Nos négresses Blanches, à quel prix !!?

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La dépigmentation est un phénomène que l’on ne présente plus en Afrique. Avoir le teint clair, souvent en payant le prix fort, est devenu une nécessité pour certaines femmes africaines. Ce phénomène n’a pas épargné la Mauritanie, pays présenté comme étant trait d’union entre le Maghreb et l’Afrique moire, malgré les mises en garde multiple des dermatologues. La dépigmentation qui se fait  aussi bien dans la communauté négro-mauritanienne que dans celle mauresque traduit un profond malaise et une crise d’identité certaine. De centaines de boutiques spécialisées dans la vente des produits de dépigmentation ont ouvert leurs portes dans les différents marchés du pays et offrent des prix accessibles à toutes les bourses. Ces produits promettent aux clientes une « beauté » qui a des conséquences graves sur leur santé physique.

En quoi consiste la dépigmentation ?

La dépigmentation est le fait d’utiliser des produits pharmaceutiques, détournées par les cosmétologues pour s’éclaircir la peau. Dit ainsi cela parait très simple. Or ces produits s’attaquent à ce que l’on nomme mélanine, qui est en quantité supérieure pour les peaux noires,  et qui est responsable de la pigmentation qui protège la peau des agressions externes. Ces produits sont fabriqués à base de mercure, de corticoïdes, d’hydroquinone. L’hydroquinone est une produit interdit dans l’Union européenne et en Chine, et qui, appliquées en doses massives, provoque des graves conséquences sur la santé de ses utilisatrices comme l’épaississement de la peau surtout lorsqu’elle est exposée au soleil. Ces conséquences vont de l’aspect disgracieux que prend la peau si la dépigmentation n’est pas uniforme, au risque de cancer de la peau. La dépigmentation rend la peau très vulnérable et  l’expose au risque d’affection. A côté de ses conséquences, il existe des risques de maladie du foie, des reins et du cœur, sans oublié le diabète qui peut être causé par les corticoïdes contenus dans certains produits. Pour citer d’autres conséquences énumérées par les dermatologues, nous avons l’hypertension artérielle, l’infection néonatale, l’ostéoporose (douleur au niveau des os), l’obésité et cécité.

Pourquoi la dépigmentation?

Le « khessal » terme wolof désignant la dépigmentation est devenu une pratique courante en Mauritanie et dans d’autres pays de l’Afrique, malgré les dégâts considérable que cela provoque physiquement. Pour la plupart de femmes qui se dépigmentent, cela constitue pour elle un impératif pour être belle aux yeux de leurs maris ou de leurs proches qui exercent souvent une influence considérable sur elles.
On a plusieurs fois entendu certains hommes dire qu’il voudrait bien se marier avec une femme au teint clair ou pire encore, qu’une belle femme doit avoir le teint clair. Des femmes non avertis tomberaient facilement dans ce genre de pièges et n’hésiteront pas à se plier à ces règles de jeux dictées par ces hommes. Ces femmes dépensent des budgets énormes dans des produits éclaircissants pour être « belle ».

En Mauritanie ce phénomène touche toutes les couches de la société allant des adolescentes, aux femmes mariées toutes ethnies confondues. Aujourd’hui on rencontre des mauresques au teint aussi blanc que du lait, mais qui, insatisfaites de leur couleur de peau, cherchent à tout prix un teint encore plus clair. C’est dire combien la dépigmentation est à la mode dans toutes la Mauritanie.

Devant l’influence exercés sur elles, les femmes les plus naïves, vont jusqu’à utiliser des produit « fait maison » à base d’eau de javel, de défrisants pour cheveux, des shampoings etc. l’utilisation de ce genre de mélange produit provoque très souvent des effets irrémédiables sur la peau. Toutefois cela a très rarement des conséquences sur la conscience de ces femmes qui continue a utilisé d’autres produits encore plus dangereux pour corriger l’incorrigible. Elles tiennent à avoir le teint clair qu’importent les conséquences.

Si l’on se tient à certains propos tenu par les femmes qui se dépigmentent l’on croirait que le teint noir est un handicap pour accéder à ce qu’elles appellent la beauté. Elles sortent des prétextes souvent tiré par les cheveux, pour expliquer leurs actes et parfois même vous conseillent de faire de même pour soit disant « nettoyer un peu votre peau », comme si la peau noire était sale à leurs yeux. Certaines se lancent dans un projet de dépigmentation sans en connaitre le danger et c’est là même où résident le vrai danger. Tout ce qui importe pour ces dernières c’est d’avoir le teint clair sans se préoccuper de savoir par quel procédé ce « miracle » arrive.
Nous aurons compris ainsi que, quel que soit son appellation, khessal au Sénégal et en Mauritanie, Tcha-tcho au Mali, Ambi au Gabon, Tcha en côte d’ivoire, Akonti au Togo, Dorot au Niger, la dépigmentation n’as pas dit son dernier mot.

Les autorités ont à plusieurs reprises pris d’assaut les vendeurs des produits éclaircissant à Nouakchott mais cela n’as pas suffi à faire lâcher prise ses derniers qui ont trouvé dans le commerce des produits une source de revenu intarissable entretenue par des clientes toujours insatisfaites de leur couleur de peau.

Face à ce phénomène ravageur, il est l’heure de tirer la sonnette d’alarme en Mauritanie comme le Sénégal qui a commencé tout récemment avec des campagnes  tel que « nuul kuuk »  (très noire) et interdire l’exportation des produits éclaircissants. Une telle mesure avait déjà été prise en Afrique du sud en 1992 et en Gambie en 1995. Il est tant d’emboité le pas de ces pays avant de voir en Mauritanie, nos hommes s’y mettre comme en Afrique centrale, sachant que la dépigmentation ne concerne pas que les femmes. Pour cela il faudrait commencer par sécuriser les frontières, exercer des contrôles rigoureux sur les produits cosmétiques exportés et mener des campagnes de sensibilisation pour une prise de consciences des utilisatrices et potentielles utilisatrices.
Binta

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