Couac diplomatique: un ministre marocain subit une fouille à Roissy

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2013-11-09T144821Z_1550761742_GM1E9B91R7101_RTRMADP_3_IRAN-NUCLEAR_0En escale à Paris mercredi 26 mars, le ministre des Affaires étrangères marocain, Salaheddine Mezouar, dont la venue n’avait pas été signalée, a fait l’objet d’une fouille à l’aéroport de Roissy, malgré son statut diplomatique. Or, depuis un mois, les relations entre la France et le Maroc sont loin d’être au beau fixe.

Dans un contexte de froid diplomatique entre Paris et Rabat, la fouille qu’a subie Salaheddine Mezouar lors de son transit à l’aéroport de Roissy, mercredi dernier, tombe au plus mal. Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a donc dû appeler son homologue marocain pour lui présenter les excuses des autorités françaises.

« Son passage n’avait été effectivement pas été signalé comme c’est l’usage, mais il y a eu une attitude tout à fait inappropriée des services compétents qui auraient dû respecter les règles et usages diplomatiques s’appliquant aux ministres des Affaires étrangères comme aux chefs d’État et de gouvernement étrangers en transit dans les aéroports français. C’est ce que le ministre Laurent Fabius a expliqué à son homologue marocain et il lui a transmis les excuses des autorités françaises pour le traitement qui lui a été réservé », indique le porte-parole du Quai d’Orsay, Romain Nadal.

« Nouvelle humiliation »

Si l’incident est jugé « regrettable », il n’est pas représentatif de la relation France-Maroc, assure le ministère des Affaires étrangères français qui la qualifie de « partenariat d’exception ». « S’il peut y avoir dans la vie des nations quelques incidents ou des malentendus – c’est fréquent –, en l’espèce, ils ne remettent pas en cause cette confiance et cette amitié entre les deux pays », assure Romain Nadal. Au Maroc, on ne l’entend pas forcément de cette oreille. Le quotidien en arabe As-Sabah a qualifié la mésaventure de « nouvelle humiliation ».

Car depuis plus d’un mois, les relations diplomatiques entre Paris et Rabat sont quelque peu tendues. À l’origine de ces tensions, une visite de policiers français à la résidence de l’ambassadeur du Maroc en France, le 20 février. Ils viennent notifier au puissant directeur du contre-espionnage marocain, Abdellatif Hammouchi, sa convocation par un juge d’instruction, suite au dépôt, en France, de plaintes pour torture contre lui.

L’affaire provoque la fureur de Rabat. Le ministère marocain des Affaires étrangères convoque l’ambassadeur de France et parle d’un incident « grave et inédit ». Et malgré un échange téléphonique entre François Hollande et le roi Mohamed VI, le royaume décide, le 26 février, la suspension unilatérale de sa coopération judiciaire avec la France. Un mois plus tard, et malgré la mise en place d’une commission bilatérale ad hoc, la mesure n’est toujours pas levée. De source diplomatique, certaines exigences marocaines pour la relance de la coopération judiciaire seraient difficiles à accepter.

Sur le plan diplomatique, les déplacements ont repris débuts mars avec les visites successives de deux ministres français à Rabat. Mais les autorités marocaines sont bien décidées à ne pas en rester là. Mardi 25 mars, le ministère de l’Intérieur a annoncé avoir engagé des poursuites pour « dénonciations calomnieuses » contre les auteurs des plaintes pour torture.

 

 

RFI

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