Litige foncier à Toujounine : Le colonel Oumar Ould Beibacar donne sa version des faits

Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin
Share on whatsapp
Share on print

Litige foncier à Toujounine  beubecarDans leurs livraisons du mercredi 9 juillet 2014, les agences tawary.com et essaha.info ont mêlé mon nom, de façon intempestive, à une affaire de prétendue usurpation de place publique située dans la moughataa de toujounine, dont seraient victimes un nombre de familles, empêchées de ce fait d’accéder à leurs domiciles.
Sans naturellement la moindre appréhension à ce sujet, je reconnais tout de même avoir été surpris de constater qu’on puisse alléguer avec force, et sans preuve, que j’ai profité dans cette ténébreuse histoire, de ma position “privilégiée” au ministère de l’intérieur pour m’approprier illégalement cet espace public.
Par pudeur et orgueil, par vigilance et attachement au sens de l’honneur, il n’est pas dans la tradition des officiers de répondre aux accusations et diffamations, dont ils pourraient être l’objet de la part de milieux malintentionnés ou de certains médias peu scrupuleux quant à la déontologie journalistique.
Mais cette fois-ci – une fois n’est pas coutume- et en raison du caractère doublement significatif de la violation flagrante de cette déontologie et du manque de respect dû aux corps constitués dans un pays qui se respecte réellement, j’ai décidé de déroger à cette règle non écrite et d’user en conséquence de mon droit de réponse en tant que citoyen de la République.
J’espère que l’on aura assez de discernement pour comprendre qu’en privilégiant cette démarche au lieu de recourir à la voie judiciaire, et ce malgré l’offense faite à mon honneur d’officier, et simplement d’honnête homme, je ne fais qu’exprimer ma profonde conviction que le droit à l’information et la liberté de la presse sont des droits fondamentaux et des acquis précieux qu’il faut sauvegarder à tout prix.
Ces précisions étant faites, il serait peut-être utile et édifiant pour l’opinion publique d’avoir un petit aperçu historique sur ma propre situation, façon de montrer la grossièreté des allégations diffusées à travers les sites incriminés et combien je suis étranger à toute pratique de trafic d’influence pouvant peser sur le cours de la justice ou le fonctionnement normal de l’administration.
Qu’il soit dit en passant qu’il s’agit là de pratiques dont ne peuvent s’accommoder ceux qui ont choisi le métier des armes en faisant à la patrie le don de leur personne, et qui ont trouvé dans la rigueur de la vie des casernes, autant de vertus qu’il y’a dans votre idéal de la cité.
J’ai été muté à l’issue de mon cours de guerre, en août 2010, comme conseiller du ministre de l’intérieur et de la décentralisation, suite à une procédure irrégulière qui me prive de facto de mes indemnités de fonction. Installé dans un petit bureau vide comme un temple grec et situé au troisième étage, façon de m’éloigner autant que faire se peut du cabinet du ministre, je me suis retrouvé en chômage technique dans ce département ministériel où je n’étais pas en odeur de sainteté.
En flagrante contradiction avec mon statut de conseiller du ministre, on ne m’a jamais confié de mission et je n’ai jamais été convié pour assister à une réunion du staff, malgré mon assiduité. Les seules fois où J’ai eu le privilège de voir son excellence Monsieur le ministre, c’était toujours par coïncidence sur l’écran de TVM au cours du journal de minuit.
En mai 2013, un fait singulier est venu me conforter dans l’idée d’outsider que j’avais de moi-même et qu’à l’état major de la garde nationale on ne ratait aucune occasion de me rappeler. Après en avoir falsifié les permis d’occuper avec la bénédiction de ses chefs hiérarchiques et la complicité d’un greffier, un brigadier de la garde nationale avait vendu un important domaine foncier que je lui avais confié à l’intérieur du pays.
Le 24-12-2013, le brigadier en question reconnut son forfait devant le juge d’instruction et sur procès-verbal avant de me présenter des excuses et demander pardon en sollicitant un règlement à l’amiable pour éviter la prison. J’avais alors accepté, car j’étais indisposé par la perspective d’un procès avec mon subordonné, fût-t-il gagné d’avance.
Cependant, j’avais cherché vainement à déclencher une procédure disciplinaire contre ce sous officier coupable d’abus de confiance pour lui infliger une sanction exemplaire et bien méritée. Mais le chef d’état major de la garde nationale s’y est opposé et a classé le dossier sans suite malgré d’autres antécédents qui, pour le moins, disqualifient ce brigadier d’appartenir à cette institution d’élite qui s’est toujours distinguée par les hauts faits d’armes, la discipline et l’esprit de corps.

