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Maroc: Le journaliste Ali Anouzla devant la justice, le site Lakome censuré

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ANOUZLA-large570 410Le journaliste marocain Ali Anouzla comparaît aujourd’hui 22 octobre devant le juge d’instruction à Rabat. Il est poursuivi pour “assistance matérielle”, “apologie” du terrorisme et “incitation à l’exécution d’actes terroristes” pour avoir publié, sur son site Lakome, le lien d’une vidéo d’AQMI fustigeant le Maroc et le roi Mohamed VI. Le site Lakome.fr est inaccessible au Maroc depuis le 17 octobre.

Mobilisation

Incarcéré depuis le 17 septembre dernier, Ali Anouzla est connu comme un journaliste indépendant et critique du régime marocain. Son arrestation a été perçue comme “éminemment politique” par ses défenseurs. Une campagne de soutien au Maroc mais aussi à l’étranger a été lancée. Son comité de soutien en France et Reporters sans frontières (RSF) viennent d’adresser une lettre ouverte au ministre des Affaires étrangères français Laurent Fabius pour attirer son attention sur cette affaire avant sa rencontre avec son homologue marocain, Salaheddine Mezouar, à l’occasion du forum d’affaires de la réunion des “5+5” qui se tiendra à Barcelone mercredi 23 octobre.

“Nous venons dénoncer auprès de vous cette procédure judiciaire et cette censure, fondées sur une décision politique et arbitraire, comme étant une atteinte grave au droit à la liberté d’information.” soulignent-ils.

De son côté Amnesty International a appelé dans un communiqué à la libération immédiate d’Ali Anouzla, estimant qu’il s’agissait d’un “prisonnier d’opinion détenu uniquement pour avoir exercé son métier de journaliste”.

Dans une tribune publié sur le Daily Star libanais, et traduite en français sur Lakome, le Tunisien Kamel Laabidi, ancien président de l’Instance nationale pour la réforme de l’information et la communication (INRIC), a estimé que “de toutes les atteintes à la liberté de la presse, cette dernière attaque est sans doute, la plus cruelle. Elle intervient six semaines seulement après que Lakome a fait état d’une grâce royale, à l’occasion de la fête du Trône, accordée à un pédophile, Daniel Galvan Vina, condamné à une lourde peine de prison.”.

Censure sur le web

Le site dirigé par Ali Anouzla Lakome.fr a été censuré le 17 octobre. Il n’est plus accessible pour les internautes se connectant depuis le Maroc.

D’autres sites ont également été censurés, à l’instar du français Reflets.info qui a mis en ligne un miroir du site Lakome. Heroku, une plateforme de cloud qui hébergeait des éléments de Lakome.info, a également été bloquée au royaume. “Ce qui entraîne par conséquent le blocage de milliers d’autres services basés sur Heroku”, soutient le blog spécialisé en technologies Korben.

La censure a rapidement été dénoncée sur les réseaux sociaux.

Le procès d’Ali Anouzla pose la question de la liberté de la presse au Maroc. “L’existence d’un média sur internet, libre et indépendant, dirigé par des hommes intègres et courageux, même s’il ne représentait qu’une goutte face à la vague monstrueuse du pouvoir et de ses obligés, devenait intolérable” affirme sur son blog l’écrivain franco-marocain Jacob Cohen. Dans le dernier classement mondial de Reporters sans frontières pour la liberté de la presse, le Maroc est classé 139ème sur 179 pays.

 

Al Huffington Post

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