Mort du chef du Polisario Mohamed Abdelaziz

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polisariole Front Polisario annonce la mort de son chef historique

Mohamed Abdelaziz est décédé mardi des suites d’un cancer, à l’âge de 69 ans. Le mouvement qui lutte pour l’indépendance du Sahara occidental se retrouve privé de son dirigeant emblématique.

Le Front Polisario perd son dirigeant incontesté. Mohamed Abdelaziz, 69 ans, est décédé mardi des «suites d’une longue maladie», a annoncé le mouvement indépendantiste cité par l’agence algérienne APS. Il souffrait depuis plusieurs mois d’un cancer du poumon.

Le Polisario a décrété un deuil de 45 jours pour rendre hommage à son chef. «C’est une grande perte pour le peuple sahraoui», a déclaré à l’Agence France-Presse, un responsable du Polisario, Mohamed Keddad. «Il a sacrifié sa vie pour la libération du Sahara occidental. Il incarnait la sagesse, la pondération, l’engagement sincère et ferme pour la libération du Sahara occidental», a-t-il ajouté. L’Algérie, qui porte à bout de bras le Front Polisario, a décrété un deuil de huit jours.

Le dirigeant historique du Front Polisario

Né à Marrakech en 1947, Mohamed Abdelaziz est issu de la tribu saharaouie des Reguibi. Sa famille est originaire du Sahara occidental et s’est installée au Maroc, alors protectorat français. Son père est un sous-officier de l’armée royale marocaine. Par la suite, Mohamed Abdelaziz s’opposera à son père, qui restera fidèle à la monarchie de Rabat.

Le futur leader nationaliste fréquente à la fin des années 1960 les milieux nationalistes saharaouis. Il étudie jusqu’en 1972 à l’université de Rabat. Mohamed Abdelaziz participe à la création du Front Polisario en mai 1973, pour mener une guérilla contre les Espagnols et arracher l’indépendance du Sahara occidental. Le Polisario se réclame du socialisme, et s’attire la sympathie des États communistes. Il est aussi soutenu par le mouvement tiers-mondiste. Surtout, il est appuyé par l’Algérie voisine, qui rêve de satelliser ce territoire pour s’offrir un débouché sur l’Atlantique.

En novembre 1975, le Maroc lance «la marche verte»: des dizaines de milliers de Marocains, encadrés par l’armée, pénètrent dans le Sahara occidental. Il s’agit d’annexer le territoire alors que l’Espagne s’apprête à se retirer, et d’empêcher le Front Polisario d’y prendre le pouvoir.

En réaction, le Polisario proclame la République arabe sahraouie démocratique (RASD) en 1976. Mohamed Abdelaziz en devient rapidement le président. Il dirige la guérilla contre le Maroc depuis Tindouf, ville algérienne frontalière. En 1991, un cessez-le-feu est signé entre Rabat et le Front Polisario, sous l’égide de l’ONU. Mais le conflit a été gelé durablement, sans résolution en vue.

Le plan de paix en suspens

Depuis 1992, le plan de l’ONU pour un référendum d’autodétermination de ce territoire est bloqué par le Maroc qui milite en faveur d’une large autonomie sous sa propre souveraineté. Depuis, plus de vingt ans, Rabat investit massivement dans le Sahara occidental, et consolide ses positions. De son côté, le Front Polisario, réduit à la frontière algérienne, a perdu de son influence.

Outre l’Algérie, le Polisario est toujours soutenu par ses anciens alliés du bloc communiste (Cuba, Corée du Nord, Viet Nam), ainsi que par l’Union africaine, dont le Maroc s’est retiré en protestation. Mais il n’est reconnu ni par l’ONU, ni par la Ligue arabe, ni par la Chine et la Russie, ni par aucun pays occidental. Isolé, Mohamed Abdelaziz était apparu affaibli en février dernier, lors de la visite du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon à Tindouf. Comme s’il incarnait la cause sahraouie.

 

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