Mauritanie : La division, le maillon faible de la presse

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Le champ mpressesédiatique vit une forte et grave implosion qui menace sa cohésion et avenir. Parti par effraction en rangs dispersés, au moment, où des efforts intenses sont menés par certains de ses leaders engagés en faveur d’une presse indépendante, puissante, contributive à l’Etat de droit et de la démocratie, le secteur médiatique, qui pensait sécouer le cocotier, a subi, au grand dam de ses acteurs, son propre tremblement, s’engageant du jour au lendemain dans le déni de soi.

Cette situation s’est traduite par ce départ en rangs dispersés des associations et syndicats médiatiques, regroupés aujourd’hui en 2 ou 3 pôles, aux aspirations différentes, créant ainsi une cacophonie indigne au sein du champ.

Pourtant, des bons auspices, volontaristes et désintéressés,  dont le président du groupe 6e sens de Communication Moulaye Najim, avait lancé le projet d’initiative des éditeurs de la presse, afin de doter le secteur d’un même porte-voix.

Malheureusement, l’initiative qui a été largement saluée au départ, suscitant de nombreuses adhésions et soutiens, a été finalement détournée de son objectif principal, sous la pression de certains médias qui ont tenté à tout prix à la politiser, notamment en faisant le procès d’un pouvoir, qui ne cesse d’appeler à la presse à s’unifier, à fixer ses besoins pour se réformer et jouer pleinement son rôle, notamment à l’avantage de journées de concertation dont le document final, n’a été jamais remis aux autorités compétentes, aux dires officielles du Porte-parole du gouvernement.

Dés lors qu’il en est ainsi, l’initiative des Editeurs qui avait toutes les chances d’aboutir à d’excellents résultats, fortifiant et consolidant le champ, était vouée à l’échec, dans un contexte où l’union fait la force et où la division conduit à l’échec patent.

Faut-il rappeler ici que l’initiative proposée par Moulaye Najim en marge d’une rencontre, qui n’avait rien à avoir avec le sujet, organisé à l’Ambassade de France à Nouakchott et, et en concertation avec des confrères qui étaient présent, Moulaye Najim avait proposé dans cette optique la nécessité de se concerter, de former une force commune, immunisée contre les divisions et les visées politiciennes et contre-professionnelles, était excellente au témoignage de tous. Et avait présenté un pan d’action bien défini dont le doyen Sy Mamoudou, qui avait était proposer comme directeur de cette initiative, avait valider selon Monsieur Moulaye Président du Syndicat des Editeurs de la Presse Mauritanienne

Mais, la volonté de certains de se l’approprier et de la doter de leurs cachets antagonistes et égoïstes voire politiques, a fini par l’engager dans l’orbite de l’éclatement.

Ceci dit, force est de constater que cet échec, trouve toute son explication, par le fait que les choses ont changé, que la mainmise sur le secteur d’antan est révolue, que les médias cartables sont fichus, que le mot d’ordre de l’heure est à la modernisation, à la quête de son autofinancement et de son indépendance et de comprendre que toute faillite est plutôt la conséquence la mauvaise gestion du média lui-même.

D’où la nécessité de ne pas de l’Etat et de la tutelle, le bouc émissaire des fiascos et des divergences des acteurs de la profession. Le Porte-parole du gouvernement a été, on ne peut plus clair là-dessus,

En effet, dans sa réponse à une question relative à la non parution de certains journaux de la presse écrite suite à la suspension de l’appui financier à la presse, il  a précisé que le gouvernement a déterminé un cadre d’aide à la presse, portant sur la création d’un fonds budgétisé, mettant en exergue, l’existence de procédures de transparence garantissant la participation de ces institutions médiatiques à la gestion de ce fonds d’aide,

Il a fait remarquer aussi certains agissements irréguliers et illégaux, de la part de directeurs qui consentent des sommes à certains journalistes pour des raisons subjectives, affirmant qu’il a été mis fin à ces pratiques dans le cadre des réformes entreprises au niveau des finances, notamment en obstruant les canaux à travers lesquels des ressources publiques étaient illégalement détournées. Evoquant les journées de concertation sur la presse, le Porte-parole du gouvernement a rappelé qu’elles ont été supervisées et dirigées par la presse elle-même, qui est la seule à avoir formulé les recommandations issues des états généraux. Le gouvernement s’est contenté de financer ces journées de concertations, laissant à la presse le soin de faire son autocritique et de réaliser sa propre réforme a-t-il dit, précisant que les autorités examineront les résultats de ces journées et mettront en application les propositions susceptibles de servir la liberté de presse.

Certains observateurs ont compris à travers les propos du Porte-parole, que le document sanctionnant les journées de concertation, n’a pas été officiellement remis aux autorités. Ce qui est aberrant et décevant, surtout si l’on apprend qu’il est tombé dans les mains de certains ministres, grâce à la complicité de certaines taupes tapies dans le champ qui continuent en faire un fonds de commerce pour faire prospérer leur boîte.

Le résultat de cette cacophonie est donc inévitable : implosion du secteur, critiques réciproques entre regroupements et associations, loin de toute déontologie et éthique de la profession…etc.

Ndjaye Ciré

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