L’opposition syrienne qualifiée de «traître»

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SWITZERLAND-SYRIA-CONFLICT-TALKSLes grandes puissances ont appelé le régime syrien et l’opposition à saisir l’opportunité «historique» que représente la conférence de Genève II. Mais le ton est rapidement monté.

Le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem a qualifié les représentants de l’opposition syrienne, dirigés par Ahmad Jarba et assis en face de lui, de «traîtres» et d’«agents à la solde des ennemis» de la Syrie.

Burkhalter veut des effets immédiats

Il faut que cette conférence de Montreux ait des effets tangibles et immédiats sur le terrain. Il faut une feuille de route avec un calendrier de mesures, a affirmé mercredi le président de la Confédération Didier Burkhalter à l’ouverture de la conférence sur la Syrie. «Si la volonté est là, c’est possible», a déclaré le chef du Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE) Didier Burkhalter à l’ouverture de la conférence Genève 2. «Nous saluons tous ceux et celles qui ont trouvé le chemin de la Suisse pour parler et dépasser les antagonismes. Votre présence ici est un signe fort et un début prometteur», a déclaré le président de la Confédération. Il a assuré les participants du «soutien inlassable» de la Suisse «dans un processus difficile et d«une nécessité brûlante».

«Ils prétendent représenter le peuple syrien», a déclaré M. Mouallem. «Si vous voulez parler au nom des Syriens, vous ne devriez pas être des traîtres au peuple syrien, des agents à la solde des ennemis du peuple syrien», a-t-il ajouté à l’adresse de la délégation de l’opposition, arrivée en retard et absente lorsque le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a ouvert la séance.

De son côté, M. Jarba, a appelé le président syrien Bachar al-Assad à remettre son pouvoir à un gouvernement de transition. La télévision syrienne a diffusé le discours de M. Jarba en montrant en parallèle des images présentées comme des «crimes terroristes».

Le chef de la délégation représentant l’opposition en exil a accusé les forces du régime de soutenir Al-Qaïda sur le terrain en Syrie.

Sur une note d’espoir

Plus tôt dans la matinée, Ban Ki-moon avait ouvert la réunion montreusienne en lançant un appel à saisir la «grande opportunité» que représente cette conférence. Le Secrétaire général de l’ONU a affirmé que les difficultés sont grandes, mais pas insurmontables. «Après presque trois pénibles années de conflit et de souffrances en Syrie, aujourd’hui est un jour d’espoir», a déclaré M. Ban devant une quarantaine de pays et d’organisations.

S’adressant plus particulièrement aux participants syriens, il leur a suggéré de prendre «un nouveau départ». «Combien de personnes vont encore mourir en Syrie, si nous manquons cette opportunité», a-t-il encore déclaré, exigeant un accès humanitaire immédiat et total.

S’exprimant après Ban Ki-moon, le président de la Confédération Didier Burkhalter lui a fait écho en demandant de saisir cette chance de mettre un terme à un conflit meurtrier. Il faut une feuille de route avec un calendrier de mesures, a-t-il affirmé.

Négociations «ni simples, ni rapides»

A la suite du discours d’introduction, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a pris la parole. Il a estimé que les négociations entre le régime syrien et l’opposition en exil ne seront «ni simples ni rapides».

«Notre objectif commun est de réussir à mettre fin au conflit tragique en Syrie», a également déclaré le chef de la diplomatie russe, qui a dénoncé les «extrémistes venus du monde entier, et qui sèment le chaos en Syrie, et mettent à néant les fondations culturelles et démocratiques du pays, formées durant des centaines d’années».

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry lui a succédé à la tribune, déclarant clairement qu’en aucune manière le président Bachar al-Assad peut rester au pouvoir. «Il n’y a pas de place pour les responsables de ces violences», a-t-il déclaré.

Autant M. Lavrov que M. Kerry ont affirmé leur soutien au communiqué du 30 juin 2012 demandant la formation d’un gouvernement de transition après un cessez-le-feu. Mais leur intervention a montré des divergences quant à la formation d’un gouvernement de transition pour la Syrie.

Doutes iraniens

Grand absent à Montreux, le président iranien Hassan Rohani a déclaré douter du succès de la conférence dite de Genève 2, dénonçant depuis Téhéran la participation de «soutiens des terroristes».

La réunion de Montreux doit aider à préparer la réunion vendredi à l’ONU, à Genève, impliquant uniquement les deux délégations syriennes et l’émissaire spécial de l’ONU et de la Ligue arabe Lakhdar Brahimi.

20minutes.fr

 

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