la maison luxueuse où vivait Pistorius, au cœur d’un complexe hautement sécurisé de Pretoria, entouré de murs et gardé par des vigiles.

Seuls éléments connus avec certitude: il est environ trois heures du matin dans cette nuit de la Saint-Valentin. Reeva Steenkamp, une populaire top modèle de 29 ans, est enfermée dans les toilettes. Soudain, Oscar Pistorius saisit son arme, tire quatre balles à travers la porte. La jeune femme décède peu après.

Lui affirme qu’il était sorti sur le balcon lorsqu’il a entendu un bruit dans les toilettes. Qu’il a pensé qu’un cambrioleur s’était introduit par la fenêtre de la salle de bain. Et que, pris de panique, il a fait feu sans sommation. Sans vérifier si Reeva était encore au lit.

Le procureur Gerrie Nel tentera de démontrer que ce scénario n’est pas crédible. Et que le champion paralympique a bien assassiné sa compagne en toute connaissance de cause.

Aux enquêteurs, Pistorius a affirmé que sa relation avec Reeva Steenkamp était sans nuages. Ce soir-là, avait-il dit il y a un an lors d’une audience préliminaire, “elle faisait des exercices de yoga et je regardais la télévision au lit. Mes prothèses jambières étaient ôtées. Nous étions très amoureux et je ne pouvais pas être plus heureux. Je sais qu’elle ressentait la même chose. Elle m’avait donné un cadeau pour la Saint-Valentin mais demandé de ne l’ouvrir que le lendemain”.

Durant les presque trois semaines de procès, les experts, balistique, médicaux et scientifiques devraient avoir la part belle. À eux de dire si Reeva Steenkamp a été tuée par la première balle, de sorte qu’elle n’a pas pu signaler sa présence. À eux de tirer des conclusions de l’angle de tir, pour déterminer la position de Pistorius. À eux aussi de faire parler les téléphones portables des deux protagonistes, ou de dévoiler à quelle heure et sur quel site internet a surfé Pistorius la nuit du meurtre.

Une équipe d’enquêteurs sud-africains s’est rendue spécialement aux Etats-Unis pour demander l’aide d’Apple et du FBI pour décrypter les informations cachées dans l’iPhone de Pistorius. L’athlète, juste après le meurtre, avait affirmé avoir oublié le mot de passe permettant d’y accéder.

republicain.fr  avec AFP

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