Share on facebook
Share on twitter
Share on whatsapp
Share on print
Share on skype
Share on telegram
Share on email
Share on linkedin

Clin d’œil : Nous faisons semblant

0

ould BeyroukNous sommes un peuple heureux, nous sommes les plus généreux du monde. Les autres peuvent ben crier, ils peuvent rire, ils peuvent protester. Rien n’y fait : nous sommes les meilleurs!

Et pour bien vous convaincre de ce que j’avance je vais vous en donner une seule preuve: nous sommes le seul pays où moins tu travailles, plus tu peux gagner. Eh oui, chez nous les paresseux peuvent gagner le gros lot. Regardez autour de vous !

Il y a les députés, les sénateurs, les chargés de mission, le conseillers, la majorité des directeurs, une bonne partie des ministres , la majorité des préfets, le hommes politiques, les journalistes, les « société civile », tous les chefs de service, les gens de l’administrations…

…les enseignants qui n’ont jamais enseigné, les secrétaires qui ne savent pas écrire, les hommes d’affaires qui ne savent pas compter, et je ne parle pas des intermédiaires innombrables, des « cousins » qu’on engage, des « fils des voisins » des entremetteurs aux dents longues et des jeunes filles au sourire ravageur.

Il y a bien de pauvres hères qui bossent bien sur, durement même, parce qu’il faut bien que l’institution ou l’administration ou l’entreprise ait l’air de marcher, mais ces gens, ce sont de pauvres gens, des manœuvres, des ouvriers, des plantons et même parfois des gens instruits, compétents et tout, mais ce ne sont en fin de compte que de gentils imbéciles qui n’ont pas de « valeur sociale » ni politique et qui sont obligés de se tuer à la tache pour ne pas être vite virés.

Mais ceux qui fréquentent le plus leur lieu de travail, ce sont les oisifs, ceux qui aiment bien prendre un verre de thé avec des copains au boulot, qui aiment regarder Internet et discuter de politique, qui ont le visage grave devant le directeur (il faut se montrer sérieux) et qui insultent le petit personnel (il faut remettre les gens à leur place) et qui le soir , grâce toujours à leurs « relations », sont invité à la Télé pour ergoter de choses qu’il ne maîtrisent nullement. Ces gens, j’ai dit, c’est les oisifs, ils ont un destin de député ou de ministre, ils appartiennent tous à toutes les majorités.

Mais il y a les gens vraiment sérieux. Ceux là ne jouent pas au misérable jeu du « cadre bosseur » Ils ne mettent jamais les pieds au bureau, ils appellent seulement parfois le directeur ou le ministre au téléphone, ils ne connaissent pas le comptable, ils méprisent d‘ailleurs le salaire qui leur est versé chaque fin de mois, une misère à leurs yeux, ils sont ailleurs dans les affaires et la grande politique, ils ont un destin de sénateur ou de président de conseil d’administration.

Les petits travailleurs sont divisés en deux : il y a ceux qui sont payés, et qui ne viennent jamais. Personne ne leur demande d’ailleurs de ‘’monter’’ : il n’y a pas assez de fauteuils pour les accueillir et ils ne savent rien faire. Ce sont des boutiquiers des chauffeurs de taxi, des « tchebtaba » au marché, ils ont un destin de grand commerçant, ou de conseiller municipal. Il y a enfin ceux qui travaillent pour vivre, et qui se présentent à l’heure, et qui ‘’descendent’’ à l’heure, et qui font le boulot des absents. Je n’en dirai pas plus : ils ne sont pas intéressants.

A la fin, ce que je voulais bien dire c’est cela: elle n’a pas de sens ici la fête du Premier Mai .D’ailleurs j’ai entendu ce jour là quand je passais à coté d’un meeting un syndicaliste parler fort aux ouvriers… en Français… J’ai trouvé cela intéressant, d’abord par ce qu’il impressionnait ces pauvres bougres qui ne pouvaient imaginer les tortures qu’il faisait subir à la langue de Hugo, ensuite parce que l’immense majorité du public ne comprenait pas, et enfin parce que c’était clair : y avait aucun discours logique à faire passer.

Mais enfin ce syndicaliste, c’est comme nous tous : nous faisons semblant de travailler, nous faisons semblant de discuter, nous faisons semblant de vivre.

Beyrouk

RMI Biladi (Mauritanie)

التعليقات

لن يتم نشر عنوان بريدك الإلكتروني. الحقول الإلزامية مشار إليها بـ *

Leave a Comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Share on facebook
Share on twitter
Share on whatsapp
Share on print