Mali: la paix dans le Nord échoit à Modibo Keïta, nouveau 1er ministre

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modiboAu Mali, la passation de pouvoir a été effectuée vendredi 9 janvier entre Moussa Mara et Modibo Keïta, son successeur au poste de Premier ministre. Moussa Mara a officiellement démissionné, à la demande du Président IBK, après seulement neuf mois passés à la Primature. Le nouveau Premier ministre Modibo Keïta va notamment devoir régler la question du Nord, un dossier qu’il connaît parfaitement.

Qu’ils y soient favorables, ou qu’ils le regrettent, les Maliens s’attendaient au départ de Moussa Mara. « Cela ne m’a pas surpris, on s’attendait à sa démission depuis assez longtemps. Certains le souhaitaient au niveau du RPM », le parti du président de la République, parce qu’ils ne pouvaient pas concevoir que Moussa Mara soit Premier ministre alors qu’il n’était pas du parti. « Il y avait la pression du parti et aussi la pression de l’opposition… Les choses ne bougeaient pas. Personnellement je ne le regrette pas : il (était de) bonne foi mais pilotait à vue » explique ce Bamakois. « C’est une bonne chose, on veut un changement dans ce pays, la vie est chère… Il y a eu le problème du Nord…» ajoute un autre.

Le choix de Modibo Keïta, ancien Premier ministre, jusqu’ici en charge des négociations pour la paix dans le Nord, pour succéder à Moussa Mara est globalement bien accueilli. « Je pense que c’est quelqu’un de très sage, c’est quelqu’un de chevronné, nous souhaitons qu’il réussisse » réagit un habitant de la capitale. « Nous ne pouvons que souhaiter la bienvenue au nouveau gouvernement ».

Le dossier du Nord prioritaire

Le nouveau Premier ministre malien connaît sur le bout des doigts le dossier du Nord puisqu’il était, avant sa nomination à la primature, Haut représentant du chef de l’Etat malien aux négociations. D’ailleurs il n’y a pas encore eu de nouvelle nomination à ce poste à ce poste. Mobido Keïta connaît tous les acteurs. Lors d’un round des négociations d’Alger se souvient un responsable d’un groupe armé, il était comme un poisson dans l’eau, aussi à l’aise avec les représentants du gouvernement qu’avec ceux des groupes armés, ce qui fait dire ici qu’à son nouveau poste il fera avancer les choses.

 L’homme sait rester à égale distance des différentes parties quand il le faut. « Les Touaregs, que l’on appelle les rebelles sont en réalité nos frères, disait-il encore il y a quelques jours. Nous devons faire la paix ». Pour lui le temps presse et même s’il n’est pas question d’avoir deux pays sur un même territoire, c’est ce qu’il appelle la « ligne rouge » à ne pas franchir, il faut revoir de fond en comble la gouvernance sur le terrain. Il veut donc pousser à la signature d’un accord afin de réaliser la paix des braves.

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