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Mali : Où sont passés les Algériens d'Aqmi ?

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TerrorismOù sont passés les combattants algériens d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui occupaient le nord-Mali ? Se sont-ils repliés dans le sud libyen, affaiblis par les coups de boutoirs de l’opération Serval ?

C’est la question qui se pose, après la mise en ligne, par le groupe djihadiste, d’une vidéo, publiée le 7 novembre dernier, cinq jours après l’assassinat, à Kidal, au Mali, de nos confrères de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verdon.

Il est certain que ce film de propagande de mauvaise qualité a été tourné, selon des islamistes contactés par le “Nouvel Observateur”, avant la libération des quatre otages d’Arlit, le 29 octobre, dans la région de Gao, où les terroristes disposeraient encore de quelques soutiens dans la population.

Ce que révèlent les accents

Ce qui peut paraître surprenant, dans cette vidéo, c’est que parmi la quinzaine de djihadistes qui profèrent des menaces contre la France, on ne compte que deux Algériens, dont Yahia Abou El-Hammam, devenu l’émir du “Grand Sahara Islamique”, d’Aqmi. Pour mémoire, cette formation est à l’origine un mouvement strictement algérien, issu du Groupe salafiste pour la prédication et le combat(GSPC).

Selon les accents, on peut distinguer sur la vidéo la présence de cinq Marocains, de sept Sahraouis et Mauritaniens. Ils parlent le même dialecte arabe, le hassaniya. Trois Tunisiens, deux Egyptiens et quatre Africains subsahariens, Nigériens ou Hartan, esclaves mauritaniens affranchis, parlant l’arabe avec une intonation africaine.

Mise en scène

Les barbus font mine, devant leur caméra, d’être décontractés, ils rient et se moquent de François Hollande. Promesse est faite de s’en prendre à la France et à ses ressortissants. Ce que ne manque pas de dire en vocifèrent, Habib el-Mauritani le (Mauritanien), qui a pris la tête de la phalange d’Abou Zeïd, tué au début de l’opération Serval. “Ils tuent les musulmans, dit ce dernier, tuez-les !”

Cette réunion peut, aussi, laisser penser à, une sorte de petit conclave de responsables de plusieurs groupes islamiques armés, qui n’adhéraient pas à Aqmi, et tentent de se fédérer. Parmi eux : le Marocains : Abou Laith al-Maghribi, salafiste djihadiste de la première heure.

Là, il mime de tirer avec son lance missile sol air de type soviétique, SA7, probablement pris dans les stocks libyens. “Je vais leur envoyer un cadeau, et ce cadeau sera porté par cette arme”, lance-t-il à la cantonade.

Un autre responsable djihadiste prend la parole. Abou Abd-al-Tounsi (le Tunisien), membre d‘Ansar al-Charia, rend hommage aux “héros” auteurs de l’attentat contre l’ambassade de France à Tripoli, la capitale libyenne, le 22 avril 2013.

Au premier plan, l’Emir du “Grand Sahara”, Abou al-Hammam, est filmé de profil, alors qu’un guérillero tunisien lit une poésie à la gloire du djihad, pendant que passe lentement un véhicule de type militaire, recouvert de branchages, surmonté d’une mitrailleuse lourde, avec une dizaine de combattants. Une perte d’influence ?

Contrairement aux idées reçues, Aqmi est loin de rassembler tous les mouvements islamiques armés. Son idéologie d’un djihad qui embraserait tout le Sahel et une partie de l’Afrique subsaharienne contrarie les stratégies locales. Déjà les groupes islamiques touaregs ont pris leur distance avec Aqmi. La libération des otages d’Arlit a été le fruit d’un long processus de négociations entre Touaregs et agents de la DGSE.

Assiste-t-on à une perte d’influence d’Aqmi, obligée de composer avec les groupes djihadistes arabes installés dans le sud libyen ? Quant à Aqmi en Algérie, elle est réduite à la portion congrue. L’Emir suprême, Abdelmalek Droudkel, se terre dans ses montagnes de Kabylie, avec une poignée d’hommes.

 

 

Le nouvel Obs

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