La fortune de Daech s’élèverait à près de 2000 milliards d’euros

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267-chro-3Le groupe Etat islamique (EI) possède un trésor colossal. Une étude du Centre d’analyse du terrorisme (CAT), que révèle le magazine Challenge, l’EI disposerait d’un bas de laine de 2 200 milliards de dollars. Soit 1 937 milliards d’euros, l’équivalent, à quelques milliards près, de la dette de la France.

Selon le think tank européen fondé en 2014, Daech a accumulé 200 milliards de plus en une année. Et ce n’est pas tant le pétrole qui fait désormais sa fortune, mais l’impôt. Selon les auteurs du rapport, Jean-Charles Brisard et Damien Martinez, cette hausse provient de l’emprise de plus en plus grande du mouvement fondamentaliste en Syrie.

En faisant main basse, début septembre, sur les champs pétrolifères de Jazal, les jihadistes sont parvenus à la tête de 80% de la production pétrolière syrienne, contre moins de 10% de la production irakienne.

Et pourtant, selon ce rapport, la manne financière obtenue grâce au pétrole aurait presque été divisée par deux — un milliard de dollars en 2014, 600 millions de dollars en 2015 — du fait des bombardements de la coalition internationale qui complique le transport de l’or noir.

En un an, c’est l’impôt qui est devenu la première source de revenus pour Daech, passant de 360 millions de dollars à un milliard de dollars, selon le CAT. « Daech a de plus en plus recours aux taxes forcées et aux extorsions de fonds.

Dans la province de Ninive (Irak) qui comprend Mossoul, l’EI ponctionne 50% du salaire des 60 000 fonctionnaires de la région. Cela génère entre 500 et 600 millions de dollars par an », explique Jean-Charles Brisard au magazine.

Selon les deux spécialistes du terrorisme, 5 à 10% des importations de coton en Turquie proviendraient aussi de champs contrôlés à près de 90 % par Daech dans le nord de la Syrie. Le groupe EI gagnerait aussi un peu d’argent en vendant du gaz, du blé, de la drogue. Les donations de ses partisans sont aussi une ressource.

On sait enfin, depuis un rapport de l’ONU paru en août dernier, que les jihadistes pratiquent bel et bien le commerce d’esclaves de manière très organisée, avec une grille de tarification précise : les enfants de moins de 10 ans sont vendus 150 euros, les adolescentes environ 110 euros, les femmes entre 20 et 30 ans environ 70 euros.

Ce qui démontre que ce n’est pas la force de travail qui fait la valeur, mais la possibilité de laver les cerveaux. Plus ils sont jeunes et malléables, plus ils coûtent cher.

Comment Daech vend-il ses marchandises ?

On se demande souvent comment une organisation terroriste parvient à vendre une ressource si scrutée qu’est le pétrole. Pour y parvenir, les islamistes s’appuieraient sur des réseaux criminels de contrebande kurdes, jordaniens et turcs. Dissimulé dans les exportations officielles, la provenance du pétrole de l’EI, une fois raffiné en Turquie, deviendrait impossible à distinguer.

Selon le Centre d’analyse du terrorisme (CAT), le groupe EI contrôlerait aujourd’hui 130 banques, uniquement des établissements de dépôts réservés au marché intérieur. « Les paiements de l’EI se font grâce au système du Hawala, explique Jean-Charles Brisard. L’argent transite grâce à des réseaux de change.

Une personne confie de l’argent à un agent qui se met en relation avec un autre agent proche du destinataire de la somme. C’est lui qui verse alors l’argent moyennant une commission ». Ce système financier basé sur des intermédiaires, serait apparu au VIIIe siècle sur les grandes routes d’échange, de la soie et des épices.

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