Alger alerte Tunis : Le trafic d’armes aux frontières inquiète

Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin
Share on whatsapp
Share on print

trafic darmesLa sécurisation de ses frontières Est reste au cœur des priorités sécuritaires d’Alger depuis que les groupes terroristes tunisiens sont montés d’un cran dans leur tentative de déstabiliser le gouvernement tunisien en place.

Selon Radio Mosaïque FM, l’Algérie a mis en garde et prévenu la Tunisie contre une importante opération de contrebande d’armes qui est en train de se préparer. D’après le média tunisien, cette opération, qui a pour origine le territoire libyen, consiste à transporter des armes vers l’Algérie ou la Tunisie sans donner d’autres indications. Selon le correspondant de la radio tunisienne, les autorités algériennes ont prévenu leurs homologues tunisiens de cet « arrivage» les appelant à monter d’un cran la vigilance et le contrôle au niveau du « triangle frontalier » partagé par l’Algérie, la Libye et la Tunisie, notamment suite à l’évasion d’individus réputés dangereux des prisons libyennes ainsi que le déclenchement de conflits armés entre deux tribus libyennes au niveau des frontières avec l’Algérie et la Tunisie.

Cette même source d’informations avait indiqué, dans un premier temps, et citant des sources algériennes liées à la lutte contre le terrorisme, que la plupart des 1.400 prisonniers qui se sont évadés de la prison de Benghazi dont certains tunisiens, algériens, égyptiens sont revenus clandestinement à leurs pays et certains d’entre eux se positionnent probablement au niveau de ce fameux triangle frontalier. Des sources sécuritaires ont confié à la radio tunisienne que la plupart des prisonniers sont en relation avec des groupes criminels ou terroristes ou impliqués directement dans les réseaux de contrebande qui pourraient être derrière ce trafic d’armes. En août dernier, le désormais ex-ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Daho Ould Kablia, avait révélé que l’armée algérienne avait renforcé ses moyens et ses capacités sur les frontières Est du pays en raison des troubles que connaît la Tunisie.

Auparavant, huit militaires tunisiens avaient été tués, près du mont Chaâmbi, dans la zone frontalière avec l’Algérie où l’armée tunisienne tente, en vain, depuis plusieurs mois de neutraliser un groupe terroriste lié à Al-Qaïda. En outre et dans le sillage des derniers événements sécuritaires à la frontière algéro-tunisienne, longue de 965 km, et la présence de groupes salafistes djihadistes tunisiens à l’ombre de son tracé frontalier, un nouveau front probable à ajouter aux risques des incursions terroristes à travers les frontières d’avec le Mali et la Libye est venu renforcer les craintes sécuritaires algériennes. Ainsi, en mai dernier, et en réaction aux informations provenant de la Tunisie faisant état de l’implantation de deux groupes « terroristes », d’une dizaine d’individus chacun, à la frontière algérienne, l’Algérie avait procédé au renforcement de la surveillance de sa frontière pour prévenir toute éventualité d’infiltration de terroristes dans son territoire.

S’appuyant sur des vols quotidiens d’hélicoptères ainsi que des patrouilles des gendarmes gardes-frontières avec l’implication des douanes algériennes et des éléments de la Police aux frontières (PAF), l’Algérie reste constamment à l’écoute des rumeurs djihadistes qui bruissent de l’autre côté de sa frontière. En effet, depuis plusieurs mois déjà, des incidents ont été signalés dans la région où des djihadistes se seraient installés.

Ce regain d’activité sécuritaire et de renseignements s’est fait évidemment en concertation avec les forces tunisiennes alors qu’un travail a été accompli, en amont, avec les Tunisiens pour une meilleure gestion de la sécurité aux frontières, selon Mourad Medelci, l’ex-ministre des Affaires étrangères. Pourtant, il n’en demeure pas moins qu’un doute puisse subsister quant à la capacité opérationnelle des forces sécuritaires tunisiennes de faire face à des organisations salafistes djihadistes locales, telle Ansar Al-Charia dirigée par Abou Ayad, recherché par la police depuis l’attaque de l’ambassade américaine à Tunis en septembre 2012, qui, apparemment, ont décidé de se « sédentariser » alors qu’ils avaient toujours affirmé que la Tunisie n’était pas une « terre de djihad ». Ce changement de stratégie guerrière s’est précisé avec la présence de mines pour sécuriser le djebel Chaâmbi. En février 2012, à Bir Ali Ben Khlifa, dans la région de Sfax, des accrochages meurtriers avaient déjà opposé un commando armé à des militaires et l’enquête a confirmé des relations avec des groupes proches d’Al-Qaida en Libye et soupçonne des liens avec les membres d’Al-Qaida en Algérie.

Une présence accrue des djihadistes tunisiens aux frontières algériennes peut à la longue entraîner une interconnexion entre les nébuleuses terroristes des deux pays. Cette alerte n’est pas la première du genre puisqu’en décembre 2012, la détérioration de la situation sécuritaire, particulièrement la présence de groupes armés et la circulation d’armes de guerre dans les zones frontalières entre l’Algérie et la Tunisie avaient été au centre de la visite et des entretiens avec les responsables tunisiens. Une situation préoccupante au point que le commandement de la Gendarmerie nationale avait mis en place un dispositif de sécurité draconien tout le long du tracé frontalier avec la Tunisie.

