Journalistes tués au Mali : au moins 35 arrestations en deux jours

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soldat-francais-au-maliLes deux journalistes français de RFI enlevés et tués samedi au Mali ont «été assassinés froidement» par balles, par des «groupes terroristes», a annoncé dimanche le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius. | –

 Les cercueils militaires en métal ont été transférés dans le pavillon de réception de l’aéroport en présence d’une vingtaine de proches et autant de salariés de RFI. A l’écart des caméras, les familles ont été reçues par François Hollande qui était aussi venu, selon l’Elysée, les «accompagner dans leur douleur». A RFI, puis à l’Assemblée nationale, une minute de silence a été observée à leur mémoire.

Au Mali, l’enquête progresse. «Au moins 35 personnes ont au total été arrêtées depuis (le début des, Ndlr) investigations, nous mettons tout en œuvre pour faire avancer les enquêtes», a affirmé une source sécuritaire malienne.  Un documents, comprenant notamment des numéros de téléphone, a été retrouvé dans la voiture abandonnée par les ravisseurs près des deux corps.
 
«Cette pièce a permis d’identifier un premier individu déjà fiché, en 2010, comme un membre d’Aqmi, et de remonter sur deux autres membres du commando. Il est vite apparu que ces trois personnes étaient connues des services de renseignement français en opération au nord du Mali», selon «Le Monde». Le quotidien affirme que les renseignements français ont réussi à mettre un nom sur trois des quatre ravisseurs, qui auraient combattu au sein de la katiba d’Abdelkrim al-Targui, l’un des chefs d’Aqmi.

> Suivez les événements de ce mardi:

20h10. Des numéros de téléphone trouvés dans le 4X4. «Dans la voiture abandonnée non loin du lieu du crime, de précieux numéros de téléphone ont été trouvés, ce qui est un détail important», indique une source administrative de Kidal, la ville où ont été enlevés les deux journalistes. Selon une source sécuritaire malienne, «les preuves s’accumulent». «Nous avons plus que des indices, des sous-traitants (ceux qui enlèvent des otages pour le compte d’un groupe armé, NDLR) actuellement en prison pour une affaire d’enlèvement d’otages français en 2011, ont également permis de prendre de bonnes pistes dans l’enquête», ajoute-t-elle.

19h50. Au Mali, au moins 35 arrestations ces dernières 48 heures. C’est ce qu’affirment à l’AFP des sources sécuritaire et administrative maliennes.

19h10. Le «pick-up des ravisseurs était en panne», selon «Libération».  Une défaillance du véhicule pourrait expliquer l’exécution des deux journalistes de RFI, à quelques kilomètres du lieu du rapt : c’est la thèse du quotidien étayée par «des sources concordantes». Les ravisseurs auraient ensuite abandonné le pick-up. A Paris, un responsable gouvernemental a confirmé la panne tout en affirmant : «On ne sait pas encore quel lien cela a avec les faits».

18h25. Trois des quatre ravisseurs identifiés, selon «Le Monde». Grâce à un document découvert dans le véhicule trouvé près des corps des deux journalistes, les renseignements français ont  réussi à identifier trois des quatre ravisseurs, selon «Le Monde». Tous trois  feraient partie du même clan familial et n’auraient pas été interpellés dimanche. Les services secrets français auraient interrogé à plusieurs reprises ces hommes qui auraient combattu au sein de la katiba d’Abdelkrim al-Targui, l’un des chefs d’Aqmi.
 
Des proches de ces suspects «sont actuellement détenus à Bamako, ce qui a fait émerger un motif éventuel de cette action menée contre les journalistes», poursuit le quotidien. «Le nom du chef des ravisseurs était, par ailleurs, déjà apparu dans les recherches sur l’enlèvement, le 24 novembre 2011, à Hombori dans le nord du Mali, de Philippe Verdon, retrouvé mort le 6 juillet, et de son collègue Serge Lazarevic, toujours détenu», selon «Le Monde».

