Amnesty appelle la Mauritanie à cesser de s’en prendre aux militants anti-esclavagistes

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amnesty_international_banner_-_2Amnesty International appelle la Mauritanie à “arrêter de s’en prendre aux militants anti-esclavagistes”, après la fermeture du siège d’une ONG luttant contre l’esclavage et l’arrestation de plusieurs de ses membres.

De son côté, le président de l’ONG Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (Ira), Biram Ould Dah Ould Abeid, a appelé ses partisans à “rester pacifiques” dans leur protestation, selon des propos rapportés par El-Mouchachid, une agence privée locale, les exhortant à “ne pas répondre aux violences physiques et verbales”.

“Les autorités mauritaniennes doivent cesser de harceler, menacer et sanctionner les personnes luttant contre l’esclavagisme”, a déclaré Amnesty International dans ce communiqué publié jeudi.

“Les militants anti-esclavagistes sont constamment soumis à des manoeuvres de harcèlement et d’intimidation en Mauritanie. Leurs actions sont soit interdites soit sévèrement sanctionnées, et ces personnes sont fréquemment arrêtées”, affirme Gaëtan Mootoo, spécialiste de l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International, cité dans le texte.

L’ONG appelle à la libération “immédiate et sans condition de tous (ces) prisonniers d’opinion”.

“Au moins neuf personnes”, appartenant à l’Ira, dont M. Ould Dah Ould Abeid, ont été arrêtées ces derniers jours après des manifestations contre l’esclavage, relève Amnesty International.

Ces personnes, dont “certaines auraient été frappées par la police”, sont incarcérées dans la ville de Rosso (sud) “sans pouvoir recevoir la visite de leur famille”.

La police a fermé mercredi le siège de l’Ira à Nouakchott, une organisation qui était “tolérée” et “non reconnue” selon les autorités mauritaniennes.

Les arrestations de membres de l’Ira font suite à une caravane de l’organisation dans le sud du pays ces derniers jours pour dénoncer l’esclavage. Elles ont provoqué des manifestations, à Nouakchott notamment, réprimées par les forces de l’ordre, selon l’Ira.

Les autorités mauritaniennes accusent l’ONG d’avoir fait de ces rassemblements une “occasion de propagande raciste, de propos semant la haine entre les populations”, des accusation rejetées par l’Ira comme “fallacieuses”.

Officiellement, l’esclavage a été aboli en 1981 en Mauritanie, pays de 3,8 millions d’habitants d’origine arabo-berbère – les Maures – et d’Afrique subsaharienne – les Négro-Africains.

Depuis 2007, les personnes reconnues coupables d’esclavagisme encourent des peines pouvant aller jusqu’à 10 ans de prison. Mais le phénomène perdure néanmoins, d’après des ONG.

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