Elections législatives et municipales en 2013 : C’est déjà la fraude !

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recensement_electoralLes prochaines élections législatives et municipales seront tenues entre septembre et octobre 2013. Prémices de cet état de fait : les 800 centres de recensement ouverts, du 25 juillet au 7 septembre sur l’ensemble du territoire national pour le Recensement administratif à vocation électorale.

Mais, en envoyant depuis l’entame du mois de juillet ses ministres en campagne d’explication et de sensibilisation à l’intérieur du pays, le président de la République ne commet-il pas à l’occasion un premier impair dans ses promesses de transparence dans la tenue des suffrages à venir ?

Les ministres de la République sont depuis le début du mois de Ramadan en tournée à l’intérieur du pays où ils ont pour mission d’expliquer aux populations la portée des réalisations de leur gouvernement sur le quotidien des citoyens.
Agissant en tant qu’Autorité publique, jouissant sur place des privilèges dus à leur rang et usant des biens de l’Etat dans leurs déplacements, les ministres -comme le président de la République qui les a commis à l’ouvrage- transgressent déjà la fiabilité et la transparence des prochaines législatives et municipales prévues en septembre et octobre prochain.

Si ce n’est pas une campagne électorale avant la lettre, mener des actions pareilles auprès des populations en tant que responsable politique à deux mois de la future campagne électorale, et au moment où le Recensement administratif à vocation électoral est engagé, ressemble bien à une campagne ! Un tel état de fait s’était déjà produit dans le pays.

C’était lors de la dernière présidentielle de 2009. Alors que les différents acteurs politiques nationaux s’employaient à trouver une issue de sortie de la crise constitutionnelle consécutive au coup d’Etat de 2008, et alors qu’ils se focalisaient sur des réunions supervisées par la Communauté internationale qui conduiront plus tard aux accords de Dakar, le président candidat Ould Abdel Aziz était lui en campagne électorale à l’intérieur du pays où il rencontrera les deux tiers des porteurs de voix devant lesquels il présentera son projet politique.

Un périple, ou plutôt, une campagne avant terme, puisque lors de la campagne électorale effective qui suivra, Ould Abdel Aziz, le désormais candidat déclaré officiellement aux suffrages, sillonnera le reste des régions qu’il n’avait pas parcourues.

Plus tard, cette « campagne avant l’heure » lui aurait servi notamment quand on sait que ses adversaires, en campagne électorale, n’auront pas eu assez de temps pour se rendre auprès de toutes les populations. Le candidat Ould Abdel Aziz sortira vainqueur des suffrages d’emblée à l’issue du premier tour de la Présidentielle avec plus de 51% des suffrages !

Est-ce fort de ces enseignements que le président de la République a mis ces jours les ministres de son gouvernement en congé pour leur permettre de sillonner le pays aux fins de faire part de la « bonne parole » ? Certainement, quand on sait qu’au moment où il décide d’organiser les élections et alors même que les adversaires de son parti, ne se sont pas encore prononcés à propos, il offre aux membres de son gouvernement, l’opportunité de parler aux populations sans contradicteurs et sans adversaires.

Participera, participera pas La question qui se pose est de savoir dans quelles mesures, les partis de l’opposition participeront aux prochains suffrages ? Des législatives et des municipales qui ne regrouperaient que les leaders de l’UPR et dans une moindre mesure, des partis cartables ou formations satellites de la majorité présidentielle, n’arrangent personne.

Surtout pas la démocratie dans le pays et encore moins le Pouvoir en place. Ainsi, dans sa quête de plus de crédibilité du vote à venir et davantage de légitimité des futurs élus, et pour s’attirer la confiance – ou plutôt les finances -de la communauté internationale-, le Président de la République sera amené à faire, à court terme, des concessions.

Et à défaut de tirer les formations politiques de la COD vers les prochains suffrages, rien ne devrait être ménagé pour « s’offrir » la participation des partis de la CAP dirigés par Messaoud Ould Boulkheir, mais aussi de l’Alliance patriotique.

Le risque ici est grand de vivre des implosions au sein de ces deux regroupements, notamment au sein de la CAP où l’empressement de Boidiel Ould Hoummeid à aller aux élections, tranche nettement avec les hésitations de Messaoud Ould Boulkheïr qui voudrait bien voir son initiative de sortie de crise associée aux débats politiques de l’heure.

L’autre risque d’implosion non des moindres est celui qu’entrevoient nombre d’observateurs au sein de la… COD ! En effet, ils sont nombreux ceux qui sont persuadés que le parti Tewassoul a de fortes chances d’aller aux suffrages.

Un minimum de garantie dans la transparence des élections et une assurance de respect des résultats des suffrages, pourraient en effet conduire les islamistes, très forts de leur nouvelle popularité, à aller à la quête des voix. Le printemps arabe ayant conduit à la consécration de leurs frères en Egypte et en Tunisie, les islamistes de Mauritanie qui ont réalisé ces dernières années une formidable percée au sein des couches pauvres du pays en leur venant en aide, pourraient bien vivre leur baptême de feu s’ils participaient à des élections crédibles !

A défaut de remporter la majorité des votes à l’Assemblée nationale, ils seraient à mesure de conquérir la place de chef de file de l’opposition au sein de la chambre basse avec à l’appui la formation d’un groupe parlementaire !

Dans ces conditions, jamais élections dans le pays n’ont pointé à l’horizon avec autant de points d’ombre ! Alors que le RAVEL est engagé sur décision unilatérale du Pouvoir, l’initiative de sortie de crise de Messaoud Ould Boulkheïr est mise en veilleuse voire occultée et le dialogue entre majorité présidentielle et opposition rompu. Les relations entre les deux blocs sont même au pire de leur existence avec une opposition (COD et CAP) qui se retrouve de plus en plus face au Pouvoir.

 

MOMS.

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