Nos chefs d’état ont la tête dans l’air

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Ramata SoréNos chefs d’état ont la tête dans l’air. Ce qui provoque des turbulence sur la scène politique. L’achat d’un avion présidentiel à 20 milliards CFA par le président Ibrahim Boubacar Keita n’en finit pas de faire des remous au Mali. Ce genre d’acquisition est loin d’être l’apanage du président malien sur le continent : bien avant IBK, d’autres dirigeants africains ont défrayé la chronique pour des achats similaires. Et au Mali, cette annonce a particulièrement choqué la population…
Le choc est d’autant plus général que le Mali sort tout juste d’une crise qui a duré plus de deux ans. Ainsi, pour bon nombres de Maliens, il est inconcevable que leur pays miné par la corruption et par une crise humanitaire s’offre le luxe d’un avion aussi cher.
L’affaire de l’avion du président IBK en rappelle une autre : au Malawi, l’ancien président Bingu Wa Mutharika avait lui aussi subi le courroux de son peuple et des bailleurs de fonds pour avoir acheté, en temps de crise économique, un avion à 20 millions de dollars, soit environ 10 milliards de F CFA. La Grande-Bretagne, ancienne puissance coloniale et premier bailleur de fonds du pays, avait alors décidé de réduire son aide au pays. Joyce Banda, qui a succédé à Bingu wa Mutharika après la mort de ce dernier, a regagné l’estime de sa population en revendant l’avion pour nourrir le pays.
À Madagascar aussi, l’ancien président Andry Rajoelina avait promis à ses partisans de vendre “Air Force One II,” afin de subvenir aux besoins alimentaires des Malgaches. L’avion avait été acquis par son prédécesseur Marc Ravalomanana en 2008 pour 60 millions de dollars, soit 30 milliards de F CFA. Il a finalement été vendu, après avoir passé plus de 5 ans immobilisé dans un hangar.
Immobilisé était également, en 2010, l’avion présidentiel que l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo avait acheté à 20 millions d’euros, soit 13,1 milliards FCFA. Refusant d’utiliser l’appareil pourtant en bon état, Alassane Ouattara en a acheté un autre en 2011 pour la moitié du prix.
Au Cameroun, enfin, c’est pour avoir échappé à la mort avec sa famille dans un avion présidentiel de seconde main dénommé l’Albatros, que Paul Biya a décidé en 2005 d’en acquérir un neuf pour 45 millions de dollars, soit 35 milliards de FCFA. Mais le FMI s’était montré hostile à l’achat étant donné que le pays avait du mal à franchir le point d’achèvement de l’initiative des Pays pauvres très endettés.
Dans le cas du Mali, le FMI demande pour l’instant des explications sur la procédure d’achat de l’appareil.

Ramata Sore

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