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Deux militants anti-esclavage détenus dans une prison isolée

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Messieurs Abdellahi Matalla Saleck et Moussa Bilal Biram – militants de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) – sont détenus dans une prison isolée en plein désert, dans le grand Nord de la Mauritanie. Ils ne peuvent recevoir de fait aucune visite et sont coupés du monde.

Messieurs Abdellahi Matalla Saleck et Moussa Bilal Biram sont détenus, depuis le 19 décembre 2016, à la prison de haute sécurité de Bir Moghrein, située à 1 200 km de leur domicile. Auparavant ces membres de l’IRA étaient incarcérés dans la prison de Zouérate, à environ 700 km de leur maison.

Ils ont été injustement condamnés en appel, le 18 novembre 2016, à trois ans de prison dont un avec sursis, pour avoir participé à Nouakchott, à un rassemblement non armé destiné à défendre les habitants d’un bidonville contre une expropriation. Ces deux hommes ont toujours nié leur participation à cette manifestation et estiment que leur châtiment correspond à une mesure d’intimidation visant l’IRA.

Début juillet 2016, durant leur garde-à-vue, ils ont fait l’objet de tortures. Aucune enquête n’a été diligentée à ce sujet.

Aujourd’hui, leur situation s’est aggravée avec leur à transfert à Bir Moghrein, prison isolée et encore plus éloignée, où ni leur famille ni leurs avocats ne peuvent venir leur rendre visite en raison de la distance et des dangers du voyage sur une route non sécurisée.

Contexte

Des allégations de tortures formulées devant la justice

Messieurs Abdellahi Matalla Saleck et Moussa Bilal Biram, au moment de leur déferrement devant le Parquet, le 12 juillet 2016, présentaient des stigmates de violence, notamment des lésions au niveau des mains dû aux menottes trop serrées.

Devant la Cour criminelle de Nouakchott – en août 2016 – puis devant la Cour d’appel de Zouerate – en novembre 2016 – les deux détenus ont allégué avoir fait l’objet de tortures. Neuf agents des forces de police auraient été formellement identifiés dans la commission de ces violences. Pourtant, aucune instance judiciaire ne s’est saisie de ces informations et demandé l’ouverture d’une enquête sur ces allégations de tortures.

Condamnés à trois ans de prison pour « attroupement non armé, avoir empêché la police de faire son travail et appartenance à une organisation non reconnue ».

Messieurs Abdellahi Matalla Saleck et Moussa Bilal Biram ont été arrêtés, fin juin-début juillet 2016, à la suite d’émeutes spontanées de membres de la communauté haratine dans le bidonville de Ksar après que les autorités aient engagé une opération d’expulsion de plusieurs familles.

Aucun des deux n’était pourtant présent sur les lieux de ces violences spontanées. Ils ont été condamnés, le 18 novembre 2016, par la Cour d’appel de Zouerate à une peine de trois ans de prison ferme pour « attroupement non armé, avoir empêché la police de faire son travail et appartenance à une organisation non reconnue ».

Une volonté de réduire à néant l’IRA-Mauritanie

Depuis la création de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA-Mauritanie) en 2008, les autorités mauritaniennes n’ont toujours pas reconnu le statut de cette association malgré plusieurs demandes en ce sens.

Au contraire, depuis plusieurs années, les membres de l’IRA font l’objet d’une vague ininterrompue d’intimidations, de menaces de mort, d’arrestations et de harcèlements judiciaires destinés à réduire à néant cette organisation qui développe ses antennes à travers tout le pays au sein de la communauté haratine (musulmans négro-mauritaniens victimes d’esclavage) et au niveau international avec les associations de lutte contre l’esclavage.

ACAT-France

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