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Comparer Biram Dah Abeid a Nelson Mandela? Oui, mais….

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KrombeleePartant de la méthode empirique la connaissance humaine se fonde sur l’accumulation d’observations et des faits dont on peut extraire des lois, des théorèmes, des axiomes des postulats hypothético-déductifs ou encore des conclusions hâtives et en fumantes.

Parmi ces conclusions, il y a ce qu’on appelle le raisonnement par analogie, vieille recette inductive et qui stipule par exemple, après le constat de similitudes entre notre planète-terre et la planète Mars, d’émettre l’ hypothèse d’ une probabilité de vie sur cette petite planète rouge.

Notre “leçon des choses” ou déduction peut s’étendre également dans le domaine sociologique à des êtres humains qu’à priori rien ne lie si ce n’est …justement l’humanité.

En effet comparer Biram Dah Abeid à Nelson Mandela s’avère être un exercice très délicat dans sa forme, mais aussi ingrat dans son esprit. Cette comparaison même altruiste écorche l’image emblématique, universaliste de l’icône Madiba, la ramenant à la même strate qu’une kermesse villageoise. Certes Biram est un défenseur des droits de l’homme en Mauritanie tout comme Mandela en Afrique du Sud pendant l’inique système d’Apartheid ou séparation.

Que l’adage qui dit: “comparaison n’est pas raison” trouvât ici toute la dimension disproportionnée de sa sémantique! Car du point de vue de la symbolique, de la portée du combat, de l’abnégation, du style dans la communication, des idéaux, bref de la weltanschauung chez nos deux combattants de la liberté, s’en découlent deux lignes de conduite opposées, immanente chez Biram mais transcendantale pour Madiba.

Ces deux lignes de conduites comme deux asymptotes parallèles, sont condamnées à ne jamais se confondre quand même que le mauritanien à la fleur de l’âge, entame ses premiers pas et l’autre, au crépuscule de sa vie, sur son lit d’hôpital au vu et au su du monde entier, lance des signaux alarmants au corbillard. Les “marques de fabrique” des deux hommes permettent d’établir avec discernement la traçabilité du parcours intrinsèque de chacun, nonobstant les théories mensongères ou velléitaires.

Nelson Mandela n’est pas n’importe qui, de par son passé, son charisme, son opportunisme politique. Militant de l’ANC (African National Congress) depuis 1944, et ayant constaté que le combat pacifique contre le racisme institutionnalisé, cette fois, ne mènera à rien, Madiba, de son nom tribal, fonde en 1961 la branche militaire de l’ANC.

Arrêté le 12 juillet 1963 sur indication de la CIA, il devient le symbole de la lutte anti-Apartheid, après le procès de Rivonia. L’homme a purgé 27 ans de prison avant d’être relâché le 11 février 1990 certes en faveur des changements majeurs survenus dans le monde le siècle dernier à savoir: l’effondrement du mur de Berlin et la dislocation des deux blocs.

De son lieu de detention, Mandela leader incontesté se tenait toujours au courant des activités de l’ANC, tout en refusant et à maintes occasions de se faire libérer sous conditions, c’est à dire en trahissant son peuple. Il a préféré tailler la pierre des années durant plutôt que de vivre “libre” sous la protection complaisante mais non moins humiliante de ses geôliers blancs, autrement en “godillot“.

On peut imiter, vouloir aller sur les traces de Madiba, comme un artiste-peintre qui recrée la nature sans jamais pouvoir l’égaler, mais personne ne peut-être Mandela. Le mental en beton, l’on se demande avec admiration comment un homme peut tenir 27 ans en prison sans jamais vouloir changer sa ligne de conduite initiale et en sortir jouissant de toute son intégrité, s’il n’avait pas un rendez-vous éminent avec l’Histoire?

Il est permis de constater que Biram, après seulement quatre mois de prison à Nouakchott, a visité maintes fois le CHU de la capitale mauritanienne pour cause de maladie imaginaire ou effective se manifestant par “une tension artérielle” . A noter que la “tension” est une des maladies répandues chez le mauritanien qu’il soit Moissé Sbâ ou Moissé Kembess.
Dans les deux cas de figures l’opinion aura pris acte de la fragilité “psycho-physico-morphologique” de notre demi-Mandela. Le but des fréquents séjours du président de l’IRA au Chu était sans doute d’attirer l’attention sur son sort en sollicitant tacitement la mansuétude de ses geôliers, qu’il épargne d’ailleurs depuis sa sortie de prison. Quelle est la teneur du deal?

