A la Une

MAURITANIE : Coronavirus/Et si on «coupait» l’herbe sous le pied du gouvernement  ?

Au cours de sa réunion du mercredi 1er avril 2020,  le Conseil des Ministres a examiné et approuvé un projet de loi autorisant le Gouvernement, -en vertu de l’article 60 de la Constitution-, à prendre par voie d’ordonnances, toutes  mesures nécessaires pour lutter contre la pandémie de Covid19. Ce qui se traduit dans  ma compréhension, par la possibilité pour le gouvernement de prendre des décisions qui sont normalement du domaine de la loi. C’est encore une nouvelle fois une  preuve de la volonté des pouvoirs publics de mettre en place des mécanismes adaptés à l’évolution de la situation pour préserver les populations contre la propagation du Covid19, un virus sournois qui a fait à l’instant où j’écris ces lignes  885.687 victimes et des ravages dans plusieurs pays du monde. La Mauritanie, pays  faible économiquement, de mœurs,  traditions et coutumes musulmanes flottantes, à population peu éveillée et très mal préparée à faire face à des pandémies à cause d’un déficit très  prononcé  en matière d’éducation de ses masses,  a démontré  quand même certaines  capacités à faire face à cette situation délicate.

Pris en tenaille entre le Mali, le Maroc, l’Algérie et le Sénégal, notre pays n’a enregistré que 7 cas de coronavirus. 4 cas de personnes infectées (l’australien, la Bangladaise, le Mauritanien arrivé de France et la mauritanien infiltré du Sénégal), 2 cas de contamination par contacts de deux ces malades (l’épouse du mauritanien du 3ème cas et le talibé de l’infiltré du Sénégal),  1 cas constaté après le décès de  la mauritanienne qui était confinée.

Aujourd’hui les statistiques médicales portent le nombre de cas à 6 dont deux porteurs guéris et quatre suivis. La situation est préoccupante mais pas grave au regard des chiffres enregistrés dans les pays qui nous entourent. Mali 31 cas, Sénégal 190 cas, Maroc 638 cas et Algérie 716 cas. Les scientifiques et les experts en santé publique sont d’avis que le traitement le plus efficace contre la pandémie est la rupture de la chaine de contamination. Nous sommes 4.000.000 d’habitants et nous faisons face seulement à quatre cas à risques. Nous n’avons donc pas beaucoup de choix devant nous. Soit, nous nous engageons tous ensemble et sans complaisance dans la mise en place d’un système de rupture de cette chaine de contamination  par le confinement volontaire, le respect de toutes les règles d’hygiènes préconisées, le rejet de toutes formes de complicité dans des actions d’infiltrations (d’où qu’elles proviennent)  et l’abandon des regroupements à risques. Soit alors, nous  allons provoquer de la part des responsables des pouvoirs publics des prises de décisions  qui peuvent nous réserver de désagréables surprises mais qui sont dans notre intérêt.

Chacun de nous n’est responsable que de sa personne et de son propre environnement familial immédiat. L’État lui est responsable de 4.000.000 d’individus dont certains  donnent l’impression de n’être pas conscients de la gravité de la situation et des enjeux de la sécurité sanitaire que nous impose les circonstances. Le gouvernement  ne peut pas perdre  son temps à  jouer au chat et à la souris avec certains  citoyens qui ne prennent pas conscience du danger qui qui nous guette.  Aujourd’hui nous n’avons heureusement que quatre cas  sous suivis médical. Nous avons tous sans exception ou presque  dans un passé récent chanté la gloire de la résistance de notre peuple et nous avons démontré par la théorie de nos “brillants” historiens que la Mauritanie est un pays qui a su  résister à la pénétration du colon français. Si nous avons  été capables de  résister à la pénétration du colon français nous devons  pouvoir -je crois- être capables  maintenant  de résister à la pénétration du colon virus.

La vraie résistance par ces temps qui courent,  c’est de résister à l’envie de sortir de chez soi si  ce n’est pas par extrême nécessité. C’est de résister à l’obligation de rendre visite à des proches, des parents ou des amis par complaisance. C’est de s’opposer  à l’infiltration des envahisseurs qui franchissent nos frontières à partir de pays à risques élevés. Nous avons besoin de la compréhension et du soutien de chacun de nous. Nous devons ensemble, unis, conscients, responsables et déterminés,  chercher à atteindre  un seul et même  objectif  celui d’épargner notre pays d’un cas supplémentaire du coronavirus. Je crois que ce n’est pas trop demander si c’est pour sauver  le pays tout entier. C’est à nous citoyens qu’il revient de nous organiser, de mettre en place nos propres plans de riposte. Si nous mettons en place nos propres plans de riposte par les mesures qu’imposent la situation, c’est à dire assurer notre propre autodéfense en respectant les consignes édictées par nos responsables,  nous allons couper l’herbe sous le pied du gouvernement auquel le dernier conseil des ministres a donné le droit d’user de la flexibilité des instruments juridiques pour agir avec la célérité requise en cas de nécessité pour nous imposer  « nos  obligations » si nous ne changeons pas de comportement et si  nous ne nous plions pas aux exigences de la situation.

Au  moment où j’écris cette chronique à travers le monde  947 000 personnes sont testées positives et 48 200 d’entre elles ont perdues la vie. Faisons en sorte que le nom de notre pays soit rayé définitivement de la liste des pays infectés. Au nom d’Allah, du bon sens et du devoir civique, essayons quand même, tout au moins,  afin d’éviter au  gouvernement de faire recours « aux voies d’ordonnances » qui  lui ont été accordées  par son dernier conseil de ministre pour nous “discipliner” en cas de force majeur.

Nous avons prouvé il n’y as très longtemps, nos capacités de pouvoir tout changer. Nous avons changé notre hymne national. Nous avons changé notre monnaie. Nous avons changé les couleurs de notre drapeau. Nous avons transformé le siège  historique  de notre sénat en place de la liberté. Nous avons transformé nos écoles en marchés. Nous avons changé nos valeurs morales et spirituelles en valeur fiduciaires. Nous devons, -je crois-,  être en mesure de changer de  comportement…. cette fois au moins  pour le vrai amour de la patrie.

Mohamed Chighali.

 

Partager une information c'est comme donner la vie

URL courte: https://pointschauds.info/fr/2020/04/02/editorial-et-si-on-coupait-lherbe-sous-le-pied-du-gouvernement/

Publié par sur fév 11 2013. Archivé sous Evènement, Faits divers. Vous pouvez suivre les réponses à cet article par le RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou un trackback sur cet article

Les commentaires sont fermés.


Voir tous les dossiers





Qui compose l’« Émirat is...

L’État Islamique, le « Pr...

Arnaque médiatique ? L’Ir...

Urgent-Libye: Des révélat...

Le MAEP, piqué par le vir...

sur le Mobile

Version P-PDF

Version Digitale

News Letters

Recevez nos dernières nouvelles directement dans votre boîte de réception. Vous recevrez un email d'activation!


info@pointschauds.info , redaction@pointschauds.info, dg@pointschauds.info, pub@pointschauds.info