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Du discours du Président…..Un appel au changement des mentalités | Par Zeidane OULD HMEIDA, Chargé de Mission à la Présidence

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Dans le discours du Président de la République le 3/5/2016 à Néma et dans son volet relatif à l’esclavage et à la population, le Président avait insisté sur 2 aspects :

Le premier concernait exclusivement les séquelles de l’esclavage,

-Le deuxième était la multiplicité des foyers et l’abandon des enfants issus des différents mariages et ne concernait pas les esclaves,

Le point commun à ces deux thèmes est la pauvreté qui fait qu’on se retrouve avec des enfants livrés à eux-mêmes et abandonnés par leurs pères …et la surpopulation est quelque part synonyme de pauvreté…mais au-delà de tout cela ce volet constitue un pressant et opportun appel pour un changement des mentalités …

Concernant les séquelles de l’esclavage, qu’ il a fermement condamnées, le Président de la République a rassuré que l’Etat s’est engagé et de manière irréversible dans le traitement de cette problématique dans toute sa complexité et de la manière la plus appropriée : lois, tribunaux, éducation, santé, lutte contre la pauvreté…par contre le second point plus général et concernant toute la population est aussi difficile à régler puisqu’ il s’agit d’obtenir l’adhésion des populations à des choix de société.  Il s’agit de trouver un consensus (Etat, Oulémas, Ong…) dans le respect de la religion à l’instar des autres pays musulmans ayant déjà surmonté cette problématique, menant à une maitrise de la croissance démographique …dans l’intérêt des enfants et des mères, et c’est ce qu’on appellera par la suite le planning familial.  Au cours du Forum Economique Mondial de Davos en janvier 2015 la Sécurité Alimentaire figurait comme le premier défi sur les 10 principaux défis auxquels l’ Humanité fera face les prochaines décennies avec une population sur la forte tendance de 9 ,4 milliards d’Habitants en 2050 au lieu de 7 milliards en 2015 et avec une augmentation des besoins alimentaires de 60%… Au passage il faut noter que le Changement Climatique vient en troisième place pour dire combien la question de la population en particulier la maitrise des naissances et ses différentes implications sont importantes dans tout processus de développement…et c’est dans ce contexte qu’il faut situer l’intervention du Président de la République.

A ce sujet il faut rappeler que le Rapport relatif à l’état du Monde et les PRINCIPAUX DEFIS de 2030, remis au Président des Etats-Unis en Janvier 2013 par le Conseil National du Renseignement, retenait deux Méga-Défis à savoir la Démographie et le Changement Climatique dont les tendances façonneront le monde des années 2030/2050, et pourront conduire à des situations catastrophiques avec leurs incalculables conséquences…instabilité, conflits, immigration, épuisement des ressources….

Ce rapport éclaire sur les grands et rapides changements géopolitiques, économiques et technologiques qui caractérisent le monde d’aujourd’hui et dont il faut en tenir compte…

Il n’est pas inutile de rappeler que cette notion de planification familiale ou de contrôle de la croissance démographique a vu le jour en 1930 en Angleterre et a été formalisé en 1953 à Stockholm par la Création de la Fédération Internationale des plannings familiaux suivie par une conférence des chefs d’état sur la population et dont la déclaration stipule entre autres « une paix durable et significative ne peut être instaurée sans faire face au problème de l’explosion démographique ».

C’est ainsi que depuis 1974 le planning familial est au centre du programme d’actions de la Conférence Internationale sur la population et le Développement organisé régulièrement par le fonds des Nations-Unies pour la population(UNPF).

Les exemples de planning familial ne manquent pas. Voyons le cas de la Chine en 1978, un pays en voie de développement, a adopté la politique, d’un seul enfant par femme, une dizaine d’années plus tard elle a introduit une souplesse pour une meilleure prise en charge de son développement en autorisant un deuxième enfant pour 53% des familles ayant eu une fille comme premier enfant… Avec 1,66 enfants /femme en 2015, la Chine a ainsi évité 450 millions de naissances de 1978 à 2015 !!!

A toutes fins utiles il faut remarquer que la Chine comptait 700 millions en 1965 et qu’elle en compte aujourd’hui prés de 1,4 milliards d’individus…) , devant ces chiffres une question fondamentale se pose : quelle aurait été la situation de la Chine si elle n’avait pas adopté cette politique de limitation des naissances, serait- elle en passe d’être la première Economie du Monde comme aujourd’hui ?

Le cas de l’Iran constitue un bon exemple, avec 6 enfants par femme en 1975-78 la République Islamique est aujourd’hui à 1,7 enfants/femme et semble avoir bien réussi la transition vers un planning familial collant à ses possibilités et à ses besoins de développement.

Parmi les pays africains 2 cas émergent: Avec le plus fort taux de croissance démographique au monde le Niger a 7,6 enfants/femme et sa population va tripler en 2050 passant de 20 millions en 2015 à 72 millions en 2050 , soit une augmentation de 360% !!! Il faut imaginer les problèmes d’éducation, de santé et d’emploi, qui pointent à l’horizon si rien n’est fait sur le plan des contrôles des naissances.

Ce rythme très élevé de naissances handicape le pays inévitablement et le ramène à un indice de développement humain ( IDH), le plus faible au monde (189e/189 pays). En s’inscrivant dans cette perspective le pays fera face à une impasse économique et sociale dont les conséquences négatives sont imprévisibles d’où l’importance capitale d’intégrer ces données dans les prises de décision relatives au développement….Autre cas atypique c’est celui du Nigeria, déjà pays le plus peuplé d’Afrique il continuera à l’être avec 400millions d’habitants en 2050…contre 182millions en 2015.

En Tunisie le planning familial a été instauré en 1960 faisant passer le nombre d’enfants par femme de 7,2 en 1960 à 2,10 en 2015 alors qu’au Maroc il fut adopté timidement en 1968 mais officialisé comme choix politique bénéficiant d’un statut de priorité nationale dans le cadre du plan quinquennal 1973-1978. Au milieu des années 1970, appelé Espacement des naissances et pas Contrôle des naissances le planning familial algérien a été effectif en 1983 sous l’appellation « Le programme national de maitrise de la croissance démographique ».

Pour une plus grande harmonie et une meilleure prise en charge des besoins de la population en matière d’Education, de Santé et d’Emploi, le Président de la République suggère un Planning familial adapté à notre développement. De nos jours le planning familial ne peut plus être ignoré ou négligé, puisqu’ il constitue un des déterminants paramètres de développement sur la base desquels on pourra bâtir des projections indispensables dans la recherche d’une Vision de moyen et long terme….

Quoiqu’on dise un pays comme le notre ne pourra pas soutenir dans la pérennité un rythme de naissances de 4,7 à 4,8 enfants par femme….au moment où nos voisins du nord sont respectivement à 2,17 ; 2,71 ; 2,41 et 2,82 pour la Tunisie, le Maroc, la Lybie et l’Algérie.

Zeidane OULD HMEIDA

Chargé de Mission à la Présidence

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