Cheikhna Ould Mohamed Hejbou, président du parti Karama: «Nos résultats nous ont surpris. Nous étions très loin d’être prêts pour ces élections»

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Hejbou_mohamed_ould_cheikhnaLe Calame : Quelle appréciation vous faites des résultats de votre parti ?

Cheikhna Ould Mohamed Hejbou : Avant de répondre, je vous remercie de m’avoir donné l’opportunité de m’adresser aux lecteurs de votre journal « Le Calame ».Je voudrais d’abord dire que ces résultats nous ont surpris. Notre parti vient d’être fondé et nous étions, par conséquent, très loin d’être prêts pour ces élections. Malgré ceci, nous y avons participé.

Nous avons la certitude qu’avec un peu plus de moyens, nous aurions eu des résultats meilleurs que ceux que nous avons obtenus mais dont nous sommes satisfaits. Nous en remercions tout notre électorat.

Votre candidat aux élections municipales et législatives à Nouadhibou explique sa défaite par de multiples manœuvres du parti au pouvoir. Partagez-vous son avis ? N’était-il pas donné favori ?

– Nous partageons tout-à-fait le même avis que notre frère El Ghassem Ould Bellali, notre candidat à Nouadhibou, et nous l’avons explicité, à maintes reprises, à travers tous les media. C’est dommage pour la ville de Nouadhibou et ses habitants à qui nous exprimons, ici, notre profonde consternation, pour tout ce qui s’est passé à leur détriment. Plus loin, nous considérons l’UPR responsable du préjudice porté à la commune de Nouadhibou, pour avoir empêché l’élection de notre candidat, par des manœuvres qui touchent, parfois, à « l’intolérable ». Nous avons la certitude qu’El Ghassem est le candidat idéal pour cette commune, comme les Stéphanois l’ont clairement exprimé.

– Certaines rumeurs vous annoncent déjà au gouvernement. Rumeur ou intoxication ?

– En notre qualité de parti de la majorité, nous souhaitons que le gouvernement prochain soit une coalition de celle-ci, parce que la coalition incarne la démocratie régnant au sein de cette majorité et c’est une bonne occasion pour mettre en place un gouvernement des compétences et non un gouvernement des lobbies ou autres. Votre question est, en ce sens, tout à fait opportune mais nous n’avons, à ce jour, reçu aucune proposition.

– Les élections se sont déroulées sans la participation de la COD. Faudrait-il, à votre avis, renouer avec elle ou la laisser en marge des institutions démocratiques ?

– En ce qui concerne la non-participation de la COD aux élections qui viennent de se dérouler, nous ne saurions dire que nous le regrettons profondément. Cependant, nous pensons que nos frères de la COD ont eu, durant toute une année, une réelle opportunité d’y participer. Le président de la République les y a invités, à maintes reprises, mais ils sont restés figés sur leurs positions. Nous pensons qu’ils ont porté préjudice à une bonne tranche de la population mauritanienne en les empêchant de participer à ces élections.

– La CENI a fait l’unanimité contre elle, dans sa gestion des élections, particulièrement lors du premier tour. Est-ce par inexpérience ou à cause, selon nombre de participants, de son manque d’indépendance vis-à-vis du pouvoir ?

– Effectivement, la CENI a contribué, significativement, à sa propre condamnation. Elle est seule responsable de son échec car le pouvoir et son administration ont observé une remarquable neutralité. C’est donc bien le manque d’expérience qui a été à l’origine des insuffisances remarquées au premier tour. Rappelons que ces élections ont été organisées à la hâte, en quelque sorte. Il n’y a pas eu de formation du personnel de tous bords (CENI et partis politiques).

– Le financement des partis politiques suivant le nombre de listes présentées n’était-il pas illégal, puisque la loi stipule qu’il devrait se faire suivant le résultat obtenu lors des élections ?

– Le financement des élections prend deux formes. Tout d’abord, le financement réglementé par la loi, pour la participation aux élections municipales, et ce, depuis longtemps. En ce qui concerne le financement actuel, nous pensons qu’il s’agit d’une contribution de l’Etat, pour encourager les partis politiques à participer aux élections dont il est largement remercié.

– La présidentielle pointe déjà le bout du nez. Karama envisage-t-il de présenter un candidat ou va-t-il soutenir le candidat de l’UPR ?

– En ce qui concerne cette question, nous avons exprimé, depuis début de notre participation aux élections municipales et législatives, notre souhait de la candidature du président de la République, pour un second mandat, car il s’agit de la volonté et l’intérêt de tout le peuple mauritanien qui a bénéficié, sous son premier mandat, de la stabilité, de la sécurité et du développement. Il est donc normal qu’il souhaite continuer à bénéficier de son bonheur actuel, comme il l’a exprimé à travers ses longues files d’attente aux portes des bureaux de vote, les jours du scrutin, lors des élections de novembre et décembre.

Propos recueillis par Dalay Lam

 

Le Calame

 

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