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L’Editorial de Tahalil

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IOMAssez loin de nous. La guérilla imposée présentement par des groupes jihadistes aux militaires tunisiens dans des régions situées pratiquement à l’intersection du centre de la Tunisie et de l’Algérie, fait penser que les groupes d’Al Qaida au Maghreb Islamique (Aqmi) qui étaient au Nord-Mali ont fui les frappes françaises pour se réfugier dans les monts Chaambi et le Kef tunisiens, frontaliers des régions de Tebessa et de Annaba, en Algérie.

Le ministre tunisien de l’intérieur Lotfi ben jeddou qui s’exprimait le 9 mai devant les députés de l’assemblée nationale constituante a indiqué qu’il s’agit de jihadistes venant du Mali, «des vétérans» a-t-il précisé.

Ce qu’il y a de plus redoutable en somme, comme les “Afghans arabes” qui sont revenus d’Afghanistan les début des années 90 et qui sont responsables depuis lors, de ce que nous vivons un peu partout dans le monde arabo-musulman .

Officiellement, 16 militaires Tunisiens ont déjà été blessés par les mines artisanales posées par ces groupes armés qui protègent et délimitent ainsi, le territoire qu’ils veulent occuper, lequel , de part sa position, leur permet de mener des actions en Algérie, en Tunisie, en Libye et de revenir au Nord-Mali quand cela pourrait être envisageable. Notamment, quand les Autorités maliennes poursuivront la politique de l’autruche et que les minorités sentiront que le gouvernement malien n’a pas changé envers elles.

Le retour au bercail des magrébins principale composante d’Aqmi ne règle pas pour autant le problème de la menace. D’autres groupes jihadistes à dominante sahélienne sont restés au Mali et continuent à donner du fil à retordre à l’alliance Franco-Africano-Malienne. Les experts parlent de plus en plus d’un jihadisme noir au Sahel qui vient s’ajouter à celui des Shebab et du Boko haram.

L’arrestation le 7 mai du chef des opérations du Mujao à Gouram (Mali) n’a pas empêché deux opérations kamikaze le 10 mai à Ménaka (300 km à l’ouest de Gao) et à Gossi (185km au sud ouest de Gao) .

Dans la première, le kamikaze était de teint clair, mais pour la seconde, les trois kamikazes étaient de peau noire, rapportent les témoignages. Les jihadistes se manifestent aux extrémités nord-est du Maghreb et du Mali, assez loin de Boujbeiha, Lerneb et Wagadou limitrophes de la Mauritanie . Pour les en chasser, nous n’avions pas attendu les Français ou les Africains. Les groupes armés qui nous ciblaient, ont donc fui leurs sanctuaires et semblent évoluer vers la guérilla urbaine: à Ain Amenas, à Gao et dans les monts Chaambi. Assez loin de nous. On peut respirer?

Cela suffit. L’initiative du président Messaoud Ould Boulkheir est-elle enfin en train d’avancer? Des réactions positives lui ont été réservées tant par la coordination de l’opposition démocratique (COD) que tout récemment par la majorité. Alors à quand cette rencontre de décrispation prévue par l’initiative entre le président Aziz, les dirigeants de la CAP, ceux de la COD et les acteurs de la société civile, laquelle, contribuera à briser la glace en dépit des calculs politiciens qui l’entoureront.

Les problèmes entre les acteurs politiques majeurs en Mauritanie sont essentiellement d’ordre psychologique: avec des préjugés, des rancœurs, des chicanes et des manipulations. Cette rencontre doit avoir lieu pour permettre d’engager le plus rapidement possible les moyens d’organiser des élections crédibles à travers un gouvernement de consensus, la révision de la composition de la CENI ou s’il le faut, la supervision de la communauté internationale.

Ah oui ! si nous continuons à être incapables de gérer nos contradictions alors autant faire appel aux autres : aux voisins et aux amis . Le processus électoral est bloqué depuis plus d’une année. Qui en est responsable? on s’en fout… Cela suffit.