Biram est libre de composer avec qui il veut mais qu’il le fasse connaitre à ses sympathisants, aux autres défenseurs des droits de l’homme qui luttent sans tapage, afin de ne pas couper l’herbe de la compromission, cette fois, sous les pieds de tous ceux qui portent en lui l’espoir du changement tant attendu. Mandela n’aurait jamais fait ça.

Une ascension fulgurante

Il est politiquement opportun, rationnellement légitime dans l’ordre naturel et constant des choses de se demander le comment et le pourquoi de l’ascension fulgurante de Biram Dah Abeid en moins de trois années seulement de lutte!

Pour quelques slogans lors de rares manifestations contre l’esclavage en Mauritanie, Biram a raflé tous les prix décernés par l’Allemagne et l’Irlande surtout, des pays, il faut le souligner traditionnellement et historiquement peu enclins à la défense des droits humains.

Pourtant ces slogans ont longtemps été échafaudés auparavant par une kyrielle de défenseurs des droits des Haratines, des négro-mauritaniens à certains égards plus sincères, plus crédibles que Biram sans que ces derniers puissent bénéficier de l’actuelle aura, soit-elle surprenante mais aussi combie
n enfumante du président de l’IRA.

Certes la configuration géopolitique a changé car la Mauritanie a rompu ses relations diplomatiques avec Israèl dès l’arrivée du général Aziz, poussée en cela par Kaddafi, qui après la rectification du 6-8-2008 en avait fait une condition sinequanon avant de reconnaitre le putsch. De là à croire que Biram est une fabrication fantoche des services de renseignements de l’Etat Hébreux, il y a un pas que j’hésite de franchir.

A vrai dire cette pensée me taraude l’esprit et personne ne peut empêcher mon imagination de vagabonder….En tout cas la coïncidence est flagrante, tranchante. Je suis sûr d’une chose: le jour où le pouvoir Azizien entamera ne serait-ce qu’un flirt même secrètement avec l’entité sioniste, notre défenseur des droits de l’homme Biram reverra la copie de sa côte de popularité exogène en baisse.

Comme du temps d’Ould Taya où la diaspora negro-mauritanienne, pourtant mieux implantée un peu partout en hémisphère-Nord , disposant d’attention particulière dans plusieurs officines occidentales, et qui n’a pu matérialiser ni ses rêves, encore moins rendre concrètes ses revendications, quand l’ancien président mauritanien Maaouiya a établi des relations diplomatiques avec Tel Aviv.

Enfin certaines des sorties hasardeuses récentes sur les réseaux sociaux ou les plateaux de télévision de France 24 en direct ou en “off” face à l’avocat Jemal Ould Mohamed, le qualifiant de “forgeron“, dénotent de l’amateurisme militant et du manque de consistance dans le projet sociétal du président de l’IRA.

En effet, il est surprenant voire même inimaginable (selon Jemal Ould Mohamed) d’entendre le défenseur des Haratines, la frange la plus martyrisée, se trouvant au bas de l’échelle dans l’anachronique stratification de notre société, proférer des propos dignes d’un aristo-beidhane adepte de Khlil et d’Ibn Acher à l’égard d’un compatriote qui ne fait que son boulot d’avocat.

On ne peut pas, on ne doit pas juger un avocat sur l’orientation de sa profession dite libérale. L’autre couac d’il y a quelques jours du président de l’IRA et qui consiste également en une attaque musclée contre les FLAM, met en exergue la fébrilité manifeste de son auteur qui, me semble-t-il ne veut pas entendre un autre son de cloche.

Or la lutte contre l’esclavagisme et le racisme peut être multiforme et ignorer en même temps les auspices partisans ou velléitaires. Les Flam et l’Ira se regardent désormais en chiens de faïence, se disputent l’espace public, veulent se transformer en partis politiques afin de concrétiser leurs projets de société. Noble initiative. Disons-le franchement, il sera difficile pour les Flam de porter leur dévolu sur un “Hardané” comme figure de proue.

Cette attitude “communautariste” attise la colère de l’IRA et de son président Biram qui n’y va pas du dos de la cuillère en s’adonnant à son tour à des discours “soixante dixard” dignes d’un Sekou Toure de Guinée à l’égard du président Senghor.

Les FLAM, la négritude, Gaston Kelman, la “tigritude” et tutti quanti…..

Mais qu’est-ce qui lie un indien dravidien, un aborigène d’Australie, à un agriculteur de Senoboussobé en Mauritanie; un Zoulou du Transkei à un rappeur du Bronx si ce n’est la couleur de la peau? En investissant toute leur libido objectale sur un Hartani, certains négro-mauritaniens croient trouver en Biram l’homme providentiel, le messie qui mettra fin à leur souffrance.

