IBK à Nouakchott: que vaut cette coopération sous régionale?

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aziz_ibk_embrassadeOn leur disait en froid après le constat de l’absence du président mauritanien à l’investiture internationale d’IBK du 19 septembre 2013 à Bamako. Mais du 10 au 12 janvier 2014, IBK étonne plus d’un avec sa visite remarquée en Mauritanie.

D’abord par la durée de la visite (3 jours) et ensuite par l’ampleur de la délégation composée de plusieurs ministres et le gratin de la société civile malienne.

Après une brève visite du président Ould Abdel Aziz dans la région de Kayes pour l’inauguration et la pose de première de barrages de l’OMVS en terre malienne, la coopération Mauritano malienne s’active donc jusque dans les poissonneries ultra modernes de Nouadhibou.

Cette brusque et inhabituelle activation d’une improbable coopération sous régionale, nous invite à nous poser des questions sur la stratégie d’IBK envers un pays qui jusque là était resté, comparé à nos autres voisins, en marge de la crise malienne.

Il faut dire que la Mauritanie a été la terre bénie des membres du Mnla et a accueilli beaucoup de réfugiés maliens, point. Mais contrairement au président ivoirien Alassane Dramane Ouatara ou d’autres chefs d’état de la Cedeao, Ould Abdel Aziz n’a jamais levé le petit doigt pour faire quoi que ce soit dans la résolution de la crise du Mali.

Au contraire il s’est transformé en VRP international de la cause Mnla dont il vantait la “légitimité des revendications politiques“. Étonnante posture quand on se souvient de toute la confiance que lui portait ATT jusqu’à lui permettre de combattre sur le territoire malien qui lui voulait et quand il voulait.

Alors transporter une bonne partie de son gouvernement dans un pays dirigé par un tel personnage avant même de stabiliser son propre pays sur le plan sécuritaire est-elle une bonne stratégie? Ou bien IBK croit qu’en mettant en garde verbalement les groupes armés du Mnla largement soutenus par la Mauritanie devant Ould Abdel Aziz, il réduirait les ardeurs Machiavéliques de ce voisin encombrant du Sahel?

J’ose espérer qu’IBK cherche à couper l’herbe sous les pieds des dirigeants du Mnla en leur privant du soutien mauritanien par une diplomatie active auprès de la Mauritanie. Mais je reste septique quand à la bonne foi d‘Ould Abdel Aziz envers le Mali, jusqu’à preuve du contraire.

Et j’espère très sincèrement que les tête-à-tête de Nouakchott n’ont pas dévoilé toutes les stratégies maliennes de stabilisation et de pacification du nord de notre pays car ce serait une erreur de débutant très grave qui risquerait de se payer cash.

À la place d’IBK j’accentuerais la coopération avec un pays comme la Côte d’ivoire ou le Ghana qui ont tout à nous offrir (énergie, port, marché) plutôt que de s’aventurer dans un jeu de dupe avec la Mauritanie. Car en analysant l’attitude de la Mauritanie des deux dernières années, on peut affirmer, sans risque de se tromper, que le Mali n’a aucune visibilité claire de ce que ce pays serait capable demain.

Alors aller supplier les réfugiés de Mauritanie de rentrer sans même désarmer le Mnla qui est quand même le fauteur de trouble numéro un au Mali, en dit long sur l’erreur stratégique d’IBK sur la stabilité et la sécurité du Mali.

Le nord du Mali sera stabilisé le jour où nous aurons une armée capable de faire sa mission régalienne comme il se doit sur l’ensemble du territoire malien. Et il ne faut compter sur personne d’autre pour cela.

La Minusma est une force de décoration et non de combat et la France ne combattra jamais le Mnla. Alors c’est à l’armée malienne de le combattre tant qu’il n’est pas désarmé. Brûler cette étape et faire la cour à une Mauritanie sournoise est une fuite en avant dangereuse.

Alors on a beau maquillé cette visite de 72 heures avec une forte délégation, pour moi elle reste une erreur de casting. Et je vous le dis comme je le sens.

Par Kassin

 Malijet

 

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