Mauritanie/Dialogue politique : taillé sur mesure à la volonté de Ould Mohamed Laghdaf

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MoulayeMhdLegdafLe consensus politique restera un objectif impossible à atteindre, en dépit de la volonté sincère du Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz d’associer tous les protagonistes, sans aucune, voire tous les syndicats, les acteurs de la société civile, les médias, les organisations professionnels, les indépendants, la diaspora.

Le consensus a surtout fait défaut au lancement du dialogue politique en cours, qui profile de plus en plus l’image de son modérateur, en l’occurrence, le ministre secrétaire général de la Présidence de la République Dr Moulaye Ould Mohamed Laghdaf.

L’homme qui devait appliquer à la règle les directives et les vœux consensuels du Chef de l’Etat, a suscité la colère d’une importante frange de la société civile, de plusieurs organes de presse et de nombreux hommes d’affaires, tous exclus du dialogue en cours.

Un fait paradoxal, si l’on se rappelle que ces mêmes laissés pour compte avaient été invités à la journée de consultation préliminaire au dialogue politique.

C’est même un non consensus plus profond que celui de 2011, puisque des partis du FNDU ont boycotté de nouveau les concertations, et comptent selon des sources coordonner l’action future des mécontents et des exclus.

Sur un autre plan, cette marginalisation a été explicitée aux premiers jours du dialogue en cours, marqué par l’interdiction aux médias, exception faite des journaux amis, d’accéder à la salle du palais des congrès, pour la toute simple raison, que Dr Moulaye, n’en veut pas, créditant uniquement ses médias de « résonnance ».

Il a même réiteré son erreur, à l’occasion de l’organisation de sa dernière conférence de presse, à laquelle, ont été conviés uniquement 4 journaux amis. Tout pour dire que le dialogue était taillé sur mesure de son supposé modérateur, accusé partout de subjectivisme et d’exclusion.

Le dialogue proprement dit

Après environ deux ans de négociations entre pouvoir et opposition, un nouveau dialogue national s’est ouvert jeudi 29 septembre en Mauritanie. Environ 450 personnes y participent durant une dizaine de jours. Cette initiative est le point de départ qui doit mener vers une réforme constitutionnelle. Les réformes pressenties concernent notamment la suppression du Sénat, remplacé par des conseils régionaux élus, et la création d’un poste de vice-président.

Le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, a déclaré, dans un discours qu’il a prononcé à l’occasion de l’ouverture du dialogue national inclusif que les participants à ce forum doivent être mus uniquement par l’intérêt suprême de la Nation, loin de toutes autres considérations.Il affirmé que ceux qui participent à ce dialogue ont privilégié l’intérêt général et contribué par leurs avis, opinions et idées pour lui assurer une meilleure préparation et ont consenti une grande partie de leur temps à cet effet.

Ce rendez-vous est un ”un rêve de longue date » dit Ould Boulkheir

  1. Messaoud Ould Boulkheir,  a exprimé sa fierté et sa vive émotion d’ assister à l’ouverture du dialogue national inclusif, qui était pour lui ”un rêve de longue date, un espoir à rechercher et un objectif à concrétiser pour une Mauritanie libre et unifiée où les citoyens jouissent de la justice, de l’égalité, la vie digne, de l’estime et de l’entente”.

Le président de l’APP a ajouté : Nous inaugurons aujourd’hui une phase phare de notre histoire par ce dialogue destiné à résoudre nos problèmes en comptant sur nos propres forces et s’appuyant sur Allah et la capacité de notre peuple à se retrouver et surmonter ses difficultés quelles que soient son ampleur.

Il a, émis le v u de voir le dialogue aboutir à ses résultats escomptés, bien qu’il souhaité la participation de tous, afin que chaque partie se retrouve dans les conclusions et résultats du dialogue.

”Notre regret pour l’absence de certains sera atténué par le fait que les résultats de la rencontre refléteront les préoccupations et idées de tout le monde”, a-t-il, souligné.

S’agissant des résultats du dialogue, le président de l’APP a souligné qu’il doit jeter les repères essentielles pour le renforcement de l’unité nationale et de lui trouver des solutions définitives garantissant la liberté, l’égalité et la vie digne à tous les fils de ce pays, une égalité, qui ne différencie pas entre les citoyens sur la base de la couleur, de la langue, de la région, de la tribu , du clan et du rang social, dans un pays où sont bannis l’injuste, l’iniquité, l’esclavage, le mépris de l’autre, c’est-à-dire le rejet de la culture de l’exclusion qu’elle soit d’ordre politique, culturel ou social.

