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Editorial d'Ahmed Ould Cheikh : Tournis

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cheikh_ahmed_aocCette semaine a eu lieu un événement totalement inédit, une première dans l’histoire politique de notre pays ; un scoop, comme diraient les journalistes en mal de sensations, une rencontre qui va décrisper, définitivement, la scène politique : le Premier ministre a reçu Ould Maouloud, le président de l’UFP.

Au menu des discussions, la future élection présidentielle et les voies et moyens de la rendre consensuelle et transparente. Comme si les deux hommes ne s’étaient jamais rencontrés par le passé. Comme si le pouvoir n’a jamais exprimé, du bout des lèvres, il est vrai, son désir d’associer toutes les parties à la préparation des élections.

Comme si Messaoud et Boydiel, les maîtres d’œuvre du dialogue de 2011, ne s’étaient jamais fendus de déclarations sur les bonnes intentions de ce pouvoir. Comme s’il n’y a jamais eu d’accords de Dakar, paraphés devant la Communauté internationale.

On veut, à présent, nous faire croire que le président est animé de la meilleure volonté du monde pour que l’élection présidentielle soit incontestable et incontestée. A présent qu’il a organisé « ses » élections municipales et législatives, gagnées haut la main, en l’absence de challengers sérieux et crédibles, et qu’il dispose d’une confortable majorité à l’Assemblée, il peut voir venir. A ce rythme, la présidentielle ne devrait lui être qu’une simple formalité. Mais pourra-t-il continuer sur cette voie sans casse ?

Certes les principaux partenaires du pays, notamment les Occidentaux, pour qui Aziz paraît la meilleure garantie contre le terrorisme et l’immigration, se complaisent encore dans cette situation. Mais pour combien de temps ? La France, notre principal allié, se sent de plus en plus gênée par le soutien apporté, ouvertement, à un régime d’essence putschiste.

D’où son appui, encore discret, certes, mais déjà bien réel, au forum que l’opposition organisera, dans les prochains jours, pour débattre de la prochaine présidentielle. De là à dire qu’elle commence à lâcher Ould Abdel Aziz, il n’y a qu’un pas que personne ne se hasarde, encore, à franchir.

Désormais, plus personne n’est dupe. Tout le monde s’est rendu compte que les dernières élections n’étaient qu’une mascarade, organisée par entêtement. Et qu’elles ne reflètent, en rien, la véritable carte politique du pays. Pire, elles ont aggravé la crise que nous vivons depuis 2009 et accentué le fossé entre le pouvoir et l’opposition radicale.

Qu’on ne s’y trompe donc pas. Dans ces conditions, une présidentielle ne servira pas à grand-chose. Ould Abdel Aziz en est déjà conscient. D’où les appels du pied de son Premier ministre, qui a déjà rencontré Ould Maouloud et demandé à voir Ould Daddah. Qui lui a opposé une fin de non-recevoir. Déjà échaudée par les expériences passées, l’opposition refuse, à présent, de jouer les faire-valoir.

Et d’être utilisée pour crédibiliser une élection sur laquelle elle n’a aucune prise. Commission électorale, administration, fichier électoral, tout est entre les mains du pouvoir. Comme si, dans un match, l’arbitre, censé être neutre, appartenait, ouvertement, à un camp. C’est ce que l’opposition a compris, en 2013, rejetant le processus dans son ensemble. Il est peu probable qu’elle ne se fasse prendre, cette fois.

Quand et comment prendra fin le tourne-en-rond qui fige notre pays ? Plus exactement, qui ne cesse de l’enfoncer, chaque jour un peu plus, dans un système pervers où la flagornerie, le passe-droit et la concussion font office de compétences, sont les seules susceptibles de mener aux postes de « responsabilité ».

C’est dire que l’incompétence et l’irresponsabilité sont de règle. Une pourriture que seule une réelle démocratie, assurant de vraies possibilités d’alternance, est à même de nettoyer. En exigeant, des gouvernants, autres résultats que de la poudre aux yeux. Et encore, cela prendra du temps, au prix de probables convulsions, dangereuses, certes, pour une nation aussi jeune que la nôtre. Alors, il ne nous reste plus qu’à tournicoter, en attendant le prochain coup d’Etat ? J’en ai le tournis…

 

Ahmed Ould Cheikh

 

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