La lutte contre la gabegie est un choix stratégique du Président de la République dit le PM

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pmLe Premier ministre, Monsieur Yahya Ould Hademine a souligné qu'”il n’y a pas de tergiversation dans la concrétisation du choix du Président de la République Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz de lutter contre la gabegie”. Le Premier ministre a fait cette déclaration au Palais des Congrès lors de sa rencontre avec les ordonnateurs du budget des différents départements ministériels.

Il a précisé que “la lutte contre la gabegie est un choix stratégique du Président de la République en raison de sa profonde conviction que la gabegie est un obstacle au développement et que les moyens gigantesques qui ont été dilapidés dans le passé ont représenté un fardeau pour le peuple mauritanien en raison du surendettement du pays qui n’a donné aucun résultat à cause justement de la gabegie qui a influé négativement et de façon directe sur la moralité publique ayant fait que cette dernière justifie le fléau et protège les prévaricateurs”.

  1. Yahya Ould Hademine a insisté sur le fait que la lutte contre la gabegie est une option incontournable mais requiert la complémentarité des efforts sociaux, politiques, culturels, moraux et pédagogiques aux côtés des efforts de l’Etat et de ses institutions de contrôle.

Il a encore dit que l’objectif de cette réunion est de prendre contact avec les responsables de l’Etat et de ses programmes pour les informer des orientations en matière de gestion des ressources publiques et de lutte contre la gabegie afin de les appliquer.

Le Premier ministre a affirmé que les responsables de l’Etat, à tous les niveaux, constituent une chaine dont chaque maillon est concerné par l’exécution des missions et politiques de l’Etat et que tout déséquilibre au niveau de chaque maillon va influer sur les performances de l’ensemble du système.

Il a rappelé que le Chef de l’Etat a, depuis la prise en mains de ses fonctions, “donné des instructions pour prendre toutes les mesures afin de lutter contre la gabegie dans toutes ses manifestations et à tous les niveaux”. Dans ce cadre, des pas ont été franchis aux plans institutionnel, juridique et des procédures.

Il a ajouté qu’au niveau institutionnel, des institutions de contrôle ont été créées et dynamisées comme la Cour des comptes, l’Inspection Générale de l’Etat (IGE), l’inspection générale de finances, le Contrôle général de l’Etat, les contrôleurs financiers des départements ministériels, les inspections internes au niveau de chaque ministère.

De même, des structures pour la transparence dans les secteurs des mines et des pêches maritimes ont vu le jour.

Le Premier ministre a dit que pour ce qui est du volet juridique, des lois qui renforcent la lutte contre la gabegie ont été adoptées mettant en place des règles de gestion qui limitent la marge des prévaricateurs et facilitent le contrôle, cela en plus d’une meilleure organisation des procédures de passation des marchés publics qui va mettre fin à la gabegie au plan de l’exécution des projets.

Il a précisé que des inspections régulières sont menées au niveau de la plupart des services publics, ce qui a donné des résultats concrets permettant la restitution de montants substantiels à l’Etat d’une part et de limiter les dépassements effectués généralement par les gestionnaires d’autre part; et ce, en plus de la maîtrise du fonctionnement et du contrôle des marchés publics par les commissions sectorielles et l’autorité de régulation.

  1. Yahya Ould Hademine a indiqué que les dépenses qui étaient à l’origine de la dilapidation des deniers publics ont été supprimées ou réduites tout comme les budgets de fonctionnement, les véhicules publics, le recrutement clientéliste et l’anarchie administrative.

Il a souligné qu’en plus de cela, la lutte contre la gabegie continuera à avoir besoin d’être renforcée à tous les niveaux, insistant sur la nécessité, pour les gestionnaires, d’être respectueux des consignes données matière de bonne gestion et d’amélioration des performances du service public.

Au sujet des ressources allouées par l’Etat à ses projets, programmes et activités diverses, le Premier ministre a dit qu’elles doivent être dépensées conformément aux objectifs qui leur sont fixés et avec toute la transparence et la responsabilité requise, non pour servir les intérêts personnels étroits. L’application de ces décisions et instructions officielles émanant de l’Etat doivent également, dit-il, être une partie essentielle des missions des responsables publics qui doivent veiller à les mettre en oeuvre et appliquer.

Les efforts entrepris pour se passer des services des personnes fictives qui ne présentent aucun service à l’Etat et pour éradiquer le phénomène de la multiplicité des fonctions et postes a permis de rendre disponible annuellement au niveau du budget 2 milliards 700 millions d’ouguiya, soit une offre de 1500 nouvelles opportunités d’emplois, ce qui impose de poursuivre de tels efforts.

Les opérations d’inspection et de contrôle des deniers publics se poursuivront pour dépasser le domaine financier afin d’englober toutes les autres manifestations de la gabegie, une maladie qui se propage si elle n’est pas traitée à temps et efficacement.

Le Premier ministre a mis en garde contre toute dilapidation, sous quelque forme que ce soit, des ressources publiques à travers le choix des fournisseurs regrettant que certains ont les mêmes fournisseurs avec lesquels ils se déplacent d’un département à l’autre.

Il a déclaré à cet égard que la plupart des mauritaniens soutiennent la politique de l’Etat en matière de lutte contre la gabegie en dépit de l’existence de deux groupes dont l’un en tirait profit et se trouve ainsi touché dans ses intérêts et l’autre qui doute de toutes les réalisations accomplies dans le pays pour une raison qui lui est est propre.

  1. Yahya Ould Hademine a souligné la nécessité d’arrêter tout recrutement ou mise à la retraite en dehors de la règlementation et d’œuvrer à adapter les ressources humaines aux besoins du travail dans les secteurs publics. Il a relevé que certains établissements publics souffrent d’un surplus d’employés peu aptes face à un déficit marqué de compétences, ce qui requiert de revoir cette situation pour la régulariser.

Il demanda, dans ce contexte, de redynamiser le système de l’évaluation administrative et d’appliquer le principe de la sanction et de la récompense, permettre aux collaborateurs d’exercer leurs prérogatives et poursuivre le contrôle et l’évaluation du travail avec esprit d’équipe.

Il est important, ajoute -t-il, que les responsables aient conscience qu’ils sont partie intégrante d’un système qui a consacré ses efforts et son temps à la renaissance de ce pays et à réaliser son développement global dans toutes ses dimensions et qu’ils sont responsables directement, aux plans administratif et moral, de réaliser ses grandes missions nationales.

Le Premier ministre a donné, chiffres à l’appui, les données qui confirment le bond en avant réalisé par le pays, suite à l’adoption de la politique de lutte contre la gabegie, relevant l’augmentation du PIB de 700 milliards d’ouguiya en 2008 à 1600 milliards actuellement.

Il a précisé que le budget de l’Etat a augmenté également passant de 240 milliards d’UM en 2008 à 460 milliards en 2016 et le budget d’investissement est passé de 32 milliards en 2008 à 124 milliards en 2016.

  1. Yahya Ould Hademine a conclu que toutes les réalisations accomplies dans l’ensemble du pays ne sont pas le résultat de ressources nouvelles mais le fruit d’une politique gouvernementale sage et rationnelle qui a conscience de l’importance de la responsabilité et que la gabegie est un obstacle de fond au processus de développement.

Il a encore dit que si la gestion du pays se faisait, depuis 30 années à la manière actuelle, nous aurions franchi de grands pas sur la voie du progrès et du développement. La réunion s’est déroulée en présence de membres du gouvernement, des présidents, des conseils d’administration, des directeurs des établissements publics, des ordonnateurs du budget des différents départements ministériels des établissements, projets et programmes et institutions publiques dans le pays.

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