lettre envoyée au Président de la république par la valise diplomatique

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Son Excellence, Monsieur  Mohamed ould Abdel Aziz, Président de  la République Islamique de
     Mauritanie
     
 Excellence, Monsieur le Président de la République
Nous  Mauritaniens de France, éloignés  de notre pays par nécessité, restons toujours tournés  vers lui et contribuons  par nos efforts à son essor économique, social et culturel.
Le recensement de la population que vous avez initié en 2010, qui vise à doter notre pays d’un fichier d’état civil plus  fiable, est pour nous qui  sommes  confrontés quotidiennement à l’Administration française un impératif absolu et nous intéresse au premier plan.
C’est pourquoi, nous avons demandé à plusieurs reprises une commission de recensement en France dans le prolongement de celui de 1998 qui n’avait concerné que peu de mauritaniens  vivant en France. Et vous-même avez été saisi de cette question et avez  alors pris l’engagement, lors de votre interview à kassataya,  qu’une commission de recensement  viendrait en France  en début d’année 2013. Vous avez tenu votre engagement, nous  vous en remercions.
Toutefois, la Commission  avec laquelle nous nous sommes entretenus a décliné les conditions du recensement dont l’une d’elle ne peut avoir notre acquiescement. IL s’agit de l’exigence pour chaque candidat au recensement de la présentation d’une carte de Séjour.
Cette condition  est  juridiquement incongrue, donc inacceptable ni dans son principe ni dans ses effets.
–          D’abord  dans son principe, on ne peut admettre  que les Autorités de notre pays se fondent sur une pièce établie par une Autorité étrangère, en l’occurrence le carte de séjour, pour établir la preuve de la nationalité mauritanienne d’un candidat au recensement sur le territoire mauritanien, puisque le recensement a lieu dans les locaux de l’Ambassade de Mauritanie  qui est un territoire mauritanien en vertu des conventions internationales. En agissant de la sorte, les Autorités se disqualifient, se discréditent  elles  mêmes  et jettent un doute certain sur la validité de nos pièces d’identité alors que rien ne les y obligent , cette condition étant dépourvue de tout fondement juridique  national et international.
Seule donc est acceptable pour nous, la présentation par le candidat au recensement d’une pièce d’identité ( passeport, carte nationale d’identité, copie intégrale ou extrait d’acte de naissance )  établie par une Autorité mauritanienne compétente, nonobstant la possibilité de demander en outre  une quittance de loyer ou une facture d’EDF, ou d’eau ou de téléphone.
 
-Ensuite dans ses effets, cette condition aurait pour conséquence d’écarter du recensement de catégories entières  de mauritaniens :
 
 1 -Ceux  dont les titres de séjour sont en cours de renouvellement, qui ne pourront pas retirer leurs titres, faute de pouvoir présenter un passeport en cours de validité et qu’ils ne pourront avoir faute d’avoir été recensés
2-  Ceux qui sont en cours de régularisation  juridique de leurs situations, qui ne pourront avoir leurs titres de séjour que s’ils présentent un passeport  en cours de validité, qu’ils ne pourront avoir faute de recensement.
 
3- Ceux qui n’ont pas de titres de séjour qui cherchent à régulariser leur situation et qui ne pourront plus le faire, faute de recensement alors qu’ils sont bien mauritaniens et disposent de pièces d’identité valablement établies par les Autorités mauritaniennes.
Tous ces mauritaniens seraient à terme des clandestins, perdraient leur travail et deviendraient apatrides,  une situation que personne ne peut humainement, socialement et politiquement envisager.
Pour toutes ces raisons,  et consciente des troubles que cette perspective pourrait engendrer et Soucieuse de contribuer au bon déroulement de ce recensement, Nous Organisation des Travailleurs Mauritaniens en France (OTMF) vous demandons, Son Excellence, Monsieur le Président de la République
 – D’user de votre influence pour le retrait de cette condition de carte de séjour dans le processus du recensement en France.
 
Veuillez  agréer,  son Excellence, Monsieur le Président de la République, l’expression de nos meilleures salutations.
 
      PARIS   le 25 Février 2013
 

                      OTMF

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