En désespoir de cause, je n’ai même pas pu obtenir du chef d’état major, la mutation de ce brigadier par mesure disciplinaire hors d’un groupement où son comportement, pouvant faire des émules, a porté un très grand préjudice au prestige de la garde nationale et aux valeurs qu’elle a toujours cultivé au sein des troupes en en faisant à la fois sa devise et son originalité.

C’est dire que si ma position “privilégiée”, dont parle la famille du journaliste metteur en scène, Aziz Ould Souvi, ne m’a pas permis d’obtenir mes droits les plus élémentaires, il va de soi qu’elle ne va pas me permettre de profiter des faveurs exceptionnelles que peut procurer la vente d’un espace public très convoité.

Issu d’un milieu modeste mais digne, je suis membre d’une famille de neuf enfants.Notre père nous disait toujours que mieux vaut vivre dignement dans la misère qu’indignement dans l’opulence. Il était un homme honnête, courageux et juste. Il a occupé les fonctions de chef d’arrondissement à Gleibatt Boukeni, actuel Kobeni, et Touil ehl Togba dans le Hodh Elgharbi, à Elghabra actuel Barkéol en Assaba, à Mbagne au Brakna, et à Lexeiba 2 au Trarza.

Notre mère, une femme généreuse et cultivée originaire du Trarza, qui l’a accompagné pendant toute sa carrière administrative jusqu’à sa mort, disait de lui qu’elle ne pouvait le comparer qu’à l’émir des croyants Oumar ibn Abdelaziz, tellement il était juste. Il n’a jamais contracté de dette. Après sa mort il nous a laissé comme héritage une somme de 7000 ouguiyas dans sa poche, reliquat de son dernier salaire, un poste radio, une montre, des livres et un inestimable capital de fierté, de dignité et d’amour pour la justice.

C’est ce trésor que nous avons partagé équitablement entre nous, et nous en avons fait la source d’inspiration de notre ligne de conduite dans la vie. Ainsi sommes nous immunisés contre tout réflexe ou comportement pouvant porter préjudice à autrui, quelle que soit sa nature, convaincus qu’il ne nous portera jamais bonheur, et contre les tentations du ventre si mesquines.

Le journaliste metteur en scène, apparemment en quête de scoop pouvant porter atteinte à l’honneur des officiers, qu’il jette en pâture à l’opinion publique, s’est donc trompé de cible. Il semble avoir été induit en erreur par sa famille et doit en tirer les conséquences s’il lui reste un peu d’honnêteté intellectuelle, ce dont je suis en droit de douter si je le juge à l’aune des contrevérités qu’il semble ériger en techniques d’information comme en témoigne la photo maquillée des manifestants devant la préfecture, utilisée dans son article. Voir annexe 5.

S’agissant de l’ espace contesté par son cousin germain, Mohamed ould Soufi, c’est un terrain de 500 m2 clôturé par un mur en béton de 28 m de long et 18m de large depuis 1995 et contenant une chambre de 12m2 à son angle sud est. Situé sur la route de l’espoir rive gauche, à 65 m à l’Ouest de la Mosquée Salek O. Ely Salem, il est limité au Sud par la route de l’espoir, à l’ouest par une rue de 3m de large, au nord par une rue de 5m qui se termine dans une place publique et à l’est par une place publique. Voir image Google 2002 annexe 1.

