Demain les Islamistes !?

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MoulayeLes régimes politiques qui ont toujours opérés sur le même système d’exploitation avec ces mouvements et partis islamistes n’ont jamais hésité à réprimer farouchement ces mouvements d’obédience islamiste

Le courant islamiste au Maghreb arabe serait-il sur le point de créer la grande surprise ? C’est la question que se posent tous les observateurs, même les plus avertis.
A la lumière des derniers développements intervenus sur la scène politique dans les différents pays de la région avec notamment le printemps arabe et les bouleversements profonds intervenus en Tunisie et en Libye.
Deux pays ont connu des renversements de leurs régimes politiques multi décennaux, à travers une révolution et une révolution qui a tourné en une insurrection armée, à savoir la Tunisie et la Libye. Les trois autres pays ont connu un début timide de soulèvements qui se sont très vite calmé pour des raisons qui sont propres à chacun de ces pays qui sont l’Algérie, le Maroc et la Mauritanie.
L’arrivée des Islamistes d’En-Nahda relativement majoritaires à l’issue des élections du Conseil Constitutif Tunisien, avec plus de 90 sièges, soit près de 41%, est un fait qui a surpris plus d’un observateur.
Ajoutons à ce constat, la forte présence des Islamistes au sein des insurgés du Conseil National de Transition (CNT) libyen. Une présence qui avait pris de court ses alliés et soutiens occidentaux qui, à travers les frappes aériennes de l’OTAN, ont précipité la fin du régime de Mouammar Kadhafi.

Les perspectives électorales dans l’ensemble des pays du Maghreb au cours de l’année 2012, préfigurent à leur tour, la montée en puissance des Islamistes dans les arènes parlementaires de ces pays et surtout, en Libye, en Tunisie, au Maroc et en Mauritanie.
Cette situation inédite qui va à l’encontre de la volonté établie des régimes , en place dans cette région ,qui – et qui ont pourtant toujours exploité l’enseigne de l’Islam pour régner – est de nature à accélérer le processus de bascule de l’exécutif politique au Maghreb, entre les mains de la mouvance islamiste dite modérée.
Bien que l’Islam soit inscrit comme l’unique référence de gouvernement dans toutes les constitutions du Maghreb, pour lesquelles le Coran est la Charia sont prétendument la source de toutes les lois, ces régimes politiques qui ont toujours opérés sur le même système d’exploitation avec ces mouvements et partis islamistes n’ont jamais hésité à réprimer farouchement ces mouvements d’obédience islamiste, et n’ont reconnu aucun parti à coloration islamiste, que partiellement et de manière sélective.
Au Maroc, le Roi qui est considéré officiellement comme le Commandeur des croyants “Emir El Mouminin“, on n’a jamais admis la prolifération des mouvements islamistes, sauf ceux qui sont favorables au trône. Les Islamistes sont entre interdiction et reconnaissance dans ce pays, et la mouvance islamiste officiellement reconnu, enregistre une avancée remarquable dans les consultations électorales.
Selon bon nombre d’observateurs, l’expérience algérienne où, les Islamistes prétendent que les généraux leur avaient volé leur victoire aux élections municipales et législatives de 1992, n’est pas à rééditer, ni en Algérie, ni ailleurs, car cela avait coûté très cher à ce pays.
En Tunisie, les militants et les dirigeants du parti En-Nahda qui est arrivé aujourd’hui en première position, et qui ont longtemps été persécutés, bannis et frappés d’interdiction pendant le règne de Ben Ali, sont malgré tout, revenus en force.
L’équation libyenne n’est pas encore tout à fait au point, mais, du point de vue de l’analyse, il apparaît clairement que si la Libye évoluera vers un régime démocratique apaisé, dans lequel le mouvement islamiste soit arrivé à maturation, que celui-ci aura une présence incontestablement significatif au niveau constitutif et législatif.
En Mauritanie, les Islamistes ont un parti officiellement reconnu, et ce parti a une présence parlementaire et au niveau local, au moment même où, le pouvoir mène une croisade contre la composante dite radicale de l’islamisme politique, dans sa guerre contre AQMI.
Les Islamistes de Tawassoul ont boycotté le dialogue politique initié tout dernièrement par le pouvoir, et ont adopté une position radicalement opposée au régime en place, après une une periode qualifiée de lune de miel avec celui-ci.
Cette volte-face est d’autant plus incompréhensible, que le parti de Jamil Mansour était le premier à avoir reconnu les résultats de la présidentielle de 2009, qui a été remportée par Ould Abdel Aziz.
Les récentes positions politiques de Tawassoul sur des questions nationales considérées comme impopulaires par certains, en ont désolidarisé certaines figures, élus et hommes d’affaires qui lui étaient jadis acquis.
Les islamistes mauritaniens peuvent toutefois réserver des surprises lors des futures élections, mais il apparaît qu’ils ne sont pas encore arrivés à cette phase de force qu’attribue un certain phénomène urbain. Toutefois, si le mouvement islamiste enregistre des acquis politiques au niveau maghrébin, il n’y a aucune raison que cela ne se produise pas en Mauritanie.
Pour l’ensemble de ces raisons, les élections législatives qui auront lieu courant 2012 dans les pays du Maghreb arabe, sont un enjeu capital qui risque de faire basculer les pays de la sous-région dans le giron de la mouvance Islamiste.
Outre Méditerranée et outre Atlantique, les sentiments sont partagés entre crainte, méfiance et curiosité.
Les pays occidentaux qui ont accompagné avec un retard certain, le printemps arabe, voudraient au mieux vivre une expérience du type turc, avec des Islamistes qui ne remettent pas en cause les libertés fondamentales, ou qui n’incitent pas au Djihad.
Les Islamistes qui ont eux aussi de leur côté bien retenu la leçon ne voudront pas afficher leurs intentions et leurs positions réelles de peur d’aller vers une confrontation directe avec les courants laïques dans leurs pays et les pays occidentaux qui les protègent. Ils avanceront très vraisemblablement à petits pas vers leurs objectifs mais de manière douce.

Moulay Najim Old Moulay Zeine

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