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L’Agenda 2063, le présent des Africains

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Une nouvelle année commence. L’Agenda 2063, lui certes, a débuté en 2013 et a encore presque 50 ans pour être réaliser. Mais qu’espérer avec cet Agenda ? Une Afrique prospère, paisible, et juste.Ramata Soré

Par Ramata Soré

 Initié par l’Union africaine, cet Agenda, véritable projet de développement du continent veut travailler avec tous les Africains. Dans cette perspective, l’Union souhaite que les filles et fils du continent, avec l’aide de ceux résidant hors du continent, assument leur propre identité- la conscience d’appartenir à une unité culturelle précise. Et selon l’historien sénégalais, Cheikh Anta Diop, trois facteurs sous-tendent cette identité: celui historique, linguistique, et psychologique. Outre cette identité, l’organisation panafricaine veut que tous les Africains participent à la renaissance du continent. Mais pourquoi donc?

 «La renaissance de l’Afrique signifie qu’une nouvelle civilisation et unique rejoindra bientôt le monde car la civilisation s’apparente à un être organique en développement – elle naît, meurt, et peut se propager,» affirme Jean-Baptiste Natama, Directeur de cabinet de la présidente de la Commission de l’Union africaine.

 La Renaissance implique donc que l’Afrique doit dépendre d’elle-même, entretenir son patrimoine culturel, économique, éducationnel, et spirituel; afin que le continent puisse en jouir et prouver que ce patrimoine est typiquement sien. Et pour être en harmonie avec le reste du monde, l’Afrique se doit d’être aux rendez-vous du donner et du recevoir, du participer et du construire, et surtout de l’action constructive.

 Pour ce faire, estime Mandla Madonsela, Directeur de la planification stratégique à la Commission de l’Union Africaine, les Africains doivent s’engager et accomplir des progrès dans huit domaines-clés:  Grâce à la Renaissance, s’identifier comme Africain. Lutter contre le colonialisme et pour le droit à l’autodétermination des peuples encore sous domination coloniale. Mieux encore: agir pour l’intégration, le développement social et économique. Résultat ?: la paix, la sécurité et la bonne gouvernance détermineront le destin du continent et sa place dans le monde. Mais, ces propos huit points qu’énonnce Mandla Madonsela ne sont-ils pas que des mots ? Au demeurant, comment cette Afrique, naguère havre de paix et de bonheur, peut-elle se mobiliser pour son devenir, son existence, et son bien-être ?

 Libérer l’Afrique

Pessimiste affichée, d’une part, la réalité est ce qu’elle est. Six mois après les célébrations des 50 ans de l’Union, quelles actions concrètes ont adoptèes et appliquèes les présidents africains concernant la visibilité de l’UA ou le devenir de nos differents pays? Pour l’heure, aucun échos sur une action quelconque. Par extension donc, la crainte ici est de voir la mise en application de cet Agenda plombée par le manque de volonté de nos leaders; pire, le désire de toujours dépendent de l’étranger pour survivre. Ce qui bien sûr  fait le nid et le lit du néocolonialisme.

Néocolonialisme et exploitation qui ont toujours cours sur le continent.

 “L’Afrique est notre avenir.” C’est le rapport qu’ont présenté les sénateurs français Jeanny Lorgeoux et Jean-Marie Bockel au président François Hollande, le 29 octobre 2013. Pour ces deux sénateurs, la France “manque de stratégie à long-terme en Afrique.” Conséquence: ils ont élaboré 10 mesures prioritaires à même de renforcer la présence française sur le continent. Encore une fois, l’Afrique est l’avenir de la France. Cette exploitation du continent doit-elle encore continuer?

 En ce 21e siècle, nombreux sont nos pays qui font appel à l’Europe et aux Etats-Unis. Et ces continents, pour soi-disant ramener la paix, maintenir la quiétude sociale, qui disent également apporter la démocratie et l’aide aux populations. Les peuples du Mali, de la République centrafricaine, du Soudan du sud ou de la République démocratique du Congo ne méritent t-ils pas plus d’attention protectrice de la part de leurs dirigeants? Ces peuples n’ont t-ils pas droit de gouter aux retombées des immenses flux financiers issues de l’exploitation éhontée des matières premières de leur sol, qui profitent aux entreprises et populations de l’Europe, des Amériques, etc.?