18 heures. Daniel Larribe : «Nous n’avons jamais craint pour nos vies»
Après son passage lundi au journal de 20heures sur France 2, Daniel Larribe s’est entretenu avec Etienne Leenhardt, rédacteur en chef du service enquêtes et reportages de France 2 qui rend public sur Francetvinfo «quelques anecdotes et quelques révélations». A propos de l’opération Serval : «Au début, j’ai cru que les avions qui survolaient la région étaient algériens. Et puis nos ravisseurs parlaient de Rafale, Rafale… Les premiers bombardements français ont été très violents, à tout juste 1,5 km de là ou nous étions», raconte Daniel Larribe. «Paradoxalement, c’est à ce moment-là que notre vie a été le plus en danger.»

Sinon, explique-t-il, «on mangeait comme eux, on vivait comme eux. On s’habillait comme eux. On portait la barbe, sauf pour enregistrer les vidéos. Là, ils nous demandaient de nous raser. C’était un peu chacun chez soi. Mais nous n’avons jamais craint pour nos vies». «Nous ne recevions aucune information du monde extérieur, sauf lorsque nous croisions d’autres otages, notamment Marc Feret et Pierre Legrand, qui étaient détenus par un autre groupe. Eux écoutaient RFI de temps en temps. Je n’ai appris l’élection de François Hollande que neuf mois plus tard…», poursuit l’ex-otage d’Arlit
 

 

15h55. Aurélie Filippetti salue «deux immenses professionnels». La ministre de tutelle de RFI déclare avec émotion que «ces journalistes sont morts en héros pour que continue à vivre l’exigence de la liberté d’information.

15h16. Laurent Fabius : «Ce que souhaite le gouvernement d’abord, c’est que les auteurs soient châtiés». «Etre journaliste, c’est être exposé. Il y a un commando qui a ravi deux journalistes et qui les a assassinés. «Il faut maintenant les rattraper et les châtier» martèle le Ministre des Affaires Etrangères. 

15h10. «Un crime contre la démocratie» pour Jean-Marc Ayrault. «Le président de la République a réaffirmé la volonté farouche de la France de ne pas laisser ces auteurs impunis» affirme le Premier ministre. «Ce crime, c’est vrai c’est un crime contre les journalistes. C’est un crime contre ces personnes mais c’est aussi un crime contre la liberté d’informer et la démocratie» estime l’occupant de Matignon.

15h05. Jean-Louis Borloo (UDI) : «Nous voulons dire à leurs familles l’émotion qui nous submerge aujourd’hui. «Cette émotion vient de loin». Et d’égrainer les journalistes disparus en 2013. 

15 heures. La session de l’Assemblée nationale s’ouvre sur un hommage aux reporters assassinés. Les députés respectent une minute de silence par respect pour les victimes et leurs familles.

VIDEO. Minute de silence à l’Assemblée

Le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, déclare que «la France entière a été bouleversée par cet acte de barbarie. En votre nom à tous j’adresse les condoléances de la représentation nationale aux familles des victimes».

13 h 45. Une quarantaine d’arrestations près de Kidal. Selon une information de BFM TV, l’enquête progresse sur la mort des deux journalistes tués à Kidal et une quarantaine de personnes aurait été interpellées par les forces françaises et maliennes dans cette région située au Nord du Mali.

13 h 30. Des syndicats de RFI demandent une commission d’enquête parlementaire. 
Trois syndicats de journalistes, le SNJ, le SNJ-CGT et la CFDT-journalistes, appellent «à la formation urgente d’une commission d’enquête parlementaire» sur l’assassinat. Ils ont remis une lettre en ce sens au président du Sénat, Jean-Pierre Bel (PS). Cette lettre doit être adressée par courrier à son homologue de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone (PS).


«Pourquoi la force Serval en place au Mali ne les a pas protégés et a refusé de les transporter ? Est-il exact qu’un appareil militaire (hélicoptère et ou avion) a survolé la zone sans trouver leur trace ? Quels sont les commanditaires de l’assassinat des deux salariés de RFI? Comment ont-ils pu être kidnappés à Kidal, sans réaction immédiate des forces présentes?», demandent-ils.

12 h 50. El Watan avance la thèse d’une bavure militaire. Le quotidien algérien citait dès lundi des témoignages, à Kidal, accréditant la thèse d’un tir ami venant d’un hélicoptère français qui aurait abattu les ravisseurs et les otages en voulant les bloquer. Son site reprend cette information aujourd’hui. 

12h35. Une journaliste de RFI décrit les événements de samedi. Christine Muratet était sur place et a appris l’enlèvement par un officier togolais de la Minusma. Elle détaille l’envers du décor et la mise en place rapide d’un dispositif sur place.

