Mauritanie :La recherche d’uranium en Mauritanie (dernière partie : de 1980 à 2020

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En 1980, les prix de l’uranium étaient au plus bas et malgré cette conjoncture, des efforts notoires ont été entamés par la Mauritanie Mais les opérateurs minières n’affichaient guère d’intérêt aux substances radioactives.

1984: un permis de recherches est octroyé à la SNIM pour promouvoir l’intérêt de l’uranium en Mauritanie

La SNIM tente alors d’établir un accord avec la société MINATOM (successeur de TCMN) mais la conjoncture morose empêche tout accord.

1986: faute de pouvoir développer le projet, la SNIM rend le permis à l’Etat

2000 : suite à l’appréciation des prix des matières premières minérales, l’espoir de développement de la filière uranifère renait.

2003, les levés de géophysique aéroportée, financés par la banque mondiale (à travers le projet PRISM) permettent d’acquérir des données de très haute importance qui vont attirer par la suite des sociétés spécialisées en exploration.

2005 l’octroi d’une vingtaine de permis de recherches pour l’uranium pour des sociétés locales mais aussi étrangères (surtout les australiens : Murchison et Triton) est perçu comme catalyseur de développement des projets d’uranium.

2007 : les efforts de feu Ishac Ould Rajel (ancien ministre des mines et premier ingénieur des mines du pays) pour attirer les spécialistes de l’uranium, ont fini par payer et le numéro 1 français AREVA dépêche en Mauritanie une mission d’experts. Les conclusions de la mission sont que la Mauritanie est éligible à l’intervention d’exploration d’uranium. La société entame alors la recherche de zones libres ou la conclusion de partenariat avec les opérateurs locaux.

2008 et 2009 la participation de la Mauritanie aux foras minières ont également contribué à l’attraction de certaines sociétés qui feront ultérieurement des travaux poussés pour la mise en evidence de gisements économiques.

En 2010, la Mauritanie obtient au sein du U-group (un panel d’experts en uranium) une place et expose le potentiel de la dorsale Reguibat au nord mauritanien en la qualifiant, de la “province émergeante” pour l’uranium.

2011, la publication pour la première fois d’éléments sur l’uranium en Mauritanie dans la 24e édition du fameux “world uranium
resources, production and demand” était un autre facteur important, anticipant l’intérêt de cette zone géographique située en Mauritanie.

Ce document de référence pour l’industrie de l’uranium, connu sous le nom du”livre rouge” est la publication ultime sur l’uranium et est publié tous les deux ans conjointement, par l’OECD, l’Agence de l’Energie Nucléaire (NEA) et l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (IAEA).

2017, les travaux de la société australienne Aura Energy ont été couronnés de succès avec une resources de 40 à 60 millions de U3O8 et une teneur de 300 à 450 ppm.
Avec une prévision de production de 3 tonnes de yellow cake par jour (soit 1 million de lb/an)

2018 : le 22 mai 2018, la société australienne Aura Energy dépose des demandes d’exploitation pour ses projets de “Ain Seder”, “Oued El Foule Est” et “Oum Ferkik”.

Les licences d’exploitation pour l’Ain Sder et l’Oued El Foule sont accordées, le 9 février 2019.

Sur ces projets la Mauritanie détient 15% de participation gratuite dans ces projets (plus le BIC de 25% et les royalties)

Aura Energy Mauritania Pty Ltd (Australie) détient les 85% restantes.

2020 : l’étude de faisabilité pour le projet a été complétée récemment et son résumé est le suivant :
Le projet TIRIS pour l’uranium produira 11 millions de livres d’uranium sur une durée de vie initiale de la mine de 15 ans, n’utilisant que 20% des ressources minérales connues.

Faible coût en capital – 45 millions de dollars
Faible coût d’exploitation – 30 $ australien / lb

Conclusions sur le projet d’uranium TIRIS de la société Aura Energy, en Mauritanie :

Le projet Tiris est basé sur une découverte majeure d’uranium en Mauritanie, avec
49 million de livres U3O8 (une livre égale à 0,453 grammes) au sein des ressources actuelles de 66 millions de tonnes à 334 ppm U3O8 (ppm veut dire 1 gramme par tonne).

Le projet présente plusieurs attributs naturels qui se traduisent par de faibles coûts d’investissement et d’exploitation.
Ces attributs sont:

Minéralisation de surface plane peu profonde (seulement 1 à 5 mètres de profondeur)
Exploitation minière à faible coût sans dynamitage
Le minerai d’uranium peut être simplement valorisé, uniquement par lavage et tamisage, jusqu’à 700%; de 335 ppm à 2500 ppm
Besoin d’une très petite usine (de 1 Mtpa), et à d’ infrastructures de soutien minimale
Lixiviation de 2 000 à 2 500 ppm d’U3O8 avec une récupération par lessivage de 94% en 4 heures.

Il importe de signaler que les levés radiométriques menés par l’opérateur ont permettront de cibler une ressources additionnelle de 50 Mlb U3O8 pour atteindre l’objectif de 100 Mlb d’uranium.

Voici enfin, les points saillants du projet sont:
• Durée de vie moyenne de la production d’U3O8 de 750 000 lb pendant au moins 15 ans
• Production de 1,0 Mlb / an dans les premières années à partir de zones à haute teneur
• Faible coût en capital de 45,0 millions USD
• Coût d’exploitation moyen 30 USD / lb U3O8

Ahmed Taleb Mohamed
Géologue

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