Au plan démocratique, le président de l’APP a souligné que le dialogue doit marquer le début de la construction de l’Etat de droit et la gouvernance démocratique de manière à faire de l’alternance pacifique au pouvoir une habitude ou règle à léguer pour les générations à venir et de la démocratie un choix du peuple.

Evoquant le volet sécuritaire, M. Messaoud Ould Boulkheir, a souligné que le citoyen doit être mis dans des conditions où il ne se sent pas victime de l’exclusion ou l’oppression et de fournir les moyens nécessaires pour bannir les risques du terrorisme et du crime organisé.

Il a, enfin, appelé à la bonne gouvernance , à la lutte contre la corruption et la gabegie, à la création des emplois et la réalisation de l’autosuffisance céréalière et à la mise en exécution d’une nouvelle stratégie à même de promouvoir la rentabilité des secteurs de pêche et des miner afin de réaliser la prospérité des citoyens du pays.

Le dialogue était toujours le comportement des sages dit Ould Cheikh Ahmed Eboulmaali

Pour sa part, le président de la majorité présidentielle, M. Ethmane Ould Cheikh Ahmed Eboulmaali, à souligné l’intérêt du dialogue et du changement des idées et rappelé certains versets du Coran qui exhortent à l’union, à la concorde et la concertation. Il a ajouté que le dialogue est un comportement universel qui permet à l’humanité de résoudre ses problèmes d’une manière concertée et pacifique.

Au plan religieux, M. Ethmane Ould Cheikh Ahmed Eboulmaali, a souligné que les oulémas ont prouvé l’obligation de la choura entre les gouvernants et les gouvernés avec des moyens différents et à des fins multiples.

Il a rappelé que le dialogue était toujours le comportement des sages et que les nations qui l’ont adopté comme moyen de résoudre leurs problèmes ont pu accéder au progrès, à la sécurité et à la prospérité.

Le président de la majorité présidentielle a, enfin, appelé ceux qui n’ont pas assisté à l’ouverture du dialogue à rejoindre les ateliers de travail.

‘Le pays s’est transformé au cours des dernières années en grands chantiers dit Balas

Pour sa part, le président du parti Arc-en-ciel, M. Ba Alassane Hamadi, a mis en exergue la position de sa formation au sujet du passif humanitaire et rappelé les efforts déployés par le Président de la République pour le résoudre et réconcilier tous les mauritaniens, à travers la lutte contre la gabegie, l’organisation de la prière de l’absent sur les âmes des victimes des années de répression à Kaédi, le retour des déportés et la compensation des familles des militaires et des victimes des violences en 1989 et 1991, ce qui a suscité l’estime et le soutien de la majorité des citoyens.

”Le pays s’est transformé au cours des dernières années en grands chantiers et connu des réalisations appréciables dans les domaines de l’électricité, de la santé et autres, a-t-il dit.

Le président du parti a rappelé qu’en dépit de ces efforts, il reste beaucoup à faire, puisque les victimes des incidents de 1989 souffrent réellement et les déportés du Sénégal continuent d’attendre des solutions à leurs problèmes humanitaires, après être devenus des réfugiés dans leur pays, sans restitution de leurs terres et de leurs habitations perdues à la connaissance de tous..

Au sujet du dialogue, M. Ba Alassane Hamadi s’est dit honoré par sa participation à ce dialogue national et souhaité que ces résultats versent dans l’intérêt de tous les mauritaniens, de sorte à assurer la sécurité, la stabilité, la prospérité à tous sans exclusion ou marginalisation.

Nous sommes fiers de la présence du Président dit Bilal Ould Werzeg

”Notre parti s’engage à œuvrer pour la concrétisation de son approche sereine et civilisée sur ce plan, en tournant la page à la politique de la chaise vide qui a montré son inutilité”, a-t-il, conclu. La supervision du Président du dialogue lui donne de la crédibilité Lui succédant, le président du bloc de la citoyenneté pour la sauvegarde de la Mauritanie, M. Bilal Ould Werzeg, a exprimé sa fierté de voir le Président de la République superviser en personne, la cérémonie de lancement du dialogue.