Ce terrain a été attribué par le wali de Nouakchott par lettre N°9352 du 15/12/1994. Depuis le 12/12/2001 il appartient à un enfant orphelin nommé Baba Ahmed ould Mahfoudh ould Abeidou dont je suis le tuteur. Son père, un brigadier chef de la Garde nationale, était atteint en janvier 2001 d’une pathologie cardiaque très grave qui a nécessité une opération à cœur ouvert à l’hôpital Henri Mondor de Paris, entièrement prise en charge par ses proches pour un montant de 3 500 000 ouguiyas.

Au cours de l’opération ce sous-officier a succombé laissant derrière lui un enfant unique âgé de 5 ans. L’hôpital a remboursé à la famille du défunt un montant de 1 700 000 ouguiyas. C’est avec ce montant que je lui ai acheté ce terrain et établi à son nom le permis d’occuper N° 1219/WN/SCU du 22 /01/ 2002. J’ai loué la chambre à 7000 ouguiyas pour renforcer la maigre pension de veuve de 10 000 ouguiyas par mois dont bénéficiait sa mère.

Aujourd’hui que Baba Ahmed est devenu majeur, j’ai cherché à le contacter pour lui remettre devant le cadi les documents de propriété de son terrain ainsi qu’une valise contenant des habits et des objets personnels appartenant à son père. C’est ainsi que j’ai appris que Mohamed ould Soufi, l’acteur principal de ce feuilleton, a empêché la mère de l’enfant de l

ouer le terrain à un entrepreneur pour un montant de 30 000 um à l’effet d’y installer un dépôt de briques, sous prétexte qu’il s’agit d’une place publique.

Je suis allé le voir le mardi 8 juillet 2014 et lui ai démontré, photos et croquis à l’appui, que sa thèse de place publique qui bloque l’accès à sa maison et à celles de ses proches ne tient pas la route, et que leurs contestations n’ont aucun fondement légal et n’ont pour but que de valoriser leurs propriétés (voir documents commentés en annexe).

Apparemment satisfait de ma démonstration, Ould Soufi m’a promis de ne plus déranger les parents de l’orphelin, et s’est même engagé à convaincre les autres contestataires. Je lui ai remis à sa demande, une copie du dossier que je venais de lui exposer, à savoir une photocopie du permis d’occuper, et du plan de situation de la zone contestée et une dizaine d’image Google en couleur, du site concerné de 2002 à 2013.

Le même soir, il a contacté son cousin, le journaliste et metteur en scène Aziz O. Soufi, qui semble avoir conçu et exécuté ce mauvais feuilleton qui a commencé le lendemain mercredi 9 juillet devant la moughataa de toujounine et qui s’est terminé devant la présidence de la république, le dimanche 13/07 /2014. Il a eu pour effet immédiat l’interdiction pour l’orphelin de s’approcher de son terrain jusqu’à la fin des investigations, qui n’ont pas évolué depuis déjà un mois.

En conclusion, je dirais à tous ceux que cette affaire intéresse, certains médias en tête, qu’en tant qu’officier de la garde nationale et fils de garde cercle, je crois profondément en l’administration et en la justice de mon pays, même déboussolées par les temps qui courent, et souhaite qu’une solution juste, sauvegardant les intérêts de cet orphelin puisse être trouvée dans les meilleurs délais.

Mais je leur dirais également que les postes que j’ai eu à occuper tout au long de ma carrière, m’ont édifié sur le peu de scrupules d’ordre moral ou religieux dont on fait généralement preuve, surtout quand il s’agit de litiges fonciers ou de gazra, aujourd’hui dans notre société en pleine crise.

Colonel Oumar cheikh Beibacar « conseiller » du

Ministre de l’intérieur et de la décentralisation.

*Lecalame

Actualités connexes