Insécurité à Arafat

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crimDans certains quartiers d’Arafat, il est devenu risqué de circuler la nuit. Des bandes de malfaiteurs sillonnent les rues, en quête de proies faciles. Si une personne a la malchance de passer, seule, dans leur ligne de mire, la voici aussitôt ciblée.

Ces bandits vont l’entourer, pour subtiliser le contenu de ses poches, sans que cela ne puisse l’épargner car, elle sera bel et bien battue ; parfois, même, grièvement blessée.

Ces bandits agissent jusqu’à présent, en totale impunité et ont déjà fait plus d’une dizaine de victimes, dont des femmes âgées. Les trois commissariats de police de la moughataa, ainsi que les escadrons de la gendarmerie, semblent afficher la plus totale indifférence aux plaintes et déclarations quotidiennes.

Au quartier Charm El Cheikh, une de ces bandes coupe, chaque soir, les routes, sans aucune inquiétude. C’est dans ce quartier qu’on a enregistré le plus de victimes. De jeunes hommes sont actuellement hospitalisés, suite aux blessures infligées par ses bandits.

Il y a trois nuits, deux jeunes hommes qui se rendaient à une cérémonie de mariage ont eu la surprise de se voir encerclés par quatre gaillards qui leur ont mis poignard au cou. « Videz vos poches, vite ! », se sont-ils vu intimer. Un des gamins tente de faire le héros et le voilà avec un couteau planté au bras.

Les bandits s’emparent du contenu de ses poches et ceux de son compagnon, avant de l’abandonner, baignant dans son sang. Il en va de même en plusieurs autres quartiers périphériques comme Tarhil, Kandahar, Mellah ou Vellouja, ou plus personne n’ose mettre le nez dehors, après la tombée de la nuit. Il est même dangereux de s’aventurer dans certaines zones en plein jour.

Une jeune fille enlevée et agressée à Tevragh Zeïna

Vendredi 15 Novembre, une jeune fille bien habillée et parfumée, descend d’un taxi, devant un café, non loin du Palais des congrès. Alors qu’elle s’apprête à entrer dans le bar, deux jeunes hommes descendent d’une voiture qui suivait le taxi. En une fraction de seconde, ils saisissent la fille, l’embarquent de force dans leur véhicule, malgré ses cris et appels au secours. Aucun passant n’a réagi à ce rapt auquel ils ont assisté indifférents.

Deux heures plus tard, un automobiliste qui revenait de l’hôtel Sabah remarque le corps d’une fille, apparemment inanimé, non loin du goudron. Il s’arrête et accourt. Elle saigne mais, heureusement, respire encore. Il l’embarque aussitôt vers une clinique privée où elle reçoit les premiers soins d’urgence. Une fois revenue à elle, elle raconte que c’est son ancien jules qui l’a kidnappée, avec l’aide d’un ami complice.

Il s’agit du fils d’un ancien haut responsable, fiché pour délinquance. Arrêté à plusieurs reprises et déféré au Parquet, il a toujours été relâché, en raison de l’influence de son père. Selon une source médicale, la victime souffre de multiples blessures. Si l’accusation se révèle fondée, on attend, cette fois, une plus exemplaire sévérité envers l’excessif jeune homme.

C’est tout dernièrement que la jeune fille a délaissé ce flirt, pour se lier à un ressortissant tunisien. Le soir du crime, elle devait rencontrer celui-ci au café sus-évoqué. Effet de mode, sans doute : les jeunes mauritaniennes « branchées » auraient, en effet, actuellement, un faible pour les Maghrébins qui leur rappelleraient le look de certains acteurs de films et feuilletons turcs, comme Mourad Alendar.

Bien évidemment, cela n’excuse, en rien, l’agression dont la jeune fille a été victime mais signale des tensions qu’il conviendrait de mieux prévenir. A cet égard, on signalera, également, la mésaventure de cette famille mauritanienne du quartier E nord, qui hébergeait un tunisien, serveur dans un restaurant de la ville. Amant de leur fille, il en partageait le lit, dans leur propre maison.

Ahmed Lemdessem refait surface

Les habitants des anciens bidonvilles d’Arafat et d’El Mina tremblent toujours, quand on prononce, devant eux, le nom d’Ahmed « Lemdessem ». Ce bandit était la terreur de ces quartiers, les années passées. Malfaiteur longtemps spécialisé dans le vol à main armée, cambriolage et agression, il s’est, pour finir, obnubilé sur le viol et fit des dizaines de victimes.

Son véritable nom est Ahmed Ould M’Barek, il est natif de la kebba Mendez d’El Mina. On l’affubla du sobriquet « Lemdessem » (le gluant, en hassaniya) car il s’enduisait le corps d’huile ou de toute autre matière gluante, avant d’opérer, pour qu’on ne puisse pas l’attraper.

En « taule », jusqu’à une date récente, « Lemdessem » a-t-il bénéficié de la grâce présidentielle, comme tant d’autres criminels ? En tout cas, on parle de sa réapparition, dans la zone où il opérait naguère. A Kandahar, une famille a reçu, il y a quelques jours, la visite nocturne d’un individu qui s’est introduit dans une cabane où il n’y avait que des femmes. Heureusement, l’une d’elles s’est réveillée, juste au moment où il s’en approchait. Elle a aussitôt crié et l’intrus, juste vêtu d’une culotte, s’est enfui, laissant, dans son sillage, une inquiétante odeur d’huile.

A Mellah, une femme qui dormait dans une chambre, avec ses enfants, a été réveillée par l’irruption d’un homme dans sa moustiquaire. Elle a cru, au début, qu’il s’agit de son mari qui dormait dans la véranda. Mais l’intrus essaie de la bâillonner, elle crie et son mari accourt. L’indésirable visiteur parvient à s’enfuir. Cependant, plusieurs indices, dans ces deux cas comme en d’autres, pointent la probable signature d’Ahmed « Lemdessem ».

 

Le Calame

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