Cela renforce notre conviction quant à la crédibilité du dialogue, a-t-il dit, rappelant que le bloc a adopté depuis la première heure, l’option du dialogue comme moyen unique capable de rassembler tous les citoyens, en vue de dégager un consensus optimal sur les solutions économiques, politiques et sociales nationales.

C’est ainsi que le bloc a pris part aux journées de concertations préliminaires du dialogue national et participé activement aux des travaux des commissions préparatoires des concertations, a-t-il ajouté.

Il a mis en exergue les efforts déployés, au cours de l’année écoulée, afin de rapprocher les points de vue entre tous les protagonistes, afin de favoriser la participation au projet de discussion.

Nous espérons vivement que tous se revoient et s’assurent de la crédibilité du dialogue à travers l’ordre du jour de ses travaux et à travers ses issues, afin que tous accompagnent le processus politique dégagé par le dialogue, a-t-il conclu.

 Dans quelques jours naitra la nouvelle Mauritanie dit Ould Maham

Pour sa part, le président du parti de l’Union Pour la République, Me Sidi Mohamed Ould Maham , s’est félicité de la supervision du Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, de cette rencontre nationale, remerciant les blocs et les partis de l’opposition ainsi que les personnalités qui ont répondu à l’appel du dialogue.

Cette cérémonie matérialisera, sans nul doute, la volonté des Mauritaniens, quand ils se rencontrent, pour consolider les liens de fraternité et sauvegarder l’intérêt général.

L’expérience a prouvé qu’en se rencontrant entre eux, les Mauritaniens dégagent constamment des solutions idoines pour tous les obstacles qui peuvent entraver la marche de leur pays depuis l’indépendance à ce jour, a-t-il dit.

A l’adresse du Président de la République, le président de l’UPR a dit : ”Comme vous avez réalisez les acquis dans les domaines des droits de l’homme, de la sécurité, de la diplomatie, de l’enseignement, de la santé, des routes, de l’hydraulique, de l’énergie, des ports, des aéroports et autres; comme vous avez offert les libertés médiatiques et politiques dans ce pays, voilà, que vous appelez aujourd’hui, tous les Mauritaniens pour tracer la feuille de route de l’avenir ainsi que pour emboîter le pas aux peuples rompus à l’exercice démocratique et à la bonne gouvernance”.

Après quelques jours, Excellence le Président, il y aura une nouvelle Mauritanie, préservant ses acquis et développant ses performances à travers une rétrospective pour revoir, réévaluer et améliorer une feuille de route dont nous sommes appelés aujourd’hui à tracer les contours, en prenant en compte nos points de force et de faiblesse, nos atermoiements, en considération du droit des générations futures envers nous, en matière de liberté, de l’exercice démocratique et de notre droit à des institutions efficaces, suscitant leur fierté”, a-t-il dit.

Il a enfin assuré que les militants du parti de l’Union Pour la République sont disposés à contribuer efficacement à cette rencontre, déclarant leur forte volonté pour le dialogue et les contacts entre toutes les forces vives de ce pays.

 Boidiel espère que les discussions conduisent à trouver des solutions appropriées aux grands problèmes posés au pays

Prenant à son tour la parole, le président du parti El Wiam démocratique et social, M. Boidiel Ould Houmeid, a indiqué que ce dialogue national réunit une partie de l’opposition nationale et la majorité présidentielle sur des questions importantes de la vie nationale, dans tous ses aspects, politique et socioéconomique.

Il a exprimé le souhait que les discussions conduisent à trouver des solutions appropriées aux grands problèmes posés au pays, en particulier, les questions liées à l’esclavage, à l’unité nationale, à la justice sociale et aux autres aspects liés à notre vie commune, a-t-il ajouté.

”Nous espérons également que ce dialogue englobe tous les protagonistes politiques de l’opposition a-t-il souligné, regrettant le fait que ce v u ne s’est pas réalisé, en dépit des efforts déployés au niveau de la coalition pour l’unité et la démocratie et les tentatives menées ultérieurement par la majorité présidentielle”, a-t-il dit.

Nous souhaitons être rejoints par cette importante partie de l’opinion nationale afin de pouvoir débattre toutes les questions dont dépend l’avenir de notre pays afin de leur retrouver les meilleurs solutions, a-t-il , ajouté.

Nous attendons de ce dialogue d’aboutir à des accords et des compréhensions concrètes et constructives, permettant de propulser notre pays de l’avant.

