Interdit  le“Salafisme” aux moins de 18 ans ?

Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin
Share on whatsapp
Share on print

salafistes-sera-t-il-interdit-aux-moins-de-18-ans,M296793Pourquoi la Commission en a-t-elle décidé autrement ? C’est que, fait encore plus rare et particulièrement révélateur du climat de tension actuelle, la volonté de restreindre l’exposition du film, voire de l’anéantir, émane du représentant à la Commission du ministère de l’Intérieur.

Lequel aurait carrément réclamé l’interdiction pure et simple de Salafistes – une disposition par ailleurs illégale, la loi prévoyant au maximum une non-délivrance de visa d’exploitation – pour cause d’apologie du terrorisme, d’atteinte à la dignité humaine, etc.

Si la ministre de la Culture, ultime décisionnaire, suit l’avis de la Commission en interdisant effectivement le film aux mineurs, on pourra déclarer sans dramatiser le documentaire mort-né. Condamné à l’invisibilité en salles – quel exploitant prendrait le risque de le programmer dans ces conditions ? – mais aussi à la télévision.

En effet, les chaînes en clair n’ont tout simplement pas le droit de diffuser un film interdit aux moins de 18 ans. Depuis l’an 2000, seulement onze films (dont Baise-moi ou Saw 3) ont reçu cette classification. Pour un documentaire, ce serait une première.

Documentaire de 70 minutes, coproduit par France 3 Cinéma et tourné entre 2012 et 2015 au Mali, en Mauritanie, en Tunisie, en Irak et en Syrie, Salafistes est une plongée inédite dans la galaxie glaçante des idéologues du salafisme, cette mouvance ultra-orthodoxe, minoritaire mais en pleine expansion au sein de l’islam.

Dans le collimateur de la Commission ? Des scènes d’exécutions sommaires issues d’extraits de vidéos de propagande de Daech, mais aussi la vidéo du meurtre du policier Ahmed Merabet par les frères Kouachi aux abords du siège de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015.

Au-delà de ces images très violentes, le film s’articule autour d’une série d’interviews de prêcheurs et doctrinaires salafistes qui, face caméra, expliquent notamment en quoi la démocratie est « un système mécréant par essence », ou pourquoi les meurtres d’un Mohammed Merah font avancer la cause du djihad. Le tout sans voix off ni commentaire didactique. Les auteurs du film assument pleinement la radicalité de leur parti pris : il s’agit pour eux de porter à la connaissance du public l’idéologie dont se revendique Daech. « Le film, c’est leurs propos mais notre point de vue », résume François Margolin.

Dans un contexte d’exception comme celui dans lequel nous vivons depuis les attentats du 13 novembre dernier, la responsabilité morale des réalisateurs serait-elle en train de céder le pas devant un impératif sécuritaire jugé supérieur ? Réponse lundi.

Actualités connexes