12 h 30. Les salariés de RFI respectent une minute de silence au siège de France Médias Monde à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). La PDG du groupe Marie-Christine Saragosse doit prendre la parole devant les rédactions.

10 h 30. Sept policiers français au Mali. Une équipe d’enquêteurs français est présente depuis lundi au Mali pour faire la lumière sur la mort de Ghislaine Dupont et Claude Verlon. Selon les informations d’Europe 1, l’équipe envoyée au Mali est composée de sept policiers. Trois fonctionnaires de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) seront chargés du contact avec les militaires français et maliens. Deux membres de la sous-direction anti-terroriste (Sdat) vont de leur côté réinterroger les témoins de l’enlèvement et participer à l’audition des suspects arrêtés ces dernières heures. Deux experts de la police technique et scientifique ont quant à eux apporté dans leurs bagages plusieurs valises de matériel, avec tout le nécessaire pour quadriller la scène de crime et relever des empreintes.

9 h 45. Les cercueils transférés à l’institut médico-légal. Après la cérémonie à Roissy en hommage aux deux journalistes, les cercueils sont transférés à l’institut médico-légal de Paris. Les corps des deux journalistes doivent faire l’objet d’une autopsie dans le cadre de l’enquête ouverte par la justice française.

9 heures. François Hollande quitte l’aéroport de Roissy. Le président de la République François Hollande, présent à Roissy depuis près d’une heure et demie pour rendre hommage aux deux journalistes de RFI, quitte l’aéroport sous la pluie. La cérémonie dans le pavillon d’honneur prend fin.

8 h 45. «C’est la France qui a été atteinte». Présente à Roissy, au côté notamment de François Hollande, Aurélie Filippetti dit toute la détermination à défendre la liberté de la presse. «La mort de ces deux journalistes de RFI a porté un coup très dur à tous les Français, qui savent que ces deux personnes sont mortes pour la liberté d’information», affirme la ministre de la Culture. «C’est la France qui a été atteinte à travers eux. Ils sont morts en héros de liberté de la presse et de la démocratie. La liberté de la presse est une des pierres angulaires de toute société démocratique. C’est au nom de ses valeurs, de ses combats, qu’ils sont tombés sous les coups d’assassins froids qui les ont exécutés. Il faut que l’information continue. La liberté de la presse ne doit pas céder face au terrorisme, face aux assassins.»

8 h 40. Cinq personnes «susceptibles de donner des informations». L’ambassadeur du Mali en France assiste également au retour des corps des reporters. Selon Christophe Deloire, directeur général de Reporters sans frontières (RSF), celui-ci a indiqué que «les cinq personnes arrêtées au Mali ne sont pas suspectes, mais susceptibles de donner des informations». Selon les informations de RFI, les cinq personnes arrêtées par l’armée française ont été transférées sur la base de Gao. L’interpellation de suspects lundi a donné lieu à de nombreuses interrogations et contradictions. Selon la gendarmerie malienne, une dizaine de personnes auraient arrêtées. Ce qu’a très vite démenti le ministère de la Défense français.

L’ambassadeur du Mali en F nous affirme : “les 5 personnes arrêtées ne sont pas suspectes, mais susceptibles de donner des infos”

8 h 30. Hervé Morin évoque un possible enlisement au Mali. Interrogé sur radio Classique, le président du Nouveau Centre, ancien ministre de la Défense, déclare sur l’intervention française au Mali: «J’ai toujours dit que nous y étions pour longtemps, comme au Tchad».

8 h 20. Fabius veut «châtier» les assassins. «J’espère qu’on va les attraper vite et les châtier», déclare le ministre des Affaires étrangères sur RFI. «Ce sont des gens qui n’ont aucune humanité et aucun respect de la liberté. Ils écoutent RFI le matin et assassinent les journalistes de RFI l’après-midi.»

