Dernière ligne droite pour un accord sur le programme nucléaire iranien

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eurosAprès des années de tensions, un accord permettrait de rétablir un climat de confiance entre Téhéran, soumis à une série de sanctions internationales, et les six puissances, dont la France, chargées du dossier nucléaire iranien.

L’incertitude prévaut encore. Mais un accord semble possible au troisième jour de négociations entre l’Iran et la communauté internationale représentée par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité ainsi que l’Allemagne. Les discussions, programmées pour se terminer vendredi soir , doivent reprendre ce matin avec la participation impromptue des ministres des Affaires étrangères des Etats-Unis, de la France, du Royaume-Uni, de l’Allemagne et, en fin de matinée, de la Russie.

S’agit-il de faire intervenir des dirigeants disposant de plus d’autorité que leurs négociateurs pour débloquer des points névralgiques, ou de donner plus de solennité à la conclusion d’un accord virtuellement acquis ? La réponse devrait tomber cette après-midi, même si Laurent Fabius, le ministre français, s’est montré très prudent ce matin en déclarant « aucune certitude qu’on puisse conclure à ce stade ».

Un accord semble à portée de main depuis l’élection en juin d’un président iranien affable, Hossan Rohani, qui a eu fin septembre un entretien téléphonique historique avec Barack Obama, sans précédent à ce niveau depuis la révolution des mollahs en 1979. L’économie iranienne est soumise à des sanctions sans équivalent de par le monde actuellement car les occidentaux soupçonnent Téhéran de construire des armes nucléaires en secret, en contradiction avec le traité de non prolifération dont il est signataire. Soupçons étayés par les dimensions (19.000 centrifugeuses produisant de l’uranium U235 à des taux quatre fois supérieurs à ce qui est nécessaire pour un usage civil) et les conceptions (pas de réacteur capable de produire de l’électricité jusqu’à récemment) du programme.

De quoi produire deux bombes

Un accord à Genève, qualifié « d’intérimaire » avant un « accord final » qui devrait être ratifié, étape délicate, par le Congrès américain, donnerait l’occasion aux uns et aux autres de faire preuve de bonne volonté ; il s’agirait d’alléger par étapes les sanctions occidentales, en échange d’une suspension totale de l’enrichissement à 20% en uranium 235 ; cette concentration en l’isotope indispensable aux bombes atomiques est intermédiaire entre celle nécessaire pour produire de l’électricité (3,5%) et celle des armes nucléaire (90%). L’Iran en possède actuellement 185 kilos, de quoi produire en théorie deux bombes en deux ou trois mois, même si la miniaturisation nécessaire à l’élaboration d’une bombe ou d’un missile prendrait sans doute un an.

Trois écueils, selon la délégation française, mobilisent encore les négociateurs : le devenir du stock d’uranium iranien enrichi à 20% (qui pourrait être transféré dans un pays tiers de confiance, alors que Téhéran tient absolument à le conserver), celui du site d’Arak où les Iraniens construisent un réacteur à eau lourde opérationnel l’an prochain (filière du plutonium, dont 8 kilos suffisent pour une bombe nucléaire) et « la question de la perspective d’enrichissement d’uranium pour l’Iran à plus long terme ». Téhéran a accepté mi octobre les inspections inopinées d’ici six mois environ de sites jusqu’ici inaccessibles, comme celui de Fordow, profondément enterré comme pour le protéger de raids américains ou israéliens. Washington veut que ce site soit simplement fermé.

« Arnaque du siècle »

Tandis qu’Israël mettait vendredi en garde la communauté internationale contre « l’arnaque du siècle » réalisée par l’Iran à Genève, Téhéran présente comme une « ligne rouge infranchissable » son droit à l’enrichissement d’uranium, en laissant une certaine ambiguïté sur celui en U 235 à 20%. Les six résolutions de l’ONU sur le programme nucléaire iranien réclament une suspension de tout enrichissement d’uranium par Téhéran, y compris à 3,5% en raison des aspects clandestins du programme iranien. Il semble toutefois impossible de parvenir à un accord sans autoriser l’Iran à réaliser de l’U235 à 3,5 %, sous supervision internationale. De source généralement bien informée, les Occidentaux seraient aussi prêts à laisser l’Iran conserver 2.000 centrifugeuses, sur les 19.000 actuelles.

Les pays à Genève se sont engagés à ne pas dévoiler publiquement le détail de leurs positions pendant la négociation. Et justement, comme tous les négociateurs de la planète le savent, « le diable est dans les détails ».

 

Leparisien.fr

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