COMMERCIALISATION DU POISSON : TENTATIVE DE LA DERNIERE CHANCE

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peche esp maurUne délégation de la SMPCP se trouve depuis quelques jours à Las Palmas (Espagne) pour discuter de la vente de son stock de poisson à la multinationale japonaise Mitsubishi. Cette dernière a fait une nouvelle proposition pour acheter le produit national accumulé depuis quelques mois dans les usines de congélation. Cela pourrait être le début d’une solution à la crise de commercialisation de notre stock de poisson. Dix mille tonnes. C’est le stock de poisson en souffrance dans nos frigos depuis quelques mois et qui ne trouve point d’acquéreur. Une situation qui a poussé les pouvoirs publics à décréter un ‘’arrêt commercial’’ de trois mois et qui est provoqué par un bras de fer qui oppose la société mauritanienne de commercialisation de poisson (SMCP) et les acheteurs traditionnels du produit : des entreprises japonaises.

Le malentendu entre les deux partenaires se situe au niveau des prix, lorsque la SMCP, se basant sur une proposition faite par un nouveau et petit acheteur Trade Fuji pour l’achat d’une petite quantité de 50 tonnes, a fixé les prix à un niveau qui n’a pas plu aux acheteurs japonais qui se sont abstenus de prendre le produit.

La SMCP a été confortée dans sa position par un soutien fort de l’Etat qui a décrété un arrêt commercial et a engagé la caisse de dépôt et développement (CDD) à apporter une enveloppe de deux milliards de crédit aux producteurs afin de les aider à supporter la mévente de leur poisson.

Cette dernière mesure n’a pas été jusqu’à présent mise en place. Ou du moins les producteurs n’y ont pas encore bénéficié, car CDD envisage d’intervenir à travers les banques primaires pour être sûr du remboursement. Même si cela risque de désavantager les gens du secteur qui seront donc appelés à verser des intérêts supplémentaires.

Pendant cela et au moment où les horizons semblaient bouchés, une offre tombe, la semaine dernière, chez la SMCP. Elle provient de l’acheteur nippon Mitsubishi. Elle est inférieure au prix fixé par la société nationale de poisson de 500 à 900 dollars, selon les tailles. Elle serait également inférieure au niveau des derniers prix de vente du poisson marocain.

En dépit de cela et en l’absence de toute solution alternative, la SMCP a sauté sur l’occasion en envoyant tout de suite une délégation conduite par son directeur à Las Palmas pour négocier avec l’acheteur japonais. Ce qui sous entend que chacun des deux partenaires est désormais disposé à faire des efforts pour s’entendre avec l’autre. Et la possibilité de trouver un compromis qui mette fin à la crise.

Déjà certains acheteurs auraient recommandé à leurs représentants locaux de contracter avec des transporteurs. Espérons que tout le monde arrivera à se comprendre sur un niveau de prix acceptables pour tous.

Pourtant les dernières nouvelles tombées de Las Palmas, au moment où on s’apprête à mettre sous presse, ne sont pas encourageantes. Il semblerait que les deux parties ne sont pas arrivées à s’entendre. L’acheteur japonais, qui serait disposé à améliorer son offre, aurait été dissuadé par les auteurs acheteurs nippons intraitables sur la question. Ils seraient même animés par une volonté de sanction de la Mauritanie. Cela est d’autant plus probable que les prix proposés sont inférieurs à ceux obtenus par les marocains. Affaire à suivre…

Biladi

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