Dialogue politique et révision constitutionnelle : l’erreur que l’opposition cherche à éviter

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 mm« On ne touche pas à la Constitution ! » Ce refus de tripatouiller le texte fondamental, contenu dans la proposition de Messaoud Ould Boulkheïr pour faire reculer l’âge de candidature à la magistrature suprême, est considéré par l’opposition dite radicale comme la porte à ne pas défoncer.

La feuille de route proposée pour la reprise du dialogue politique entre la majorité et l’opposition, semble pour le moment buter sur un fort refus de l’aile dure de l’opposition d’en entériner deux points essentiels. Pour le Front national pour la démocratie et l’unité (FNDU) qui regroupe les acteurs irréductibles du pouvoir, il ne sera ni question d’une révision constitutionnelle pour un recul de l’âge maximum pour les présidentiables, ni d’élections anticipées à la magistrature suprême.

Parallèlement, le FNDU pose comme préalable à tout dialogue politique, la création d’une nouvelle Commission électorale nationale indépendante (CENI), la recomposition du Conseil constitutionnel et la neutralité totale de l’administration dans le jeu électoral.

L’opposition dite radicale considère ainsi, qu’à la lumière de toutes les expériences passées, le pouvoir ne s’engage dans un dialogue politique que pour gagner du temps. Cette fois, l’opposition de déclarer qu’elle n’est pas prête à s’engouffrer dans un dialogue inutile qui n’abordera pas toutes les questions qui se posent aujourd’hui et qui ne respecte pas les termes de la Constitution.

C’est surtout la proposition faite par le président du parti APP, Messaoud Ould Boulkheïr, qui semble soulever le plus de polémique. En demandant une révision de la Constitution pour faire reculer l’âge d’accès à la magistrature suprême (fixé à 75 ans), Ould Boulkheïr chercherait à se remettre en selle et à permettre également à Ahmed Ould Daddah, qui seront tous les deux atteints par la limite d’âge en 2019, de se représenter. Une idée d’emblée rejetée par le président du RFD, Ould Daddah, et après lui, les autres leaders du FNDU, qui y perçoivent une porte ouverte à tous les tripatouillages. Rien en effet ne pourrait empêcher dans ce cadre Mohamed Ould Abdel Aziz de demander lui aussi la révision de l’article 28 de la Constitution qui fixe à deux au maximum le mandat du président de la République, trouvent certains observateurs. Et cela, malgré les multiples déclarations de Mohamed Ould Abdel Aziz, dont la dernière faite en novembre 2014 où il se serait engagé à ne pas toucher au verrou de cette limitation, et notamment à l’article 29 où il a juré par « Allah, de ne point prendre ni soutenir directement ou indirectement, une initiative qui pourrait conduire à la révision des dispositions constitutionnelles relatives à la durée du mandat présidentiel et au régime de son renouvellement prévu aux articles 26 et 28 de la présente constitution ».

Point échaudé craignant l’eau froide, le FNDU préfère le statu quo en matière constitutionnel, refusant l’idée de toute élection présidentielle qui ne ferait que retarder davantage le départ de Ould Abdel Aziz prévu dans quatre ans.

Le tripatouillage lancé en l’air par Messaoud Ould Boulkheïr, en perspective d’un nouveau round de dialogue, aurait même été mal reçu au sein desa formation politique. L’un des cadres influents de son entourage, membre du Bureau exécutif du parti et candidat malheureux aux dernières communales au Ksar, Ahmed Ould Samba, aurait même demandé la démission du leader charismatique. Il se serait étonné, dans son compte Facebook, d’une décision unilatérale prise sans consentement du Bureau exécutif et loin des intérêts du parti et de la nation mauritanienne. Il aurait

même qualifié cette démarche d’égocentrique car mû par le simple désir du Maximo de briguer de nouveau la magistrature suprême.

JOB

L’Authentique Quotidien

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