 Egalement, en ce 3e millénaire, il est traumatisant de voir le continent africain continuer à marquer le pas politiquement, économiquement, culturellement et intellectuellement sur l’étranger. Nos dirigeants ont-ils réllement de la considération pour l’Union? Sur les 54 pays membres de cette organisation, seulement 17 étaient à jour de leurs contributions au 31 décembre 2012, selon le Rapport de la sous-commission des contributions de l’UA.

 Dans ce cas, comment mettre en oeuvre cet Agenda 2063? Thomas Sankara, défunt président du Burkina Faso, de son vivant avait suggéré la création et la mise en oeuvre d’un indice de panafricanité, entre autres: être à  jour des cotisations, participer régulierement aux sommets des chefs d’état, mettre en évidence, dans son pays, les institutions de l’Union africaine, etc.  Ces indices devaient permettre de savoir et apprécier l’estime que chaque dirigeant a pour l’UA. Et en comment par  la mise en application de ces indices,  une lueur d’espoir pourrait sous-tendre la concrétisation prochaine des 8 actions clés de l’Agenda 2063. Mieux. Battre en brèche ce pessimisme affiché.

 Une Afrique qui appartient aux Africains, et non aux Français, aux Chinois, encore moins aux Américains, passe sans aucun doute, par la prise en compte des besoins des populations africaines, comme le dit l’Agenda. Car, les stratégies pour mieux piller l’Afrique ne cesse de se renforcer. Et pour contrer cette action destruction de nos espérances, la réaction contre les discours déconsidérant l’africain s’impose. Et, la réaction des dirigeants africains commencent on ne peut plus forte. 12 octobre 2013. Vague de mauvaise humeur. Les dirigeants africains, presque tous, ont dénoncé et condamné le harcèlement judiciaire exercé de facto par la Cour la pénale internationale. Mais, faut-il que l’intégrité des plus hautes personnalités de nos Etats soit attaquée pour qu’ils se rendent compte qu’ils ont été souvent et pendant longtemps utilisés dans un système dont ils ne mesurent ni les tenants ni les aboutissants?

 Puiser dans l’héritage légué

La nouvelle civilisation africaine que veut faire naitre l’Agenda 2063 peut se forger sur le socle de l’héritage africain. Rien de plus. La Charte du Manden proclamée depuis le 12e siècle dans le grand empire du Mandén est l’un des plus vieux textes au monde ayant traité les droits et liberté fondamentaux des peuples. Depuis 2009, l’UNESCO a inscrit cette charte au patrimoine immatériel de l’Humanité. La reconnaissance de ce document confirme, à ne point douter, la valeur juridique et la portée universelle des civilisations de l’Afrique au sud du Sahara. Mais puiser dans le passé suffit-il à voir cet Agenda 2063 devenir réalité ?

 Comme le disait bien l’ancien président du Burkina Faso, Thomas Sankara, pourêtre  le maitre de son destin, passe nécessairemet par un “engagement” et un “sacrifice.” Car si Nelson Mandela a lutté toute sa vie pour une Afrique du Sud extirpée de l’apartheid, Steve Biko, lui y a laissé sa vie. Si au Congo, Patrice Emery Lumumba a vu son corps fondre dans de l’acide pour une Afrique totalement libre, indépendante, et prospère, Thomas Sankara, lui, a été vilipendé par les siens avant d’être assassiné. La raison? Il voulait offrir une vie digne et agréable à son peuple. Et la mort a été le prix fort qu’il a du payer pour son engagement. C’est donc le sacrifice et l’engagement individuel et collectif qui devraient, comme le souhaite la présidente de la Commission de l’Union africaine, Dlamini-Zuma, une Afrique épanouie pour les 50 prochaines années. Egalement, tous unis et solidaires, 2063,verra une Afrique épanouie et rayonnante, pour nos descendants.

 

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