L’Algérie découvre une cache d’armes près de la frontière libyenne

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arme 123La découverte d’un stock d’armes de haute technologie à Illizi incite les autorités algériennes à renforcer la sécurité le long de sa frontière avec la Libye.

Cette cache d’armes, découverte la semaine dernière dans le désert, se compose de centaines de missiles sol-air, de roquettes, de mines anti-personnel et de RPG.

Selon une source proche de la sécurité, ces armes auraient été importées de Libye.

Cet arsenal était situé à environ 200 kilomètres du complexe gazier de Tiguentourine, site de l’attaque meurtrière lancée l’hiver dernier par des terroristes commandés par l’ancien émir d’al-Qaida Mokhtar Belmokhtar.

“Ce n’est pas la première fois que l’on découvre une cache d’armes à la frontière algéro-lybienne”, a expliqué Abbas Bouaamama, responsable d’Illizi, à Magharebia.

“Contrôler les vastes frontières entre les deux pays ne doit plus être l’affaire de la seule armée”, a-t-il ajouté. “Il est plus qu’urgent d’impliquer la population qui connait mieux que quiconque la région pour sécuriser la frontière.”

Pour répondre à la menace le long de ses frontières avec la Tunisie, la Libye et ses voisins du Sahel, Mali et Niger, l’Algérie déploie des forces de sécurité supplémentaires. Quelque 1500 soldats et gendarmes ont ainsi été envoyés dans la région frontalière avec la Libye au lendemain de la découverte de cet arsenal.

“Ils appuieront les 20 000 autres déjà mobilisés aux frontières est et sud-est”, a déclaré une source proche de la sécurité au quotidien El Watan.

Le gouvernement a également décidé d’augmenter le budget de sa défense. Selon l’ancien ministre des Finances algérien Abdelkader Harachaoui, “la situation dans la région exige du gouvernement qu’il déploie plus de moyens sur les frontières et donc de dépenser plus dans ce domaine”.

“L’armée algérienne doit protéger ses frontières tout en poursuivant son combat contre les groupes terroristes qui sont actifs à l’intérieur du pays”, a expliqué le spécialiste de la sécurité Mourad Sellimi à Magharebia. Cela exigera “des moyens financiers et humains et une logistique très poussée”, a-t-il indiqué.

Dans le cadre de cette initiative sécuritaire, les responsables des frontières algériennes recevront également cinq cents nouveaux véhicules 4×4 pour renforcer la surveillance le long des frontières sud et est ainsi que dans le sud du pays, a annoncé le Directeur général des douanes (DGD) Mohamed Abdou Bouderbala mercredi dernier à Batna.

Présidant la cérémonie de remise des diplômes Hamla-3 à la dernière classe d’agents des douanes, Bouderbala a déclaré que l’Algérie achètera également de nouveaux hélicoptères pour lutter contre les trafiquants.

Le nombre de douaniers passera de vingt mille à trente mille de manière à couvrir l’intégralité du territoire algérien, a-t-il ajouté.

“Les efforts se concentrent actuellement sur une formation de qualité des agents des douanes, pour une meilleure efficacité sur le terrain”, a expliqué Bouderbala.

Mais une chose vient compliquer cette initiative sécuritaire : il n’y a en effet aucun soldat libyen de l’autre côté de cette frontière de quelque mille kilomètres de long.

Ce sont aujourd’hui des milices tribales touaregs, considérées comme proches des salafistes, qui assurent la sécurité de la frontière côté libyen.

“Les éléments composant ces groupes ne portent plus d’uniformes de l’armée régulière”, selon des sources militaires citées par le quotidien El Khabar le 23 octobre. “Nous avons affiché un niet catégorique à leur demande de coopération”, ont ajouté ces sources de l’ANP.

Quelque quatorze milices “salafistes” seraient aujourd’hui actives le long de la frontière libyenne avec l’Algérie.

“Nous ne reconnaîtrons pas ces milices. Il ne faut pas oublier que les jihadistes responsables de l’attaque terroriste de Tiguentourine en janvier dernier étaient originaires de cette région”, ont déclaré ces sources.

L’Algérie n’est pas le seul pays confronté à une hausse de la menace terroriste, a expliqué le ministre des Communications Abdelkader Messahel le 17 octobre.

“Les attaques terroristes à Agadez au Niger, à Tiguentourine en Algérie et à Westgate au Kenya s’inscrivent dans le cadre de cette stratégie destinée à exploiter l’instabilité en Libye, au Sahel et en Somalie”, a estimé le ministre lors d’un forum organisé à Bruxelles.

 

 

Maghrebia

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