Et Biram de son côté en candide croyait que son arrestation allait mettre la Mauritanie à feux et à sang. L’explosion communautaire tant attendue et qui n’est dans l’intérêt de personne tarde à venir quand même que l’Etat-major de l’IRA devrait revoir sa stratégie. Car en Mauritanie depuis l’indépendance toutes les composantes ethniques souffrent.

Certes le pèlerinage d’Inal ,de Sorimalé peuvent être mis à l’actif du président de l’IRA .Incontestablement Biram a donné une chiquenaude à la lutte pour l’émancipation des Haratines, des esclaves negro-mauritaniens, et d’ailleurs de tous les castés qui élèvent désormais la voix.

Le président de l’IRA est dorénavant pris au sérieux, adulé par les pouvoirs publics qui veulent canaliser son action en le dressant cependant contre tous ses alliés objectifs à savoir les FLAM, les Opposants au régime.

Je parie que le jour où Biram accédera à l’olympe, c’est d’un regard impérieux et méprisable qu’il scrutera ses “misérables” compatriotes Beidhanes et surtout negro-mauritaniens, les exhortant à compter sur leurs propres forces afin d’éradiquer le racisme et l’exclusion dont ils sont victimes.

D’autre part l’on se demande si Gaston Kelman n’a pas raison quelque part quand il rebute l’éternelle victimisation des Noirs de tous temps et en tous lieux. En effet ramener l’histoire des peuples Noirs à des perspectives colorielles uniquement serait de nos jours une indigence intellectuelle, une entreprise contre-productive.

Au début du siècle dernier, les chantres de la condition noire: Léon G.Damas,Léopold S.Senghor, ou Aime Cesaire en faisant l’ apologie du néologisme de la negritude, repondaient à un imperatif socio-culturel qui revendique haut et fort l’appartenance à une entité de couleur longtemps”sans culture”,clouée au piloris par les vissicitudes de l’Histoire. Depuis les vents favorables ont soufflé et les Noirs doivent cesser de s’en prendre constamment au passé.

Quand le poète Senghor chantait la beauté noire-bois-d’ébene de Coumba Ndofene Diouf,quand le deputé-maire et poète antillais C
ésaire
accablait le colonialisme,ces pionniers de la négritude n’ont fait que riposter à l’agressivité raciste adverse d’où qu’elle venait.Ce,il y a eu un temps pour la victimisation et il faut desormais un temps pour le combat où le Noir ne doit plus s’ériger constamment en dernier rejeton des clichés qui émaillent l’Histoire Humaine .

Certains intellectuels africains ont dejà adopté cette position impetieuse tel le prix littéraire,l’écrivain et dramaturge nigérian Wole Soyinka et qui dit:“le tigre ne doit pas parler de sa tigritude;il capte sa proie,la tue et la mange”.D’ailleurs à force de parler de racisme,d’exclusion à son égard,on reconnait de manière latente son infériorité vis à vis de son interlocuteur.

Il n’est point utile d’être un adepte de Jung,Lacan ou Freud pour “com-prendre“cette subtilité.Depuis belle lurette le sablier de la clepsydre s’est vidé,l’homme est parait-il allé sur la lune,l’Amerique a élu un Noir à la Maison Blanche et certains Noirs se complaisent toujours à se referer sur un passé certes douloureux mais à jamais révolu.

Enfin nous devons savoir que la société mauritanienne souffre dans son hétérogeneité.M’Boirik de Bassiknou,Penda d’Aeré Goleré,Brahim Salem d’Atar et Moussa de Gouraye ont quotidiennement les mêmes problèmes depuis l’independance de leur pays.Nous avons besoin de patriotes capables de hisser la Mauritanie au firmament des nations où il fait bon vivre.

Pour éradiquer la tare de l’ésclavage,juguler le racisme,lutter contre la pauvreté,l’injustice,la dilapidation des deniers publics,nous prônons des solutions mauritaniennes endogènes.Certes on est,on existe toujours par rapport au monde qui nous entoure.

Mais la comparaison doit être porteuse de bourgeons dont le nectar sera reparti équitablement à tous les niveaux de la société mauritanienne.Dans ce cas,je conseille à Biram de rester humble,accessible,tolerant mais intransigeant quant à lutter contre les ésclavagistes,les racistes de tous bords. Biram doit rester Biram,il n’est ni martin l. King ni Nelson Mandela.

Bonne fin de Ramadan pour tous les Mauritaniens.

Capitaine Ely Ould Sid’ahmed Ould Sidi Dit Krombele

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