Le B737 de MAI : A quel prix ?

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MAI-Mauritania-AirlinesLe Vol L6114 de la compagnie Mauritania Airlines qui devait relier la capitale mauritanienne à la grande métropole marocaine Casablanca ce 9 novembre 2016 a donné de grosses frayeurs aux passagers, tout heureux de prendre l’avion inauguré il y a tout juste trois jours par le chef de l’Etat.

Un joint de la portière aurait été déplacé par le passage forcé d’une civière déréglant le système de fermeture et de pressurisation de l’avion. Les passagers ont été débarqué et les mécaniciens ont du s’affairer pendant trois heures d’horloge pour réparer les « dégâts ».

Evidemment aucune compagnie aérienne n’est à l’abri d’incidents mais celui là indique clairement que nos avions sont aux mains d’amateurs. Cet avion, le 737-800, puisque c’est de lui dont il s’agit, a été acquis dans des conditions douteuses. Tout ce que l’on sait ce sont des informations distillées par des sites spécialisés qui permettent de remonter l’historique d’un aéronef.

« L’Avion immatriculé 5T-CLE a décollé de l’aéroport de Seattle(BFI) le 04 Novembre 2016 et après une escale technique à l’aéroport de Gender (YQX) sur l’ile canadienne de Terre Neuve est arrivé à Nouakchott le 05 novembre 2016. Pour entrer immédiatement en exploitation pour desservir Tunis, Casablanca et Nouadhibou. Ce Boeing 737-88V(WL) est équipé de deux moteurs CFMI CFM56-7BE et aurait été payé selon différentes sources de presse à 96 millions de dollars US. »

On sait seulement qu’aucune opération n’a été enregistrée sur le site officiel du trésor indiquant une telle acquisition, comme on sait encore moins du montage financier, et des négociations qui ont abouti à cet achat. On parle de 50 millions de dollars, don d’un Etat du golf et du reste payé par la SNIM et l’Etat mauritanien.

Comme d’habitude, il y a eu un effet d’annonce d’un “prix catalogue”. C’est connu, les deux gros constructeurs mondiaux gonflent, avec force leurs contrats mais en réalité personne ne paie le prix figurant dans le catalogue. “Jamais un client n’a acheté un avion au prix catalogue communiqué par les avionneurs”, annonce avec un sourire en coin l’expert Richard Aboulafia, vice-président du cabinet américain Teal Group. « les prix annoncés sont de la poudre aux yeux. »

En fait le prix catalogue, est juste un artifice de communication, pour aboutir à des montants de commandes énormes et battre son concurrent. Mais il donne aussi aux constructeurs une marge de manœuvre non négligeable dans les négociations avec les compagnies aériennes.

Les prix de marché estimés par le cabinet spécialisé Ascend pour le magazine Challenges donnent une idée précise: la comparaison entre prix de marché et prix catalogue met en évidence des rabais qui frôlent ou dépassent les 50 % sur tous les types d’appareils.

Selon Wells Fargo, la low cost américaine Southwest, plus gros client du 737 de Boeing, a ainsi obtenu un prix unitaire de 34,7 millions de dollars pour sa commande de 150 737 MAX en décembre 2011. Soit un rabais de 64 %! Ryanair avait obtenu 53 % sur ses 737 en septembre 2001, et assure avoir obtenu au moins autant sur sa dernière commande de 175 appareils. Ce qui bien évidemment est très loin des chiffres annoncés à Nouakchott pour le même type d’appareils.

Cependant l’effort financier de l’avionneur dépend aussi de la situation concurrentielle de ses appareils. Ainsi les discounts sont massifs sur l’A320 classique et le 737 NG, (acheté par Mauritania Airlines) auxquels les clients préfèrent les versions en développement (A320 NEO et 737 MAX), plus sobres en carburant de 15%, ce qui oblige les deux géants à casser les prix.

Pour l’avion de la Mai, qui a payé et combien ? Y a-t-il un intermédiaire ? Par quels comptes ont transité les fonds ? Autant de questions auxquelles un gouvernement, déjà pointé du doigt dans plusieurs affaires, se doit de répondre à moins de faire comme d’habitude la politique de l’autruche.

Mauriweb

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