Statistiques et réalité. «Le manifeste des droits politiques économiques et sociaux des Haratines au sein d’une Mauritanie unie égalitaire et réconciliée avec elle-même» rendu publique le 29 avril a livré des statistiques effarantes. Ce Manifeste très différent dans son style, du «Manifeste du negro-mauritanien opprimé» publié en 1986, révèle que les Haratines représentent un peu moins de 50% de la population mauritanienne , fournissent 80% des personnes des plus pauvres , 85% des analphabètes , bénéficient moins de 10% des terres agricoles aménagées, moins de 10% du crédit agricole et ont moins de 1% des villas de haut standing à Nouakchott.

Moins d’une dizaine de parlementaires -relève le Manifeste- sont Haratines sur 151 élus et moins de 15 maires Haratines sur 216 avec 12 % de conseillers municipaux à l’échelle nationale. Au niveau de l’administration c’est seulement deux ministres et secrétaires généraux sur 40. Certaines statistiques sont incontestables alors que d’autres semblent avoir été établies, on ne sait, sur quelle base : Une enquête?

Une étude? Un sondage? Sur quelles sources se basent-elles en fait ? Leurs auteurs ont-ils consulté les archives du ministère de l’Education nationale ? Le fichier bancaire? Le cadastre foncier national? Le cadastre minier ? Le registre national de commerce? Le répertoire des éleveurs? Celui des agriculteurs? Les tableaux de commandement?

Mais en dehors de tout ceci, il y a des faits qui restent indéniables, notamment, la faible représentation nationale (au gouvernement et à la tête des établissements publics) ainsi que l’absence de cette communauté fragilisée par son passé douloureux dû à l’esclavage et ses séquelles, de la haute sphère des affaires : Banques privées, Assurances, BTP, Import-Export, Pêche industrielle, Mines, marchés Gré-à-Gré, prébendes diverses.

L’Etat doit faire un effort sur ce plan là, parce qu’il l’a déjà fait et le fait encore pour d’autres communautés, considérées choyées, mais dont les 2% à peine, ont en effet, profité des systèmes qui se sont succédés en Mauritanie. A chacun son tour donc….Et que ceux qui ont eu la chance d’avoir une longueur d’avance, soient sportifs.

Il n’est pas juste que la richesse ait une seule couleur, car c’est dans de rares cas, qu’elle résulte du travail ou date du temps du commerce caravanier qui prospérait entre Taroudanet-Oued Noun-Awlil , ou Tamdalet-Oued Draa-Aoudaghost-Fleuve Niger, quand il n’y avait pas d’ Etat, pas de droits de l’homme et peu, ou pas, de comptoirs commerciaux européens.

Mais, que fait l’UPR? La rencontre de la mission de revue du FMI avec la presse mauritanienne le 2 mai a été l’occasion d’une révélation qui peut constituer une source de fierté pour les Mauritaniens mais qui ne le fut point. Cette mission était chez nous pour l’examen de la 6ème et der
nière revue du programme- Mauritanie.

Résultat : au regard de ses performances l’économie mauritanienne n’a plus besoin du concours financier du FMI. Il s’agit d’un événement majeur pour notre pays qui s’affranchit pour la première fois depuis 1984 de la précarité financière qui l’obligeait à souscrire à des programmes pour recevoir de l’argent afin de financer ses projets de développement.

“Je tiens à remercier le FMI pour le soutien qu’il nous a apporté en matière de ressources qui va s’achever et pour le soutien qu’il va continuer à nous apporter en matière d’assistance technique et d’aide à la formulation des politiques économiques” a indiqué M. Sid’Ahmed Ould Raiss gouverneur de la BCM lors de cette rencontre. Une déclaration de portée historique qui n’a pas à présent été saluée par personne. Mais que fait l’UPR? Il y a du désenchantement dans l’air.

IOM

Tahalil Hebdo (Mauritanie)

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