Nord Mali: le retour du MUJAO

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Les événements de ces derniers jours laissent croire que le groupe terroriste a repris ses activités dans le septentrion malien.
Mujao
En fin de semaine dernière, le massacre de Tamkoutat avait coûté la vie à une trentaine de touareg, assassinés par des membres de l’ethnie peuhl. Selon Bamako, les agresseurs sont des «terroristes », le Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (MNLA), quant à lui, pointe un doigt accusateur sur les membres du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO).

Lié à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), ce groupe avait occupé avec d’autres engeances de la nébuleuse terroriste, le nord du Mali en 2012 avant d’en être en partie chassés par une intervention militaire internationale lancée début 2013 à l’initiative de la France, et toujours en cours.

Présent particulièrement dans la région de Gao, où ses membres s’étaient rendus coupables des pires exactions, c’est dans le même périmètre géographique qu’il réapparaît après avoir fait profil bas pendant plusieurs mois.Si le massacre de la semaine dernière n’a pas fait l’objet d’annonce officielle du MUJAO, le groupe a formellement revendiqué l’enlèvement d’une équipe du Comité international de la Croix-Rouge. Le CICR avait en effet indiqué le lundi 10 février être sans nouvelles de son équipe depuis le 8 février. L’ONG se disait « inquiète », car n’ayant aucune information sur ce qui leur était arrivé.

Enlevés par le MUJAO

C’est à un journaliste de l’AFP qu’un responsable du mouvement a confirmé ce que l’on craignait. Les quatre travailleurs humanitaires ont bel et bien été enlevés. « Nous avons pris (…) un (véhicule) 4X4 des “ennemis de l’islam” avec leurs complices », a déclaré Yoro Abdoulsalam, responsable connu du Mujao, dans un bref entretien téléphonique avec un journaliste de l’AFP à Bamako. S’agissait-il de l’équipe du CICR ? Il a répondu : « Oui », avant de préciser qu’« ils sont en vie et en bonne santé », sans donner plus de détails.

En plus des quatre travailleurs du CICR enlevés, un cinquième homme, un vétérinaire appartenant à une autre organisation se trouvait à bord du véhicule. Les cinq personnes sont toutes de nationalité malienne. Elles voyageaient sur le trajet entre Kidal (extrême nord-est) et Gao (nord-est), d’après un porte-parole du CICR, Alexis Heeb, qui indique l’ONG est en contact régulier avec les autorités maliennes, ainsi qu’avec les divers groupes armés opérant dans le nord du Mali.

Ces deux événements confortent l’hypothèse d’un retour en force du MUJAO dans la région de Gao. Plusieurs habitants ont évoqué le fait que des éléments connus du groupe avaient été vus dans la zone. Un responsable au gouvernorat de la région a indiqué lundi que des dizaines de combattants supposés du Mujao avaient fait irruption dans la localité de Djébock, à une cinquantaine de kilomètres de Gao. Ils étaient à la recherche d’un chef touareg absent au moment de leur passage et sont finalement repartis après deux heures de présence sur les lieux, sans être inquiétés.

Par Célia d’Almeida

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