Participation des partis de la majorité

 Les partis de l’union des forces de la majorité démocratique, qui s’étaient retiré du dialogue politique, sont finalement  revenus sur leur décision, appelant toutes les forces politiques d’emprunter le même sens du fait qu’il constitue la meilleure voie pour garantir la stabilité et le développement du pays.

Ould Bellal présent

L’ancien ministre des affaires étrangères et de la coopération et ex ambassadeur, M. Mohamed Vall Ould Bellal, également ancien secrétariat exécutif du FNDU durant toute l’année de 2015, a répondu présent à ces concertations.

Item pour Mahfoud Ould Deddach, ministre et ancien diplomate, également ancien secrétariat exécutif du FNDU et Sidi Mohamed Ould Said, président d’un parti politique membre fondateur du FNDU.

La présence de ces personnalités politiques membres du FNDU à la cérémonie du lancement officiel du dialogue a suscité de vives interrogations au moment, où, le FNDU a opté pur et simple pour le boycott.

Le FPC rejoint le dialogue

 Les forces progressistes du changement (FPC), parti non reconnu, a décidé de se joindre au dialogue politique.   « Nous avons décidé de rejoindre le dialogue parce que nous avons estimé, après une rencontre avec le ministre secrétaire général de la présidence, Moulaye Ould Mohamed Laghdhaf, que le dialogue est l’occasion pour nous qui le réclamons, depuis 1986 de débattre des questions de fonds, et en premier lieu, la question cruciale de la cohabitation des différentes composantes du pays, donc de l’unité nationale.

Le forum boycotte

Le forum n’a pas participé  au dialogue, accusant le président Mohamed Ould Abdel Aziz  de vouloir modifier le texte fondamental pour se présenter à un troisième mandat.  « Nous n’avons pas de regret. Le pouvoir a un agenda caché », explique Kadiata Malick Diallo, vice-présidente de l’UFP, membre de la coalition FNDU. « ses appels (Ould Abdel Aziz)  ne sont pas sincères et les conclusions de ces réunions ne nous engageront pas », réagit-elle.

L’AJD aussi

 L’AJD/MR a boycotté le dialogue politique, motivant cette décision, par l’attachement de sa formation  à la programmation de deux points essentiels à l’agenda des pourparlers attendus. Le premier point porte sur la participation du forum  de l’opposition à ces concertations et le second sur la programmation de la question de la coexistence comme  premier thème à débattre au cours  des assises préliminaires du  projet de dialogue.

Un dialogue partiel n’a pas de sens dit le Chef de file de l’opposition mauritanienne

Il est impossible d’appeler “dialogue national” ou “dialogue politique inclusif” des rencontres auxquelles ne participe la crème de la classe politique a affirmé, le Chef de file de l’Institution de l’opposition démocratique mauritanienne, M. Hacen Ould Mohamed. Et il a déclaré comment-on peut-on parler réellement de dialogue en l’absence de l’institution de l’opposition démocratique, du FNDU, du RFD et de plusieurs autres formations politiques de l’opposition, selon Al Akhbar qui rapporte l’information.

Le Rfd compte coordonner les efforts des boycottistes du dialogue

–  Le Rfd contactera les forces politiques qui ont boycotté le dialogue, afin de coordonner les mesures à prendre contre ces concertations unilatérales, a indiqué le Vice-président du parti Me Mohamed Mahmoud Ould  Ematt. Notre formation a boycotté le dialogue en cours pour deux raisons, a-t-il dit : la première est qu’il intervient comme réplique à l’élan populaire et médiatique provoqué par le document du rassemblent et la seconde, se rapporte au contenu même de pourparlers, dont les conclusions ont été annoncées auparavant à Néma, a-t-il ajouté. Nous croyons au dialogue ; ce moyen unique qui permet de régler les crises politiques a-t-il poursuivi ; affirmant toutefois, que ce qui se passe au palais des congrès, n’en est pas un.

Me Ould Ematt  a remercié toutes les  forces politiques qui ont boycotté le dialogue, plaçant l’intérêt général au dessus des caprices étroits.

Notons enfin que 4 commissions ont été créées. Elles planchent sur le contenu des débats, avant le début des travaux lundi 3 octobre. Les deux derniers jours, les rapporteurs feront la synthèse des interventions.

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