Mauritanie : Incendie de Zouerate : Accidentel ou provoqué ?

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prison_feuLe bilan de l’incendie de la prison de Zouerate survenu vendredi dernier, s’est alourdi avec le décès annoncé hier lundi 17 mars courant à Nouakchott, d’une seconde victime de ce drame douloureux, qui a fait plusieurs blessés dont 5 très graves évacués vers la capitale.

L’ampleur de la tragédie a contraint le ministre de la justice à se diriger immédiatement vers la cité minière pour s’informer sur place des circonstances de l’incendie meurtrier dont les mobiles demeurent encore inconnus.

S’agit-il d’un drame accidentel, comme il en arrive fréquemment, en dehors des pâturages en milieu rural, dans tous les villages et villes, exposés aux aléas de l’habitat anarchique et précaire ainsi qu’à la fraude massive de l’électricité ; cette monnaie courante pratiquée à grande échelle dans tous les secteurs de la vie socioéconomique ?

Ou bien, l’incendie est-il l’expression d’une insurrection violente de la population carcérale de la prison de la cité minière contre ses conditions carcérales pénibles et inhumaines, face à une administration pénitentiaire passive et peu prévoyante au point de ne pas sentir le danger venir et œuvrer à le contenir avant l’explosion.

Ou bien, s’agit-il d’une tentative de semer les troubles dans le bagne pour occuper les gardes pénitenciers, le moment de permettre la réussite d’une évasion minutieusement planifiée au départ, assurant une fuite des prisonniers avec la connexion de parties extérieures complices ?

Selon des premières informations, l’incendie serait provoqué par un groupe de détenus dont les noms des membres ont été cités par des confrères.

Ces échos à prendre au conditionnel sont assez consistants, puisque d’une part l’une des victimes décédées aurait révélé aux policiers chargés de l’enquête sur les mobiles du drame, les noms des présumés auteurs de l’incident avant de rendre l’âme et d’autre part, le ministre de la justice, hué par les parents des détenus à son arrivée lundi à Zouerate, aurait promis de doter la cité d’une prison satisfaisant aux critères carcéraux modernes.

Ce qui sous-tend des promesses pour calmer la colère des autres détenus tentés par cette expérience d’escalade pour attirer l’opinion et les autorités sur leur calvaire carcéral, dans l’espoir que leurs pressions puissent amener le régisseur à plus de souplesse et de considération à ces prisonniers soumis à une demi-vie.

Toutefois, la survenue d’un accident n’est guère à exclure à 100% dans les prisons mauritaniennes de manière générale et dans les geôles de Zouerate en particulier. En effet, cette région du pays à l’extrême Est de la Mauritanie a le taux le plus élevé en matière de population carcérale issue des milieux de trafic de la drogue et du carburant frauduleux, de la falsification des billets de banque et de l’enrôlement dans les groupes extrémistes notamment terroristes pour mener des opérations kamikazes contre les cibles d’Aqmi.

D’où la possibilité d’évoquer des prisonniers plus durs, prêts à jouer leur va-tout pour assurer leur liberté ou pour bénéficier de conditions de détention acceptables, comme ce serait vraisemblablement le cas pour les détenus de Zouérate .

En attendant que la lumière soit jetée sur cet incident, des observateurs politiques pensent que l’actuel wali de Tiris Zemmour Abderrahmane Ould Mahfoud Ould Khattri risque d’emboiter le pas à son prédécesseur, le général dégradé Ahmedou Bamba Ould Baya qui a fait les frais des violentes émeutes survenues en mai et juin derniers à Zouerate au cours desquels des ouvriers journaliers avaient saccagé la wilaya et la station radio régionale.

 

 

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