Par Moncef Wafi

La sécurisation de ses frontières Est reste au cœur des priorités sécuritaires d’Alger depuis que les groupes terroristes tunisiens sont montés d’un cran dans leur tentative de déstabiliser le gouvernement tunisien en place.

Selon Radio Mosaïque FM, l’Algérie a mis en garde et prévenu la Tunisie contre une importante opération de contrebande d’armes qui est en train de se préparer. D’après le média tunisien, cette opération, qui a pour origine le territoire libyen, consiste à transporter des armes vers l’Algérie ou la Tunisie sans donner d’autres indications. Selon le correspondant de la radio tunisienne, les autorités algériennes ont prévenu leurs homologues tunisiens de cet « arrivage» les appelant à monter d’un cran la vigilance et le contrôle au niveau du « triangle frontalier » partagé par l’Algérie, la Libye et la Tunisie, notamment suite à l’évasion d’individus réputés dangereux des prisons libyennes ainsi que le déclenchement de conflits armés entre deux tribus libyennes au niveau des frontières avec l’Algérie et la Tunisie.

Cette même source d’informations avait indiqué, dans un premier temps, et citant des sources algériennes liées à la lutte contre le terrorisme, que la plupart des 1.400 prisonniers qui se sont évadés de la prison de Benghazi dont certains tunisiens, algériens, égyptiens sont revenus clandestinement à leurs pays et certains d’entre eux se positionnent probablement au niveau de ce fameux triangle frontalier. Des sources sécuritaires ont confié à la radio tunisienne que la plupart des prisonniers sont en relation avec des groupes criminels ou terroristes ou impliqués directement dans les réseaux de contrebande qui pourraient être derrière ce trafic d’armes. En août dernier, le désormais ex-ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Daho Ould Kablia, avait révélé que l’armée algérienne avait renforcé ses moyens et ses capacités sur les frontières Est du pays en raison des troubles que connaît la Tunisie.

Auparavant, huit militaires tunisiens avaient été tués, près du mont Chaâmbi, dans la zone frontalière avec l’Algérie où l’armée tunisienne tente, en vain, depuis plusieurs mois de neutraliser un groupe terroriste lié à Al-Qaïda. En outre et dans le sillage des derniers événements sécuritaires à la frontière algéro-tunisienne, longue de 965 km, et la présence de groupes salafistes djihadistes tunisiens à l’ombre de son tracé frontalier, un nouveau front probable à ajouter aux risques des incursions terroristes à travers les frontières d’avec le Mali et la Libye est venu renforcer les craintes sécuritaires algériennes. Ainsi, en mai dernier, et en réaction aux informations provenant de la Tunisie faisant état de l’implantation de deux groupes « terroristes », d’une dizaine d’individus chacun, à la frontière algérienne, l’Algérie avait procédé au renforcement de la surveillance de sa frontière pour prévenir toute éventualité d’infiltration de terroristes dans son territoire.

S’appuyant sur des vols quotidiens d’hélicoptères ainsi que des patrouilles des gendarmes gardes-frontières avec l’implication des douanes algériennes et des éléments de la Police aux frontières (PAF), l’Algérie reste constamment à l’écoute des rumeurs djihadistes qui bruissent de l’autre côté de sa frontière. En effet, depuis plusieurs mois déjà, des incidents ont été signalés dans la région où des djihadistes se seraient installés.

Ce regain d’activité sécuritaire et de renseignements s’est fait évidemment en concertation avec les forces tunisiennes alors qu’un travail a été accompli, en amont, avec les Tunisiens pour une meilleure gestion de la sécurité aux frontières, selon Mourad Medelci, l’ex-ministre des Affaires étrangères. Pourtant, il n’en demeure pas moins qu’un doute puisse subsister quant à la capacité opérationnelle des forces sécuritaires tunisiennes de faire face à des organisations salafistes djihadistes locales, telle Ansar Al-Charia dirigée par Abou Ayad, recherché par la police depuis l’attaque de l’ambassade américaine à Tunis en septembre 2012, qui, apparemment, ont décidé de se « sédentariser » alors qu’ils avaient toujours affirmé que la Tunisie n’était pas une « terre de djihad ». Ce changement de stratégie guerrière s’est précisé avec la présence de mines pour sécuriser le djebel Chaâmbi. En février 2012, à Bir Ali Ben Khlifa, dans la région de Sfax, des accrochages meurtriers avaient déjà opposé un commando armé à des militaires et l’enquête a confirmé des relations avec des groupes proches d’Al-Qaida en Libye et soupçonne des liens avec les membres d’Al-Qaida en Algérie.

Une présence accrue des djihadistes tunisiens aux frontières algériennes peut à la longue entraîner une interconnexion entre les nébuleuses terroristes des deux pays. Cette alerte n’est pas la première du genre puisqu’en décembre 2012, la détérioration de la situation sécuritaire, particulièrement la présence de groupes armés et la circulation d’armes de guerre dans les zones frontalières entre l’Algérie et la Tunisie avaient été au centre de la visite et des entretiens avec les responsables tunisiens. Une situation préoccupante au point que le commandement de la Gendarmerie nationale avait mis en place un dispositif de sécurité draconien tout le long du tracé frontalier avec la Tunisie.

Par Moncef Wafi

via tawary

Actualités connexes