8 h 15. Un contingent de 1000 soldats français après les élections. Le contingent français, actuellement de 3000 militaires, va passer progressivement après les élections législatives au Mali, fin janvier, à «un millier de soldats qui auront en particulier des tâches antiterroristes», assure Laurent Fabius. «Tous les terroristes n’ont pas a été neutralisés, en particulier dans la poche de Kidal où la situation est très difficile», confirme le patron du Quai d’Orsay. Interrogé sur l’épineuse question de la sécurisation de Kidal et sur ce que la France était disposée à faire, il asssure que «la décision relève du président (malien) IBK», Ibrahim Boubacar Keïta. «Nous agirons en liaison avec lui», affirme le chef de la diplomatie, rappelant que «Kidal fait partie du territoire malien» et que le «le président IBK élu démocratiquement est celui qui doit prendre les décisions, la France est à ses côtés».

8 h 05. 150 soldats français en renfort. Laurent Fabius annonce que 150 soldats français sont arrivés en renfort à Kidal au Mali, lieu de l’enlèvement et de l’assassinat des deux journalistes de RFI. «Instruction a été donné que 150 militaires partent du sud du Mali pour se rendre à Kidal, ce qui a été fait hier soir», déclare le ministre des Affaires étrangères sur RFI.

8 h 02. Copé soutiendrait Hollande en cas de nouvelle opération au Mali. «Je le soutiendrai parce que je considère que ce sont des moments où nous devons être rassemblés», déclare le patron de l’UMP, interrogé sur iTélé. «Je demande simplement au président de la République d’être totalement transparent sur les conditions dans lesquelles cette opération doit être menée.» Il précise : «Une victoire militaire rapide ne vaut pas une stabilité politique dans la zone sahélienne.»

7 h 50. La famille des deux journalistes continue d’arriver à Roissy. Sous la pluie, de nombreux membres des familles des deux journalistes descendent des bus pour rejoindre le pavillon d’honneur de l’aéroport où se déroule la cérémonie en hommage à Ghislaine Dupont et Claude Verlon. Le chef de l’Etat doit saluer dans la plus grande discrétion l’honneur des deux journalistes de RFI.

7 h 40. Un premier hommage. Selon la volonté des familles des deux journalistes de RFI tués au Mali et de l’Elysée, François Hollande rend hommage à Ghislaine Dupont et Claude Verlon dans la plus grande discrétion du pavillon d’honneur de l’aéroport de Paris Roissy-CDG. Une cérémonie très sobre et émouvante. Il n’y a pas de prise de parole du chef de l’Etat. «La seule présence de François Hollande veut signifier l’hommage de la Nation aux deux journalistes de RFI» déclare l’Elysée.

 

7 h 30. Les corps transférés vers le pavillon d’honneur. Les cercueils contenant les corps de Ghislaine Dupont et Claude Verlon sont transférés depuis l’avion vers le pavillon d’honneur de l’aéroport de Paris-CDG.

7 h 15. Une délégation de RFI accompagne les corps des deux journalistes. Une délégation de RFI, conduite par Marie-Christine Saragosse, la présidente de France Médias Monde, l’entité qui chapeaute la «radio du monde», descend de l’avion qui a rapatrié les dépouilles de ces deux journalistes. La délégation se dirige vers le pavillon d’honneur de l’aéroport pour rejoindre notamment les familles des victimes. La ministre de la Culture et de la Communication, Aurélie Filippetti, est également présente pour ce premier hommage sur le sol français.

7 h 01. Les corps des deux journalistes de RFI sont arrivés à Paris.


6 h 57.  François Hollande arrive à l’aéroport de Roissy. Le président de la République arrive à l’aéroport. Ses premiers mots sont pour les familles de deux journalistes tués au Mali.

6 h 55. Laurent Fabius présent à Roissy. Le ministre des Affaires étrangères est présent à l’aéroport de Paris-CDG en compagnie des familles des deux journalistes de RFI assassinés samedi à Kidal.

6 heures. Des proches des journalistes arrivent à l’aéroport. Des proches des journalistes tués, Ghislaine Dupont, 57 ans, et Claude Verlon, 55 ans, commencent à arriver au pavillon de réception de l’aéroport.

Lundi 23 h 50. L’avion transportant les corps décolle de Bamako. Les cercueils contenant les corps de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, journalistes de Radio France Internationale (RFI), sont embarqués dans un vol de la compagnie Air France qui décolle de l’aéroport de Bamako-Sénou au Mali. Sur l’aéroport de la capitale malienne, le président Keïta s’est incliné en début de soirée devant les cercueils des journalistes qu’il a décorés à titre posthume et sans discours au nom de la Nation malienne.

 leparisien.fr

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